Bonwick, op. cit.. p
4. Grey, Tvo Expédition.^ in Australia (1841). II. pp. 307-8.
232 ESSAI SIR LE TilRE
l'apprend l'auteur même, aux noirs des plantations américaines ^ Miss Kingsley m'écrit au sujet de ces contes : « Je sais qu'ils sont authentiques. J'ai entendu conter les Histoires de Tar Baby dans le Congo Inférieur ». On peut ajouter que le sujet de Tar Baby se trouve, en ses lignes essentielles, dans une collection de contes africains -.
De cette étude on peut conclure, il me semble, que le rire des sauvages représente, comme le nôtre, différents degrés de culture. On n'y trouve la plupart du temps qu'une gaîfé naïve, irréfléchie, comme celle dp la petite fille dont nous avons parli" dans le chapitre précédent. Avec cette gaîté enfantine nous voyons coexister les formes de rire rudes et brutales que nous rapprochons des plaisanteries plus grossières de l'écolier. A côté de ces formes inférieures, nous en trouvons de plus élevées où Ton distingue déjà la préoccupation de certaines règles sociales. Enfin nous pouvons découvrir çà et là, comme dans l'histoire de l'homme qui riait à l'idée de morts allant et venant sans bras, sans jambes, etc., et de celui qui démasqua gaîment l'imposture d'un charlatan, les germes d un rire plus réfléchi. D'autre part, dans la gaîti' indulgente des jeunes filles qui riaient de voir une Anglaise incapable de tresser des nattes, nous voyons une ébauche du rire sympathique. En d'autres termes, nous démêlons les commencements obscurs de ce sentiment ou attitude complexe que nous nommons humour. Il est probable qu'il y a progrès pour la qualité, sinon pour la quantité, à mesure que nous passons des tribus les plus basses elles plus dégradées à celles qui occupent un rang plus élevé ^.
De là sans doute la difficulté qu'ont trouvée les voyageurs à décrire les caractères généraux de la gaîté des peuplades sauvages. Miss Kingsley m'écrit, au sujet de l'humour des habitants
i. J. Chandler Harris, l' ncle Remus and Jils Friends.