Hérodote, IV
8. Strabon, VU. 3. 11, rra^ Tûv FeTÛv, éiicyXiOTTOv xoT; O^tfivf SOvovc.
D'ailleurs, la religion des Gèles ou Daces nous ramène, par une autre voie, aux Thraces. Les Thraœs, dit Hérodote, n'adorent qu'Ârtémis, Ares et Dionysos*. L'Artémis thrace, Cotys ou Cotyto, se retrouve dans le nom propre Cotys. (La forme dacique est Cotiso.) Ares était vénéré chez les Gètes*. Enfin le culte de Zamolxis' nous reporte au Dyonisos thraco-phrygien Sabazius. Les sacnâces humains périodiquement ofierts à la divinité gétique^ rappellent en effet les cruelles immolations accomplies en l'honneur de Dionysos Omestès^, lesquelles se perpétuèrent sous le nom d'omophagies^. La retraite temporaire de Zamolxis dans une caverne fait pendant à la descente de Dionysos aux enfers. Le banquet sans fin des bienheureux, promis à la convoitise des Gèteà, est l'équivalent des joies qu'espéraient après la mort les initiés aux mystères dionysiaques, et qui sont décrites dans des inscriptions funéraires trouvées dans la Thrace même''.
Les anciens avaient confusément senti ces rapports. Pour les expliquer, ils admettaient que Zamolxis, esclave de Pythagore, avait reçu conununication de la doctrine de celui-ci, et qu'il était allé chercher en Egypte un complément d'instruction®. Car il ne fiiut pas oublier l'ideAtité, signalée par Hérodote®, des doctrines pythagoriciennes, égyptiennes, orphiques et dionysiaques. Les afSnités lointaines de la religion des Gètes et de l'orphisme avaient fiait attribuer au même peuple une pureté de mœurs toute particulière*** contraire aux faits conune l'a remarqué Strabon".
Ce qui est vrai c'est que la religion de Zamolxis est au fond celle de Dionysos*' non pas épurée, mais gardant au contraire la grossièreté et la férocité primitives. Seulement, conmie les Gètes l'avaient ardemment embrassée, elle pénétra dans la vie quotidienne et l'organisation sociale de la nation beaucoup plus pro-