‹ Essai sur le sommeilChapitre 2 sur 6 · RENNES ; STOLTZ · texte numérisé non relu

RENNES ; STOLTZ

La Faculté a arrété que les opinions émises dans les dissertations qui lui sont présentées, doivent être considérées comme propres à leurs auleurs, et qu'elle n'entend ni les approuver ni les improuver.

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Les différentes fonctions dont l’ensemble constitue la vie, ne s’exer- ‘cent pas d’une manière continue; tous nos organes indistinctement sont soumis à une sorte d'intermittence d'actions; intermittence à la vérité peu marquée pour quelques-uns, tandis qu’elle est bien tranchée pour. d’autres. Ainsi les organes qui président aux fonctions de nutrition, quoique agissant toujours, éprouvent cependant des modifications relativement à l’intensité.de leur action; le cœur ne bat pas toujours avec la même force, le poumon ne fonctionne pas toujours avec la même activité, l'estomac ne remplit qu’à des intervalles assez éloignés la tâcheique lui a imposée la nature; les absorptions sont plus où moins Me. et les fonctions de nutrition varient elles:mêmes suivant l'activité de la respiration et de la circulation.

Je ne mentionnerai pas lintermittence des fonctions de reproduction. Destinées à n’agir que pendant un certain laps de temps, elles ne jouent ici qu’un rôle secondaire, et ne sont nullement nécessaires à l'entretien de la vie individuelle. :

Mais ilest une série de fonctions importantes dont l’exercice n’aurait pu se faire continuellement sans nuire à l’ensemble de l’orga-

nisme ; je veux parler de ces fonctions par lesquelles l'être vivant se :

met en rapport avec le monde extérieur, fonctions dont l’ensemble forme un tout si harmonieux dans l’homme et auxquelles il doit sa ‘suprématie. 55.4 Après un temps plus ou moins long, dont la durée varie peu dans

la série des êtres, les organes de la vie animale éprouvent le besoin irrésistible de se reposer, les fonctions auxquelles ces organes président sont suspendues, interrompues jusqu’à ce que. le retour des forces leur permette de recommencer en quelque sorte une nouvelle vie.

C'est à cette suspension des fonctions de relation qu'on a donné le nom de sommeil, définition qui nous semble juste et que pour cette” raison nous nous empressons d'adopter.

. Il suit de là que nous ne saurions, à l'exemple de quelques auteurs, admettre de sommeil pour dos végétaux, puisque ces êtres ne possèdent point de fonctions de relation , quoiqu’on ait cherché à prouver le contraire. | ; ÿ

La propriété qu’ont certaines plantes d'ouvrir ou de fermer leur ‘corolle aux rayons du jour, phénomène qui a donné à Linné l’idée ingénieuse de son horloge de Flore; les mouvemens que l’on observe dans quelques-unes de leurs parties, semblent être dus à une sorte de contractilité organique qui se manifeste sous l'influence de la lumière, de l'humidité ou d’autres agens; mais ils ne sauraient en aucune façon être comparés au Sommeil des animaux.

Il n’est pas plus juste d'appeler sommeïl, l’état stationnaire où, pendant l’hiver, se trouvent la plupart des végétaux; c’est un état particulier, propre à cette classe d'êtres organisés, comparable en quelque serte à ce qui se passe chez certains animaux; état dont la cause est voilée à nos et comme le sont encore tant de Et de la nature.

Ce sommeil des plantes a surtout trouvé des partisans parmi les physiologistes allemands, dont les théories spéculatives ont tant de tendance à tout généraliser.

Reis dit à ce sujet que les champs eux-mêmes ont besoin de rester en friche pendant un certain laps de temps, afin de se saturer de nouveau d’oxigène, et l'engrais seul ne saurait en maintenir la fertilité.

| k : Je regarderai donc le sommeil comme propre aux seuls animaux, et je le décrirai spécialement dans l'homme sous le double SROE physiologique et pathologique.

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