V. Tappendice II
— Eugène fonda Italica pour servir d'asile à ses vétérans blessés, et la petite ville conserva toujours des relations étroites avec la mère patrie. Mununius TAchaïque, quand il distribua aux colonies italiennes le butin fait à Corinthe , n'oublia pas les Romains de cette région lointaine : l'inscription qui conserve ce souvenir intéressant nous apprend qu'Italica n'était encore qu'un vicus *. Mais sa population était considérable au temps de Jules-César ; peut-être avait-elle déjà alors le rang de municipe*. Sa prospérité augmenta encore sous les premiers empereurs , comme le prouvent les débris de monuments qui couvrent son sol et qui le cèdent peu aux plus beaux restes de Cordoue, d'Hispalis et de Gadès^. Au sein de la paix heureuse et de l'abondance dont ils jouissaient, les mœurs desTurdétains s'étaient adoucies et policées : ils s'étaient entièrement convertis à la manière de vivre des Romains, jusqu'à renoncer à leur idiome national*. Cette civilisation, qui contrastait avec la rudesse de leurs ancêtres, leur a valu de la part de Tite-Live une qualification sévère ^, que la vie de Trajan, pleine des bruits de la guerre , réduira à sa juste valeur. Rappelons-nous, d'ailleurs, que les Espagnols avaient pris, depuis un siècle et demi, une place importante à Rome dans la politique aussi bien que dans la littérature. . Un Gaditain, BaÛ)us, avait été consul : son frère avait, le premier de tous les étrangers, reçu les honneurs du triomphe. Des écoles de Cordoue, déjà célèbres à cette époque, on avait vu sortir SenèqueetLucain. Il ne faudra donc nous étonner ni de la haute fortune réservée à l'Espagnol Trajan, ni des qualités toutes romaines qu'il déploiera dans l'exercice du pouvoir.
Le souvenir des faits qui se rattachent à son enfance a complètement disparu®, et nous sommes privés de ces détails familiers, de ces anecdotes où se révèlent le caractère des grands honunes, et où l'on aime à chercher des présages de leur destinée. Pline prend son héros lorsqu'il est déjà tribun militaire. Entré