III
3. TCéioxoc. Cette rivière est sans doute le Ternes, attendu que la ville de Tibiscum était située au confluent du Ternes et de la Bislra (Mannert, Re$ Trajani, p. 28), Hérodote (IV, 49) dit que le Màpuro; se jette .dans le Danube et Strabon (VII, 3. 13) le répète. Or au temps de Strabon, les Romains connaissaient assurément Tembouchure de la Theiss. Roessler suppose qu'on appelait M(£pt<ro; non-seulement le Maros actuel, mais encore toute la partie du cours de la Theiss située en aval de Szegedin, où cette grande rivière est grossie du Maros. C'est ainsi qu'on peut dire que ce dernier se jette dans le Oanube. Or Ptolémée ne parle pas du BIdptoroc. Strabon dit qu'il coule chez les Gètes. Au sixième siècle, on commence à mieux connaître la géographie de ces régions. Jornandes (Gel., 34) et le géographe de Ra venue (IV, 34) nomment, comme deux rivières distinctes, la Tysia et la Tibisia, La première est la Theiss. On pense que la Tysia de Jornandes est la môme que le Parthisciis d'Ammien (XVII, 3) et le Pathiscus de Pline {HisL nat, IV, ?5). V. Forbiger. Handlfuck, III, p. 1103. La géographie de la Oacie ancienne occupe les pages 1101-1111 de ce troisième volume.
4. *Upa<ro;. On ne sait si Ton doit l'identiQer avec le Pruth ou avec le Sereth.
Dace. Nous verrons plus loin que la province conquise et organisée par Trajan fut bsaucoup moins étendue.
L'ethnologie offre peu de problèmes aussi diflSciles que les questions relatives à Torigine des Daces, et à la place qui doit leur être assignée dans les races connues. Que les Daces et les Gètes fussent le même peuple, on n'en peut douter devant l'accord des auteurs anciens à cet égard*. Mais qu'étaient les Gètes? L'opinion de Grimm, qui en faisait des Germains, est abandonnée aujourd'hui*. Les auteurs qui voulaient rattacher les Gètes au rameau celtique ont été également réfutés^. Miillenhof, essayant par la philologie de démontrer leur origine slaveS s'est peut-être moins écarté de la vraisemblance^, mais ce n'est encore qu'une conjecture, à cause du petit nombre de mots dont on dispose pour classer l'idiome gétique.
Ce n'est pas que nous ne connaissions une partie assez considérable de son vocabulaire : malheureusement, les mots qui nous en ont été conservés ne peuvent guère être utilisés. Us sont au nombre de 144, et se décomposent ainsi: 24 noms patron joniques, 15 noms de peuples, 48 noms de villes (dont 21 terminés en dava), 12 noms de fleuves, 3 noms de montagnes. Puis, d'autre part, 32 noms de plantes recueillis par Dioscoride et 17 par le faux Apulée. Sept noms sont conununs aux deux listes, ce qui réduit à 42 le nombre des mots connus de ce côté. Or aucun de ces 144 noms ne jette de jour sur le caractère générique de la langue*.
Il faut donc nous borner ici à ce que nous ont appris les anciens, à savoir que les Gètes étaient un peuple thrace'', parlant la même langue que les autres nations de ce groupe^.
1. Strabon, VII, 3, 12, Appian. Praef,, Dion, 67, 6. Pline, HisL naL, IV, 25, Justin. XXXII, 3, 16.
2. Grimm a voulu étayer par la philologie et par Thistoire une assertion absolument gratuite de Jornandes qui appelle Goihi le peuple auquel Domitien et Trajan firent la guerre. On trouve déjà cette confusion dans Gapitolin {Carcu:., 10). Enobl (p. 90) avait déjà nié la parenté des Goths et des Gètes. V. la réfutation de Grimm dans Roesler, p. 13-21.
3. Roesler, p. 25. M. Alf. Maurt (Joum. des savants, 1869, p. 301, 356) rapproche les Gètes et les Gaulois sur certains points, mais sans faire des premiers un peuple celtique. Il le regarde comme thraco-scythique et admet que les Scythes, aussi bien que les Sarmates, sont indo-européens.