‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 63 sur 327 · Suét. DanUt · texte numérisé non relu

Suét. DanUt

rexpédition» attaqaa courageusement les barjiaresS et remporta à Tabae* une brillante victoire. Le carnage des Daces fut trèsgrand : Vézinas, le premier après Décébale, dut se cacher parmi les morts et ne se sauva qu'à la nuit. Julianus marcha rapidement sur Sarmizegethusa, dont il faillit s'emparer. D'après une anecdote peu croyable, mais qui montre qud esprit de stratagèmes et d'adresse les Romains attribuaient à Décébale, celui-ci aurait sauvé sa capitale en faisant abattre à l'entour un trèsgrand nombre d'arbres, et en ordonnant d'attacher des armes aux troncs coupés à hauteur d'honune, de sorte que Julianus, croyant se heurter contre une armée nombreuse, n'alla pas plus loin*.

Quel que soit le motif qui l'arrêta, les fruits de sa victoire forent perdus. L'armée de Pannonie avait été battue par les Marcomans ; il fallait traiter avec eux au plus vite, et forcément avec Décébale, leur allié. Le roi dace envoya vers Domitien son frère Di^is, qui rendit à l'empereur quelques prisonniers et des armes, et demanda pour Décébale l'investiture du pouvoir royal. Le barbare, avec un grand sens, faisait bon marché des apparences du pouvoir, sachant bien que les Romains n'étaient pas de force à lui en arracher la réalité. Domitien saisit avec empressement cet appât offert à sa vanité et voulut faire passer la vaine cérémonie de l'investiture pour une marque de victoire. Peut-être prit-il luimême le change, mais les Romains ne s'y trompèrent pas. Décébale avait rendu quelques prisonniers sans importance, et gardé des ingénieurs, des constructeurs de tout genre et d'habiles oflSders. Il remit des épées et des flèches, mais il conserva les machines de guerre et Domitien dut s'engager à lui en fournir d'autres. Enfin les Romains furent contraints de payer un tribut aux barbares^. Pour avoir obtenu des conditions si honorables, Domitien prit le titre de Dacicus, et rentra dans Rome en triomphateur. Suivant une forte expression de Paul Orose, empruntée sans doute à Tacite^ , ce ne fut pas des ennemis vaincus, mais

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