Cité par Waitz, Nalurvulker, 6 Prat. p
b. Ling Roth. Sarawak and Brilish ^orth Bornéo, \, p. 84. 6. Hans Egede, Nat. Hist. of Greenland, pp. 156-7.
diquer. Chacun des deux concurrents essaie de tourner l'autre en ridicule en chantant sur lui des chansons satiriques, en racontant ses méfaits ; et celui qui réussit le mieux à faire rire l'auditoire par ses sarcasmes ou ses invectives est déclaré vainqueur. Souvent même des crimes tels que le meurtre sont efTacés par celte joyeuse expiation '.
Dans un ou deux cas on nous parle de divertissements plus rallinés. Ainsi quelques-uns des naturels du Pacifique Occidental ont une mascarade en règle qui s'exécute devant le roi : on y verra, par exemple, une scène grotesque où un matelot anglais, armé de son coutelas, est représenté par un bouflTon « di primo cartello », qui joint à son rAle de premier sujet le privilège d'enfreindre les lois rigoureuses du décorum en montrant du doigt le roi et en demandant ironiquement, au milieu d'un tonnerre d'éclats de rire, si c'est bien là le Roi^
On trouve d'autres traces d'un art comique rudimentaire dans les chansons et histoires plaisantes imaginées par les sauvages. Les Australiens avaient des chants oîi ils décrivaient en charge les traits particuliers des Européens, et dont le refrain, repris en chœur, provoquait des rires bruyants'. Une autre chanson comique, entendue chez certains aborigènes de l'Australie, raillait la conformation particulière de quelques individus, appartenant sans doute à une autre tribu, dans les jolis vers que voici :
Oh! quelles jambes, oh ! quelles jambes ! Les gaillards à la croupe de kanguroo.
Oh ! quelles jambes, oh ! quelles jambes ! *
Dans ces grossières formes d'art nous trouvons probablement les traces de l'influence de modèles européens. Cependant certaines histoires paraissent des productions parfaitement spontanées. Il suffit de rappeler les originaux des contes délicieux de l'Oncle Remus, dont le fond est emprunté, ainsi que nous