AVANT-PROPOS
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LVntique Egypte fut le berceau des arts, des sciences^ de la civilisation^ les législateurs et les philosophes grecs eux - mêmes s^empressaient d'aller la visiter afin d'y prendre des leçons de politique et de sagesse ^ à diverses époques, des événements mémorables fixèrent sur elle les regards du monde entier: en un mot*) son nom réveille les plus grands souvenirs. L'histoire fidèle et complète de ce pays célèbre offrirait donc à notre pensée de graves sujets de méditations. Par malheur , ce vaste tableau , s'il a jamais été tracé 5 n'est point parvenu jusqu'à nous; quelques récits , les uns évidemment fabuleux, les autres tronqués et même contradictoires: vailà tout ce que les siècles nous ont transmis relativement à la patrie, au domaine des Pharaons.
Mais du moins nous savons par de nombreux témoignages j que les palais, les temples , les
îj Avant - PROPOS.
obélisques égyptiens étaient couverts d'înscrîplîons en langue sacrée ^ où se trouvaient consignées les annales de la nation, les doctrines religieuses des prêtres, et peut-être les aphorîs— mes de chaque science. Ainsi ces innombrables images cVanîmaux^ de plantes, d^objets de la nature oudePart^ que le voyageur contemple à chaque pas au milieu des ruines colossales de Thèbes, sont les caractères d'aune écriture dont Fînterprétation nous fournirait les moyens de remplir une lacune considérable dans les fastes du monde. Cette considération^ jointe au penchant naturel qui nous entraîne vers tout ce qui est obscur et mystérieux ^ détermina ^ pendant les deux derniers siècles, plusieurs savants à s^occuper de la lecture des hiéroglyphes. On connaît les immenses recherches de Rircher sur ce sujet. Cet écrivain laborieux possédait une érudition étonnante ; mais son imagination était trop vive j trop hardie^ et il s^égara en la prenant pour guide: vingt années consécutives de travail ne produisirent que d^ingénieuses rêveries.
Néedham , Deguignes et autres s^écartèrent comme lui du chemin de la vérité. Il est juste
toutefois d'observer qu'à Tépoque où ils écrivaicnl, les testes hiéroglyphiques étaient rares en Europe, et que les erreurs dans lesquelles ils tombèrent peuvent en partie être attribuées à celte privation de doruments. Quoi qu'il en soit, des essais aussi infruetueux dégoûtèrent de ce genre d'étude, et Tespoir de déchiffrer les ' hiéroglyphes était généralement regardé comme' chimérique, lorsqu'un événemeut inattendu vint changer la direction des idées à céf' égard. Les vainqueurs de l'Italie, ayant' porté leurs armes en Orient, remontèrent le Nil depuis son embouchure jusqu'aux frontières de la Nubie, et l'Egypte tout entière se trouva ainsi livrée aux investigations des archéologues. Une multitude d'objets d'antiquité furent transportés en France ou reproduits dans un grand ouvrage, magnifique monument du progrès des artsau 19^ siècle. Des voyageurs courageux et infatigables ajoutèrent bientôt de nouvelles richesses à celles que nous possédions. Alors on reprit avec ardeur l'examen du problème dont on avait si longtemps et toujours en vain cherché la solution. Les espérances du succès étaient surtout fondées
iéLi
ÎV AVAKT - FSOPOS.
