TERMES SAVANTS
rence22 » (II, 109), « pas mesurez et à la spondaïque*3 » (IF. 104), transumpter, opiniable, imperience, coarcter. colliger, improspere. spagirique, sacro-saint ou sacre- ou sacré-saint), eienterer, pragmatiser, spermatiser ; « ce vieux Grammairien semestral?'' », repeter avec son sens latin, institut. A en juger par les exemples que cite Godefroy, du Fail serait le premier à avoir employé le verbe postposer (Propos Rust., p. 9).
Parmi les mots plus ou moins savants, citons la catégorie des dérivés en -if, -ive : admiratives, négatives, affirmatives (trois adj. fém. substantivés); « maudite maladie végétative (= qui se développe rapidement, douée d'une grande vitalité) et productive » (II, 224); « un avocat... actif et corrosif (II, 107); « petits hommes, colères et corrosifs (II, 286) ; « un Prater Cordelier salutatif, mondificatif » (II, 137) 25; « une diette non pas resumptive™ qu'ils appellent... ». récréatif <U. 137), « mastin alternatif et embeguiné » (II, 236) 27.
Somme toute, du Pail n'a pas abusé des mots savants. Sur ce point encore, il montre un souci curieux de la pureté de la langue; il veut être clair et compris. Le mot athée ne lui semble-t-il pas suffisamment acclimaté, il le glose à l'usage du lecteur vulgaire : « VAtheew ou sans Dieu » (II, 320). Et, bien que son maître Rabelais eût employé et expliqué dans
22. Il va de soi que dans ce membre de phrase du Fail fait un emploi ironique de termes savants. Metrlfié était connu avant lui (cf. Godefrov, s. v. Met refier) ; mais il paraît avoir calqué de sa propre autorité sesquipedalc sur le latin.
23. Du Fail pourrait bien avoir créé ce mot (voir au Lexique).
24. Cet adjectif manque dans Godefroy (qui connaît semalnal), et n'est indiqué par Littré (f) que comme terme de médecine. Il semble vouloir dire ici : « grammairien chargé d'enseigner pendant ma semestre. »
25. Eplthètes d'interprétation difficile. Le mot mondificatif est un terme de science médicale dont M. Vaganay [Mél. Chabaneau, p. 230) a signalé un exemple en loto dans une traduction de Cornichon. M. Courbet comprend « qui purifie. » Salutatif manque dans Godefroy et pourrait être fabriqué par du Fail. .Mais que peut-il signifier? M. Courbet comprend « obséquieux. » Mais le rapprochement avec mondificatif me fait penser que salutatif doit signifier également « qui apporte le salut, la santé spirituelle. »
26. Terme de médecine. Godefroy, Complu : Resomptif = qui fait reprendre des forces.
27. Cette formule baroque est destinée à caractériser le vieux procureur et sophiste Lupolde. Je suppose que du Fail compare â un chien qui va de l'un à l'autre {alternatii) ce vieux praticien qui offrait ses services à différents personnages (cf. Vie et Œuvre, p. 278).
28. Le premier exemple connu de ce mot est tiré des Nouv. Dial. du I. fr.italian., d II. Estienne.
sa Briefve Déclaration le mot misanthrope, du Fail préférera dire de Timon d'Athènes : « cest insigne et beau haïsseur d'hommes» » (II, 222).
/(m rencontre de temps à autre chez du Fail des archaïsmes voulus, donc savants. Il me semble qu'il y en a très peu dans les Propos Rustiques, bien que le cadre choisi par l'auteur, l'âge de ses devisants, le recul des tableaux dans le passé, dussent inciter à l'archaïsme/Nous savons que du Fail a fort peu pratiqué le réalisme philologique. On ne s'attend guère à ce que des paysans qui parlent des a festins de leurs antecesseurs » (p. 20), qui emploient des mots comme hereditallement (p. 32) 30. comme médiateur (p. 66), alors que la forme populaire était moyenncur3*, qui prononcent, des harangues comme celle du chapitre IV, on ne s'attend guère, dis-je. à ce que des rustiques aussi cultivés emploient des vocables désuets, tout de même qu'un mot d'argot ou simplement un mot trivial surprendrait dans la bouche d'un gueux qui, pour signifier qu'une mendiante a fait fortune en entrant dans la confrérie gueusarde, dit non sans préciosité qu'elle a été « allaictée de nostre heur » (Propos Rust.. ch. VIII, p. 59). Au reste, M. Huguet a parfaitement montré, en comparant point par point la syntaxe des Propos Rustiques avec celle de Rabelais, que celle-là est en général conforme à celle-ci, autrement dit n'est ni plus ni moins archaïsante. Lorsque du Fail donne en 1549 une seconde édition revue de son premier ouvrage, il en fait disparaître conscienciëusemenl bon nombre do mots et «le tournures qu'à la réflexion il jugeait vieillies, rétablit des pronoms sujets manquants. remplace o par arec, ce que sujet par ce qui, deal par dé p. 16), '< d'iceux ta téméraire audace » par « leur téméraire audace » (p. 68), s'occupe de Tordre des mots, substituant par exemple « qu'ils approuvent merveilleusement » à « qu'ils
29. Rabelais, IV, Ep. au Card., Briefve Declar. d'aucunes dict. plus obscures. Le mol misanthrot" dut mettre longtemps à s'acclimater ; car Montaigne procède tout comme <iu Fai] (voir au Lexique, s. v. Haïsseui .
80. Il est vrai tnie la première édition portait ici heritellement, qui est moins savant.
31. Sur une petite leçon de réalisme donnée a du Kail par son interpolateur. voir Vie et Œuvre, p. 334, notre observation relative a Chorde d'aurtchal.