Tacite, HUt, lU
7. Dion., LXVU, 5. Il est assez remarquable que Tngan et Décébale aient été appelés tous deux au rang suprême par le choix du prince leur prédécesseur, choix motivé par leur capacité politique et militaire.
8. Reimar, dans ses notes sur Dion, émet la conjecture que AexiéoXoc signifie rai des Daces ou quelque titre analogue. D'une part nous retrouvons ce nom donné à d'autres chefs barbares (Trebel. Pol. Trig, tyran^ 10), et de Tautre Tadversaire de Domitien, nommé AexiSaXoc par Dion Gassius, est appelé Diurpaneus par Orose (VU, 10. 11 avait sous les yeux les derniers livres des Histoires de Tacite) et Dorphaneus par Jomandés {9etA 3), T. pourtant les objections de Roessler, Dos vorrosmisehe Dacieny p. 353.
sèment la souveraineté. Le nouveau chef barbare était, de l'aveu des Romains eux-mêmes, un génie militaire de premier ordre. D comprenait, dit Dion S la science de la guerre et il en possédait la pratique. Il savait attaquer et se retirer à propos, dresser des embuscades et combattre à force ouverte, profiter de la victoire aussi bien que réparer une défaite. Aux vertus guerrières de son peuple, il résolut de joindre la science romaine. Il attira les transftiges, apprit à élever des retranchements, à construire des machines de guerre. Quand il se vit à la tête d'une armée bien disciplinée et bien instruite, il se jeta sur la Mésie. Le gouverneur Oppius Sabinus fut tué^, les forteresses tombèrent au pouvoir des Daces et le pays fut mis au pillage.
Domitien fit rassembler en toute hâte les légions de Pannonie, et chargea de la conduite de la guerre son préfet du prétoire, Cornélius Fuscus. Les Marcomans promirent de seconder les armes romaines, Fuscus franchit le Danube sur un pont de bateaux et pénétra courageusement chez les Daces; mais les Marcomans violèrent leurs promesses et n'envoyèrent aucun secours. Engagé avec des forces insuffisantes dans un pays inconnu , le généorâl romain livra une bataille funeste dans laquelle il périt : les légions laissèrent aux mains de l'ennemi un grand nombre de prisonniers, leurs bagages, leurs machines de guerre et une aigle, que Trajan retrouva plus tard et rapporta à Rome^..
Satisfait d'un succès aussi brillant et du butin considérable qu'il avait recueilli, Décébale fit des propositions pour la paix. Domitien les repoussa et voulut continuer inunédiatement la guerre. On ne peut blâmer cette résolution énergique, inspirée par l'honneur du nom romain ; mais il fallait porter sur la Dacie toutes les forces dont on disposait et l'empereur les divisa de la façon la plus maladroite en organisant deux expéditions simultanées, l'une contre les Daces, l'autre contre les Marcomans dont il voulait punir la perfidie. Il aurait fallu aussi que Domitien prît part à la guerre et aux dangers qu'affrontaient des soldats effirayés par de terribles revers ; il quitta Rome, en effet, et partit comme pour se mettre à la tête des troupes, mais arrivé en Mésie» il se cacha et laissa agir ses généraux^.
Calpumius Julianus, gouverneur de la Mésie, commanda