sur la prérîeuse inscription trilingue de Rosettff. M. S) Ivestre de Sary s^occupa du texte intermédiaire, et parvint à trouver la valeur de quelques signes. A l'aide de sa profonde connaissance de la langue copte, M. Akerblad olitint des résultais encore plus satisiaisants. Après eux , le D' Young se distingua par sa sagacité ; Tun des premiers il entrevit le véritable système graphique des Égyptiens; ïnaisla gloire de Tavoir entièrement découvert , de Favoir analysé et développé , appartient à notre savant compatriote M. ChampoUion le jeune. Grâces à ses travaux, consignés dans les Lettres à M. Dacier et à M. le Duc de Blacas dans le Précis du système hiéroglyphique et dans le Panthéon Égyptien, la chronologie des Pharaons se trouve en partie rétablie, Tépoque de la construction ou de la restauration des pria— , cipaux édifices dûs à ces monarques et à leurs successeurs est exactement déterminée, les divinités, jadis adorées sur les bords du Nil, nous apparaissent sous leurs véritables formes et revêtues de leurs divers attributs. Son alphabet phonétique à la main, nous lisons sans dilficulté les noms propres de tout genre que présenteat
les monuments ou les manuserîts ^ nous retrouvons plusieurs mots importants de Fancienne langue égyptienne 5 nous pouvons enfin , après un examen réfléchi ^ sinon donner la traduction exacte j du moins saisir le sens général de la plupart des inscriptions. Ces découvertes précieuses ont été accueillies avec la faveur qu**elles méritaîeni ; déjà en Italie elles servent de base à renseignement dans des cours publics, et bientôt nous entendrons M. Ghampollion lui-même exposer sa doctrine au milieu du nouveau musée dont la munificence royale vient d'^eurichir la France. Tel est en peu de mots, sous ce point de vue, Tétat actuel de la science paléographîque. Sans doute il lui reste encore de grands progrès à faire; mais que ne doit-on pas attendre des efforts persévéraûts de Fhabile philologue qui Ta créée?
Malgré les suffrages nombreux et imposants qui ont en quelque sorte consacré et rendu classique le système de M. Ghampollion, un livre dans lequel sont exposées des idées bien différentes sur la même question, a été récemment publié en Allemagne, ou il paraît avoir
trouvé de zélés déiienseurs. Avec des hypothèses plus ou moins ing-'nîeusesj des rapprochements indécis 9 des principes variables selon les circonstances ^ on se trouve en mesure de tout expliquer. Il ne faut donc pas s^étonner si Fauteur de ce livre et ses disciples parviennent à déchiffrer d'aune manière assez plausible les écritures égj^ptiennes 5 quand ils en connaissent d^a— vance le véritable sens. Mais présentez-leur^ par exemple , un papyrus bilingue et inédit du temps des Lagides^ sans placer d'^abord sous leurs yeux le texte grec , ils y trouveront tout autre chose que ce quMl renferme réellement.
Cest ainsi qu^ils ont pris un simple contrat cî-» vil pour un hymne au Soleil. Ce genre d^é-»preuve, auquel M. Champollion ne craint nul-rlemeot de se soumettre, est la pierre de touiche des systèmes hiéroglyphiques.
Comment se fait-il que des hommes remplis de lumières et de savoir aient suivi une aussi fausse direction , lorsque la route ouverte avec tant de bonheur devant eux leur offrait les moyens certains d'^approcher du but qu^ils se proposaient d'atteindre ? On pourrait attribuer
AVANT - PROPOS. Vlj
Cette singulière et fâcheuse aberration à un sentiment d^araour-propre mal entendu ^ à un vain désir de célébrité ^ mais j'^aime mieux lui assigner une autre cause ^ et je rappellerai combien le caractère et la vie méditative de nos voisins d^outre-Rhin les disposent à s'^égarer dans la vague région des théories conjecturales.
La doctrine des hiéroglyphes phonétiques a été généralement adoptée en France.^ Toutefois, quelques personnes ne paraissent pas encore entièrement convaincues de la solidité de ses bases, de l'exactitude, de la vérité de ses résultats. Mais si, comme je le pense, ces incrédules sont dç bonne foi, s^ils ne demandent qu'^à sV^* clairer. Fessai de M. Sait dissipera tous leurs doutes. Ils y trouveront un ensemble de témoignages auxquels il est impossible de résister, à moins d^avoir pris d^avance le parti de rejeter les preuves les plus évidentes. Cest particulièrement sous ce rapport que cet ingénieux ouvrage mérrite de fixer Pattention. Il présente d^ailleurs des caractères phonétiques nouveaux, des cartouches royaux jusqu'^à présent inconnus, et plusieurs inscriptions inédites. Ces considératioas
tr
VUJ AVANT- PROPOS.
