Y. Joly, op. cit
tendance à s’y associer, une ébauche de sympathie. Que devient en tout ceci le sentiment esthétique ? Quels sont son rôle et son origine ?
La valeur esthétique des mouvements, disent Lipps, Gros, Souriau, etc., etc., dérive de limitation même; il est dans un « accompagnement intérieur dont nous le soulignons1 ». « La perception des formes s’accompagne toujours de sensations motrices, respiration, équilibre, mouvement des yeux, sans lesquelles il n’y aurait sans doute pas de perception de formes et assurément ni plaisir ni déplaisir ; c’est-à-dire point de valeur esthétique2 3 *. » A moins d’admettre que tout plaisir est esthétique, d’accord avec la théorie hédoniste intégrale, il reste encore à expliquer comment l’imitation mène au sentiment esthétique, à montrer les étapes de la transition.
Certes tout mouvement aisé, facile est un plaisir et l’imitation de la grâce ordinaire nous invite à accomplir, mentalement au moins, des mouvements de ce genre, mais laissons de côté l’agrément kinesthésique5 vulgaire qui n’a rien d’esthétique en soi. D’autre part, par contagion de sentiments, l’imitation tant intérieure que périphérique, provoque la sympathie, et la sympathie naissante encourage l’imitation ; celle-ci est donc en même temps cause et effet de la communion des pensées, élément ou plutôt instrument principal du