‹ Essai sur le style & la langue de Noël Du FailChapitre 28 sur 68 · Rabelais, II · texte numérisé non relu

Rabelais, II

du Fail renchérit, en réduisant ces trois jours à deux heures 5. Citons encore : « faire le glorieux, tout au long de l'aune. pouce et tout » (II, 55); — « Plutarque... dit qu'un jour, voire deux... » (II, 311); — « tous gueux... cognoistront une puce d'avec un poux, fust il ferré à glace » (II, 100); - « après avoir... « embasmé et charmé les puces » (voir : Lexique, s. v. Puces). Un brigand choit en arrière dans un trou que du Fail appelle « un receveur sans compte » (II, 62); comprenez : « un réceptacle sur lequel notre homme ne comptait pas6 ».

Â/enons-en aux éléments proprement « savants » du style de Noël du Fail. Ils abondent : mais il faut ajouter que souvent ils servent à la plaisanterie et se combinent avec les éléments populaires pour produire des effets de discordance comique.V Le début des Baliverneries fournirait un bon exemple ae ce genre d'humour qui. on le sait, n'était nullement inconnu de Rabelais : après nous avoir rapporté, avec tous les détails techniques, comment Eutrapel partant un matin pour une vulgaire promenade, a « prins ses Ephemerides », « faict ses élections », considéré que « Mercure venoit en trin aspect avec la Lune7 ». etc.... l'auteur lui fait rencontrer un villageois préoccupé, se parlant à lui-même, et qui « silogisant à par luy. faisoit terribles et énormes figures ». Avant de l'aborder, Eutrapel feint de croire que ce vilain h pouvoit estre quelque Philosophe qui deschiffroit par nombres l'harmonie des corps supérieurs ». etc.. Le même procédé se retrouve avec plus d'ampleur et plus de comique burlesque dans le chapitre ^Eutrapel et un vielleur XVIII). LU gentilhomme casanier est qualifié « docte anni-

a. Pr. Jlust., p. 37.

6. Il y a là un jeu de mots sur les sens de recevew et de compte. Godefroy enmpl1) a un exemple de receveur = réceptacle.

7. Il y a là toute une série de termes techniques qui demanderaient à être < ommentés par des traités astrologiques de l'époque. Par exemple sur la façon de « prendre des Ephemerides » et de « faire ses élections », on pourra consulter ['Introduction nu jugement des astre» par Claude Dakiot (Lyon, 155s). Ni Litiré ni GODEFBOY ne signalent d'exemple de trin{e) aipeit, terme d'astro logie, avant Thomas Corneille. Cf. Prédictions de Bruscambille /"<»/ l'année 1619 (Gautier-Garguille, éd. elzév., p. 136) : « Venus, entrant dans la maison de Mars avec le trine aspect de Vulcain. »

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