Font faît recommander par le meilleur juge en cette raalîère « comme très-précieux pour Tetwh élémentaire de T archéologie égyptienne j et Viin fie ceux qui doi\>ent le plus contribuer à V établissement des véritables principes de cette étude (*) ». Un semblable éloge , auquel je me garderai bien de rien ajouter ^ me permet de croire que ma traduction ne sera pas sans utilité: le livre original est en efifet assez rare; et, êHxm autre côté^ la langue anglaise ne saurait encore , chez nous, se passer tout-à-faît d'interprètes.
L^éditeur anglais ^ M. Bankes, connu ^ comme M. Sait, par son goût éclairé pour la science archéologique, par ses explorations en Orient, et par sa belle collection d^antiquités , a ajouté un nouveau prix au travail de son ami , en y joîgeant d'intéressantes remarques.
Tout en rendant justice à la sagacité de M. Sait, il faut bien avouer que son essai renferme quelques erreurs; l'article de M. Champollion précédemment cité en indique la majeure
(^) Bnlletîn universel des Sciences du mois de janvier 1826 ^ article de M. Champollion le jeane.
àVANT - PROPOS. IX
partie ; îl m'a donc été facile de les relever et de les rectifier dans mes notes (').
Cet aveu réduit à fort peu de chose le mérite du traducteur-annotateur ^ aussi uVt-il pu avoir aucune espèce de prétention en se nommant :
il a cédé au seul désir de présenter publiquement son tribut d'estime et d'admiration au célèbre auteur d'une découverte dont s'honore-ront à jamais les lettres françaises (*)•
(0 Au moment où j^écrls ceci et où ma traduction est sous presse ) j^apprends que M. Sylvestre de Sacy a rendu un compte détaillé de Popuscule de M. Sait , dans le journal des Savants du mois de mai de Tannée dernière. Je regrette de n'^avoir pas été à même de consulter cette notice de Pillustre Académicien ; je Pauraîs lue avec un bien vif intérêt ^ et elle m^aurait sans doute fourni d^utiles renseignements.
(') Deux auti^s savants du plus grand mérite , Tun en répaa^ dant une vive lumière sur divers point obscurs de la chronologie des Lagides et des Pharaons, Pautre en restituant et en traduisant avec une admirable sagacité les inscriptions grecques trouvées ea Egypte , ont aussi acquis des droits incontestables à la reconnais-^ sance et aux hommages des amis de Panliquité \ et les noms de MM. Champollion-Figeac et Letronne seront à jamais associés à celui de M« ChampoUion le jeune dans les annales de la science*
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Et il fera connaitre le secret d^Abydos»
Mt5t. de Jàmb.
ÉCLAIRCISSEMENT RELATIF A LA TABLE GÉNÉALOGIQUB D'ABYDOS , PLACÉE EN TÈTE DE L'OUVRAGE.
Mon cHEii Monsieur^
En fèsant pratiquer des fouilles pour obtenîr avec exactitude le plan des ruines étendues d'Abydos , j^eus le
(i) Quoique je me sois déterminé à prendre pour épigraphe cette phrase remarquable de Jamblique , je soupçonne que le texte | convenablement rectifié ^ pourrait bien se rapporter à un lieu différent. A|3aT^ est la leçon que je proposerais de substituer à A|^^&>* L^histoire, en effet, ne mentionne aucune circonstance relative à des mystères ou secrets particuliers à la ville d^ Abjrdos , tandis que rinaccessîbiiité sacrée d^Abatosse trouve constatée et parle témoignage d^ plusieurs anciens écrivains et par la signification du nom lui-même. (Bankes). (*).
