Villa de Toscane
térisée par sa prédilection pour les sujets religieux et pour les grands personnages de la mythologie. Par là, au moins autant que par le lieu de naissance des artistes qui l'illustrèrent pendant deux siècles, elle se rattache directement à l'ancienne école d'Athènes. La nature des sujets traités comportait une certaine tendance à l'idéal : aussi tant que les sculptures de Phidias n'ont pas été accessibles à l'étude, les Apollonius, les Cléomènes, les Glycon ont été placés à la tête des maîtres anciens. Mais les marbres du Parthénon ont fait descendre au second rang ces productions si admirées il y a moins d'un siècle. Malgré d'éminentes qualités, on reconnaît aujourd'hui que l'invention y manque et que la plupart de ces œuvres rappellent des types déjà consacrés par l'art *. On constate chez les artistes de cette école des tendances modérées à l'archaïsme ou à des essais de combinaison entre les principes posés par diverses écoles; mais ces tentatives de restauration et de rajeunissement du passé, témoignages honorables des aptitudes d'un peuple admirablement doué pour les arts, ne pouvaient se prolonger longtemps. Cette école disparaît à peu près au milieu du premier siècle de notre ère.
L'école d'Asie-Mineure procède de l'école Rhodienne qui a déployé dans le Laocoon, dans le Taureau Farnèse, un réalisme puissant et une grande habileté dramatique. Mais quand la force d'invention commença à s'épuiser, les qualités des Asiatiques se réduisirent de plus en plus à l'habileté technique. Elle est admirable dans le Gladiateur où une science anatomique irréprochable fait ressortir tous les muscles ; elle n'est plus que surprenante dans les Centaures de la villa Hadriana, où l'effet est poursuivi j usque da ns les détails les plus délicats . Probablement exécutés pour Hadrien, c'est-à-dire peu de temps après la mort de Trajan, les Centaures nous donnent une idée exacte de ce qu'était sous ce dernier prince l'école d'Asie-Mineure. La dextérité avec laquelle les artistes modelaient les matières les plus rebelles dut leur valoir de nombreuses commandes des amateurs curieux, mais elle n'était pas de mise dans la sculpture monumentale *.
1. On l'a reconnu par l'étude des médailles qui nous ont conservé les représentations de statues célèbres.
2. L'enseignement et les procédés de l'école d'Asie-Mineure devaient maintenir à une grande hauteur l'art de la gravure sur gemme qui oftr^ en effet, à l'époque de Trajan, des monuments comparables, pour la beauté du style et la finesse du travail, à ceux qui datent du règne d'Auguste; v. à la Bibliothèque Nationale, n* 240, le beau portrait de Trajan en camée. Trajan scellait ses lettres et ses rescrits tantôt avec le
Celle-ci trouva de dignes interprètes dans la troisième école, qu'on peut faire remonter à Pasitelès S artiste d une activité surprenante, doué d'une merveilleuse variété d'aptitudes, prêt, conmie les maîtres de la Renaissance, à traiter toute matière et à essayer ses forces sur tous les points et dans toutes les directions. De Pasitelès à Stéphanos; de Stéphanos à Ménélas, l'art resta à la même hauteur, et on vit se déployer chez ces artistes des qualités communes aux deux écoles dont nous avons parlé plus haut : retour aux bons modèles, respect et imitation intelligente des œuvres anciennes conune dans l'école Attique ; efforts pour saisir la réalité vivante et soins scrupuleux de la forme comme dans l'école Asiatique, sans pourtant que cette poursuite dégénère jamais en tours de force et en manifestations inopportunes d'habi^ leté. A cette école appartiennent certaines créations tout à fait inspirées par Rome, telles que les quatorze statues de peuples vaincus que Goponius exécuta pour le théâtre de Pompée * et qui servirent de types à ces représentations de ces prisonniers ôarbares si nombreuses au second siècle; c'est à elle aussi que nous devons tant de belles statues d'empereurs et d'impératrices, où la réalité de la physionomie et du costume s'allie si heureusement à la noblesse du maintien et à la vérité de l'attitude ; tant de bustes où l'on trouve à la fois le caractère individuel et l'élévation idéale, admirables commentaires des historiens et des moralistes contemporains, éloquents démentis à la prédiction que Virgile avait mise dans la bouche d'Anchise*.
On voit se développer sous l'empire une branche encore plus importante de la sculpture. Nous voulons parler du basrelief, conçu à Rome tout autrement que dans la Grèce. Là, les superficies monumentales décorées par ce procédé n'offrent que des silhouettes de personnages placés à la suite les uns des autres dans une procession ou une cérémonie religieuse, ou bien prenant part à un banquet funèbre, scène si calme qu'on a pu se demander si on était en présence d'un sujet allégorique
portrait d*Auguste (Henzen, Scavi nel bosco degli Arvali, p. 59), exécute par Dioscoride (Suet. Oct. 50), tantôt avec une intaille représentant Marsyas et Olympus (Henzen, ibid., p. 67), sujet souvent traité par les anciens en sculpture et en peinture.
1 . Sur cette école v. Brunr, Geschkhie der gr. KUnsUer, 1, 595-600. Ovbr- BBCK, Geschichte der Griechischen Plastik, II, 340-349. KéKULé. Die Gruppe des KUnstlers Afenelaos in villa Lttdovisi.