‹ Essai sur le sentiment esthétiqueChapitre 57 sur 75 · V. Bechterew, op. cil · texte numérisé non relu

V. Bechterew, op. cil

nerveuse sont extrêmement puissants et variés, en fait ils constituent parfois, avec le plaisir des sens, la totalité de Teffet musical. Le plaisir sensible, intense, attendu, désiré, et la curiosité, tels sont les premiers appels à l’attention qui, ainsi sollicitée, s’immobilise. Bientôt le rythme et la mélodie s’en emparent grâce aux modulations des sons, à leur alternance dont elle suit les mouvements, à la succession des périodes qui la tendent et la reposent, aux mouvements accompagnateurs qui tour à tour s’élèvent et s’abaissent. La préperception1 rendue possible par les chutes et répétitions, par la cadence et l’attraction, conduit et soulage la tension d’esprit ; l’attraction, notamment, est la halte bienfaisante où l’on se repose et se restaure2.

L’attention, dit Bechterev, ne saurait exister sans fluctuations intermittentes3. ((Celles-ci sont plus profondes dans la concentration auditive, un peu moins dans la concentration visuelle et les plus légères dans la concentration tactile. » Lorsque l’audition se plie aux oscillations de ce genre, les épouse et en prend la direction, la concentration nerveuse tend vers le maximum. A ces causes stimulantes s’ajoutent la curiosité esthétique, dans les formes où elle est possible, et l’ensemble des conditions extérieures indiquées plus haut ;

Page 1