K, (*) Je ne saurais partager avec M. Bankes ce doute qui lui a probable^
ment éus suggéré par une note de Thomas Gale , éditeur de Jamblique , con*
ft lETTKE
bonheur de découvrir le précieux document qui forme le frontispice de cet essai. Il existe dans un petit édi^
cernant la phrase dont il e&t ici question. Voici la traduction de cette note r tt Tb cv ojSuffffù» onroppirrov , leçon adoptée par Ficin et Scutell, d'après a les manmscrits *, cv â^uT6> , selon Tliëodoret , Iv A^u^r^ , selon Eosébe* V. Isis était adorée à Àbydos, nome et ville d^Egypte On croyait aussi 14 qu^ Abydos possédait le vrai tombeau d'Osiris* On pourra peut~étre penser tt qu'il s^agit ici de l*ile A|3aroç , à cause de ce qu^allégue Plntarque dans 14 son traité d^Isis , et Servius , diaprés Sénèqoe , sur les rites des Eg^yp^ tt tiens, au sujet de ces mots, loca inwia viuis^ du 6* livre de rÉnéide n. ( Myst. de Jamb. , Oxford 1678, page a85). On trouve en e&t dans Sénéque ce passage : a Le premier accroissement du If il se fiiit remar— tt quer prés de Tiie Philae. A peu de dislance de cette ile , il est divisa tt par un rocher que les Grecs appellent Abatos, parce que les prêtres tt seuls ont le droit d^y mettre les pieds "n. ( Sénéq* quest. naU liv* 4 ) chap. a ^ traduction de Lagrange ). Quant à Plntarque , il s^ezprime ainsi : u On tt assure encore qu^il y a prés de Philae un ilôt où ordinairement personne tt ne peut aborder*, que jamais les oiseaux et les poissons n^en approchent; tt mais qu^à certaines époques des prêtres s''y rendent pour faire des of-^ tt fraudes et des sacrifices , et pour couronner de fleurs la sépulture d^O^ tt siris 7). (^Plut. trait. d'Isis et d^Osiris , chap. ao). Tels sont, si je ne me trompe , les seuls renseignements qu^on puisse recueillir sur Abatos , en consultant les auteurs anciens , à moins de vouloir attribuer à cette ile ce qne Diedore de Sicile et antres ont dit de Philœ. En tout cas , la vénération dont ce lieu était Fohjet, provenait de ce qu'on le supposait renfermer le tombeau d'Osiris. Mais on croyait plus généralement que ce même tom-* beau se trouvait à Abydos , ainsi que le prouvent ces mots de Plntarque , liés dans le texte à la citation précédente : u Les Taphosiriens assurent tt quCf bien quW dise que le corps d^Osirissoit en plusieurs endroits, tt leur petite ville est renommée comme possédant saule le véritable , et tt que les qches et puissants Egyptiens , désirant repotcr après leur mort
àV TRÊS-HONORABLE CHARtES TORKE. 3
fice biai distinct de la principale construction (Ia« quelle était sans doute le Memnonium ) et couvre le reste d^un mur appartenant à Fun des plus secrets sanctuaires. Ce mur n^a pas conservé sa hauteur pri-« toitîve , il est d'ailleurs très-endommagé , et la table se trouve incomplète à la fois dans sa partie supérieure et à Tune de ses extrémités. L'autre extrémité a pour limite l'angle de la chambre ^ et les figures de la ligne d'en bas arrivent tout près du sol : rien ne manque dans ces^ deux directions. La gravure lithographique ci-jointe fut exécutée peu de temps après mon retour en Angleterre ^ j'en distribuai quelques copies , et déjà elles ont fourni le sujet de plusieurs dissertations^ mais cette table n'a réellement été publiée qu'aujourd'hui^ «t j'éprouVe un bien grand plaisir à la voir paraître
9. à côté de ce Dieu , se font enterrer de préférence à Abydos n. On devait donc pratiquer dans cetle ville des cérémonies sacrées analogues à celles d^Abatos. Strabon le laisse penser en nous fesant connaître que , contr« Tusage ordinaire, les chanteurs et les joueors d^instruments étaient, à Abydos, bannis du temple d'Osiris. Mais Porphyre s'exprime bien plu« positivement à cet égard \ car il affirme qu\in crime énorme aux yeux des Egyptiens eût été de dévoiler ce qu'il y avait de plus secret à Abydou J^ajouterai que les myst^es qu'ion y célébrait sont mentionnés par St.— Epiphane. Enfin Eusébe et Âmmien-Marcellin parlent d'un Dieu plein de mystères qui était encore en vénération dans la contrée d^Abydos sons le régne de Constantin~le>Grand. Ces rapprochements sont de nature ^ selon moi , à dissiper toutes les incertitudes de M. Bankes, et à le rassurer sur la craints d^aybir fait une fausse application da texte de Jamblique.
