Ibid., I
de Poisson (acte II) l'expression Marquis du Port au foin comme synonyme de fripon.
Embabillé (bien). - - Beau parleur. II, 36. Manque dans Godefroy. .Te note cet adjectif dans la Femme mocqueresse mocquée (vers 1525 : Monlaiglon-Rothschild, IX, 270). Le vieux-français connaissait emparlé. On lit dans Cholières (éd. .louaust, II, 202) : « les deux mieux enlangagées ».
Embadaudé [Propos Rust., XV ; I, 137], « le gros maroufle embadaudé ». Sot, niais. Pas d'autre exemple (pour la formation, cf. embabouiné).
Embrissemens. Balivern., éd. Courbet, I, 47, « manquinages, embrissemens » (Ed. 1549, f° 39 r°). Les éditions de 1548 ont rétabli 1' .' initial (I, 187). Mais embris sèment pour lembrisserumi (= lambrissage et lambrissure) n'est certainement pas une faute d'impression ; c'est un cas d'étymologie populaire par fauss< division [l initial interprété comme l'article). Godefroy ignore embrissement (ainsi que lembris sèment), mais connaît embriseure et embrisser.
Emmantelé. — II, 102. enveloppé (d'un manteau). Mot rare, dont on a signalé un exemple au XIIIe siècle dans la Règle de saint Benoit par Nicole, éd. Héron, v. 1050.
Emmasqué. — Masqué. Propos Rust., p. 45 ; II, 244. Le premier exemple connu de ce mot est celui des Propos Rust. Godefroy ne cite en dehors de du Fail qu'un exemple de Jodelle.
Empêcher. — Occuper : 1° Construit avec à : « il y avoit du débat assez pour empescher tous les maistres arpenteurs du pays à savoir si... (I, 283). 2° Construit avec de : « vous soucier et empescher du fail et conseil de la guerre ».
Emplus = en plus. — Plus. Je ne trouve d'exemple de ce composé que dans les Baliverneries : I, 159, sans que j'y pensasse emplus... qu'à ma première chemise. (Cf. Rabelais, Gary., prol. : « Combien que, les dictans, n'y pensasse en plus que vous). 1, 171, « ne luy arresteroit emplus qu'un grain de mil en la gueule d'un bélier » (Cf. Rabelais, II, 25 : « ne luy eust monté en sa bouche en plus qu'un grain de millet en la gueule d'un bélier). I, 152, l'édition Assézat, d'après toutes les éditions de 1548, donne : « qui non plus se fust passé d'Eutrapel ». Mais l'édition 1549 porte (f° 11 r°) : « qui emplus se fust passé... » Comme on ne peut guère admettre que/, plus ait pu avoir à lui tout seul le sens négatif, je suppose qu'il y a là une faute de 1549 ou une faute de l'original, corrigée par l'interpolateur angevin. — Pour la fusion graphique des deux mots, cf. no m pas (Balivem., 1549, f° 19 r°, deux fois; f° 24 v°; nomplus, ibid., f° 24 r°, 36 v°, 38 r°).
Enclamer. — H, 193, » lorsqu'il harangua... contre les premiers et secondes intentions enclamees au haut bonnet de la sophisterie ». La présence de cette forme bizarre ne contribue pas peu à obscurcir une image déjà peu claire ea elle-même. C'est une simple coquille. La série des éditions posthumes 1597, 15982, 1603 donne enclouées, ce qui est une correction intelligente. .Mais nous préférons, avec Defrémery i, faire un léger amendement à la leçon des premières éditions (1585, 1586L2, 1598i) et lire enclavées (encastrées dans, fixées solidement dans...).
Enclaver. — Enfoncer dans. Voir Enclamé, et II, 268, « remaschant telle indignité, et l'ayant enclavée sur son cœur ».
Encre au cornet, au sens grivois — I, 308, « je leur laisseroye », dit une femme en parlant des hommes, « si peu d'ancre au cornet... » (je les épuiserais tellement... ). Solon de Vosges, Adages : « Avoir de l'encre au cornet »: <t c'est contre nature quand une femme met de Vancre au cornet ». Cholières, édition Jouaust, I, 232, 252 ; II, 88.
Enfumé. — Surnom de Philippot, franc-archer grotesque et prétentieux [Propos Rust., en. XI). Même signification que fumeux (Cf. Godefroy, fumos), c'est-à-dire colérique, violent, orgueilleux, à la tête de qui montent des fumées de colère ». Godefroy ne connaît qu'un exemple médiéval d'enfumé, « orgueilleux ». Le verbe se fumer est fréquent dans la littérature des matamores français, bien connue de du Fail. Cf. Mallepaye et Baillevant (Fournier, 117, col. 1); franc-archer de Cheoé, v. 138; L'Aventureux et Guerntousct. v. 306. Coquillart (éd. d'Héricault, II, 269) : « Et. me nomme on, où que je soie Le gendarme fumeux cassé ».
Enluminer = rendre la vue à. — II, 337, enluminer les aveugles. Le mot me paraît archaïque en ce sens.
Ennuyé. — Emploi remarquable et unique dans Eutrap. (1, 302), « il leur monstra un peu la dent et que le jeu trop ennuyé ne luy plaisoit ». On comprend que M. Courbet ait fait suivre ce mot d'un point d'interrogation. Néanmoins, (-(11111116 le texte est assuré et que, d'autre part, il est contre toute syntaxe de rapporter ennuyé à luy [le capitaine], je comprends : « le jeu prolongé jusqu'il l'ennui, devenu fastidieux », et je vois ici une hypallage hardie analogue à celle que nous avons dans la locution de guerre lassez.