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trouvé de zélés déiienseurs. Avec des hypothèses plus ou moins ingnieuses^ des rapprochemenla indécis 9 des principes variables selon les circonstances^ on se trouve en mesure de tout ij, expliquer. Il ne faut donc pas s^étonner si Fau-^
l leur de ce livre et ses disciples parviennent à
i; déchiflVer d'aune manière assez plausible les écrî-
* tures égyptiennes 5 quand ils en connaissent d^a—
vance le véritable sens. Mais présentez-leur^ par exemple, un papyrus bilingue et inédit du temps des Lagides, sans placer d'^abord sous leurs yeux le texte grec , ils y trouveront tout autre chose que ce qu^il renferme réellement. Cest ainsi qu^ils ont pris un simple contrat ci-» . vil pour un hymne au Soleil. Ce genre d^é-^
j preuve , auquel M. Champollion ne craint nul-p-
lement de se soumettre ^ est la pierre de tou-i' I che des systèmes hiéroglyphiques.
Comment se fait-il que des hommes remplis de lumières et de savoir aient suivi une aussi fausse direction ^ lorsque la route ouverte avec f tant de bonheur devant eux leur offrait les
i moyens certains d'^approcher du but qu^ils se
proposaient d'atteindre ? On pourrait attribuer
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Cette singulière et fâcheuse aberration à un senti-ment d^araour-propre mal entendu ^ à un vain désir de célébrité ^ mais j'^airae mieux lui assigner une autre cause ^ et je rappellerai combien le caractère et la vie méditative de nos voisins d^outre-Rhin les disposent à s*^égarer dans la vague région des théories conjecturales,
La doctrine des hiéroglyphes phonétiques a été généralement adoptée en France.' Toutefois, quelques personnes ne paraissent pas encore entièrement convaincues de la solidité de ses bases, de l'exactitude, de la vérité de ses résultats. Mais si, comme je le pense, ces incrédules sont dç bonne foi, s^ils ne demandent qu'^à s^é^ clairer. Fessai de M. Sait dissipera tous leurs doutes. Ils y trouveront un ensemble de témoignages auxquels il est impossible de résister, à moins d^avoir pris d^avance le parti de rejeter les preuves les plus évidentes, Cest particulièrement sous ce rapport que cet ingénieux ouvrage mérrite de fixer Pattention. Il présente d^ailleurs des caractères phonétiques nouveaux, des carlou- . ches royaux jusquà présent inconnus, et plusieurs inscriptions inédites. Ces considératioas
VUJ AVANT- PROPOS.
Font faît recommander par le meilleur juge en cette raalîère « comme très-précieux pour Tetuih élémentaire de Farcliéologie égyptienne y et Viin de ceux qui doi\>ent le plus contribuer à V établissement des véritables principes de cette étude (*) ». Un semblable éloge ^ auquel je me garderai bien de rien ajouter ^ me permet de croire que ma traduction ne sera pas sans uti-« lité: le livre original est en efi'et assez rare; et, d^un autre côté^ la langue anglaise ne saurait encore, chez nous, se passer tout-à-faît d'interprètes.
L^éditeur anglais^ M. Bankes, connu ^ comme M. Sait, par son goût éclairé pour la science archéologique, par ses explorations en Orient, et par sa belle collection d^antiquités , a ajouté un nouveau prix au travail de son ami , en y joigéant d^intéressantes remarques.
Tout en rendant justice à la sagacité de M. Sait, il faut bien avouer que son essai renferme quelques erreurs; Farticle de M. Champollion précédemment cité en indique la majeure
(^) Bnlletîn universel des Science! du mois de janvier 1826 ^ article de M. Champollion le jeaae.
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àVANT- PROPOU. IX
partie ^ îl m'a donc été facile de les relever et de les rectifier dans mes notes (•).
Cet aveu réduit à fort peu de chose le mérite du traducteur-annotateur ^ aussi n'a-t-il pu avoir aucune espèce de prétention en se nommant :
il a cédé au seul désir de présenter publiquement son tribut d'estime et d'admiration au célèbre auteur d'une découverte dont s'honore— ront à jamais les lettres françaises (*).
(0 Au moment où jVcrîs ceci et où ma traduction est sous presse, j^apprends que M. Sylvestre de Sacy a rendu un compte détaillé de Topuscule de M. Sait , dans le journal des Savants da mois de mai de Tannée dernière. Je regrette de nWoir pas été à même de consulter cette notice de Tillustre Académicien; je Paurais lue avec un bien vif intérêt, et elle m^aurait sans doute fourni d^utiles renseignements.
(') Deux autiss savants du plus grand mérite , Vwn en répan-* dant une vive lum^re sur divers point obscurs de la chronologie des Lagides et des Pharaons, Tautre en restituant et en traduisant avec une admirable sagacité les inscriptions grecques trouvées en Egypte , ont aussi acquis des droits incontestables à la reconnais-* sauce et aux hommages des amis de ranliquité; et les noms de MM. ChampoUion-Figeac et Letronne seront à jamais associés k celui de M* ChampoUion le jeune dans les annales de là science*
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bonheur de découvrir le précieux document qui forme le frontbpice de cet essai. 11 existe dans un petit ëdi-«
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1X7 TRÈS-HONOKAfiLE CHARtES TÔRKE. 3
€ce biai distinct de la principale construction (Ia« quelle était sans doute le Memnonium ) et couvre le reste d^un mur appartenant à Fun des plus secrets sanctuaires. Ce mur n^a pas conserve sa hauteur pri-« tnitive , il est d^ailleurs très-endommagë ^ et la table se trouve incomplète à la fois dans sa partie supérieure et à Tune de ses extre'mîtés. L^autre extrémité a pour limite Pangle de la chambre , et les figures de la ligne d^en bas arrivent tout près du sol : rien ne manque dans ces deux directions. La gravure lithographique ci-*jointe fut exécutée peu de temps après mon retour en Angleterre 5 j'en distribuai quelques copies , et déjà elles ont fourni le sujet de plusieurs dissertations^ mais cette table n'a réellement été publiée qu'aujourd'hui^ «t j'éprouve un bien grand plaisir à la voir paraître
Il à c6té àe ce Dieu , se font enterrer de préférence à Abydos n. On devait donc pratiquer dans cette ville des cérémonies sacrées analogues à celles d^Abatos. Strabon le laisse penser en nous fesant connaître que , contre Tusage ordinaire, les chanteurs et les joueurs" d^instruments étaient, à Abydos, bannis du temple d'Osiris. Mais Porphyre s'exprime bien pluf positivement i cet égard ^ car il affirme quUm crime énorme aux yeux des Égyptiens eût été de dévoiler ce qu'il y avait de plus secret à Abydoa* ' J^ajouterai que les mystères qu^on y ce'lébrait sont mentionnés par St.— Bpiphane. Enfin Eusébe et Ammien-Marcellin parlent d'un Dieu plein de mystères qui était encore en vénération dans la contrée d^Abydos sons le régne de Constantin~le-Grand. Ces rapprochements sont de nature | selon moi , à dissiper toutes les incertitudes de M. Bankes , et à le rassurer sur la crainte d^aT^ir fait une fausse application dn texte de Jamblique*
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Font fait recommander par le meilleur juge en cette roalîère « comme très^-précienjc pour Tétmh élémentaire de V archéologie égyptienne j et Vnn de ceux qui doi\}ent le plus contribuer à V établissement des véritables principes de cette étude (*) ». Un semblable éloge ^ auquel je me garderai bien de rien ajouter % me permet de croire que ma traduction ne sera pas sans utilité: le livre original est en eAet assez rare; eXy ôî!\m autre côté^ la langue anglaise ne saurait encore, chez nous, se passer tout-à-fait d'interprètes.
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Tout en rendant justice à la sagacité de M. Sait, il faut bien avouer que son essai renferme quelques erreurs; Particle de M. Champollion précédemment cité en indique la majeure
(^) Bulletin universel des Sciencea du mois de janyier 1826 ^ article de M. Ghampollion le jeaae.
àVANT- PROPOU. IX
partie ^ îl m'a donc été facile de les relever et de les rectifier dans mes notes (•).
Cet aveu réduit à fort peu de chose le mérite du traducteur-annotateur ^ aussi n'a-t-il pu avoir aucune espèce de prétention en se nommant :
il a cédé au seul désir de présenter publiquement son tribut d'estime et d'admiration au célèbre auteur d'une découverte dont s'honore— ront à jamais les lettres françaises (*).
(f) Au moment où j^écrls ceci et où ma traduction est sous presse, j^apprends que M. Sylvestre de Sacy a rendu un compte détaillé de Topuscule de M. Sait , dans le journal des Savants da mois de mai de Tannée dernière. Je regrette de nWoir pas été à même de consulter cette notice de Tillustre Académicien; je Paurais lue avec un bien vif intérêt, et elle m^aurait sans doute fourni d^utiles renseignements.
(') Deux autiss savants du plus grand mérite , Pun en répan-* dant une vive lumij^re sur divers point obscurs de la chronologie des Lagides et des Pharaons, Tautre en restituant et en traduisant avec une admirable sagacité les inscriptions grecques trouvées en Egypte , ont aussi acquis des droits incontestables à la reconnais-^ sauce et aux hommages des amis de Panliquité; et les noms de MM. Champollion-Figeac et Letronne seront à jamais associés k celui de M* ChampoUion le jeune dans les annales de là science*
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ÉCLAIRCISSEMENT RELATIF A LA TABLE GÉNÉALOGIQUB D'ABYDOS , PLACÉE EN TÊTE DE L'OUVRAGE.
Mon GHEii MONSIEUR)
En fèsant pratiquer des fouilles pour obtenir avec exactitude le plan des ruines étendues d'Abydos , j'eus le
(i) Quoique je me sois déterminé à prendre pour épigraphe cette phrase remarquable de Jamblique, je soupçonne que le texte) convenablement rectifié , pourrait bien se rapporter à un lieu différent. A|3aT^ est la leçon que je proposerais de substituer à A|^^a>* L^histoire) en effet, ne mentionne- aucune circonstance relative à des mystères ou secrets particuliers à la ville d^Abydos , tandis que Tinaccessibilité sacrée d^Abatosse trouve constatée et parle témoignage dé plusieurs anciens écrivains et par la signification du nom lui-même. (Bankes). (*).
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En fèsant pratiquer des fouilles pour obtenir avec exactitude le plan des ruines étendues d'Abydos , j'eus le
(i) Quoique je me sois déterminé à prendre pour épigraphe cette phrase remarquable de Jamblique , je soupçonne que le texte ) convenablement rectifié , pourrait bien se rapporter à un lieu différent. A|3aT^ est la leçon que je proposerais de substituer à A|^^&)» L^histoire) en effet, ne mentionne- aucune circonstance relative à des mystères ou secrets particuliers à la ville d^Abydos , tandis que Tinaccessibilité sacrée d^Abatosse trouve constatée et parle témoignage dé plusieurs anciens écrivains et par la signification du nom lui-même. (Bankes). (*)•
(*) Je ne saurais partager avec M. Bankes ce doute qui lui a probable-! ment éié suggéré par une nptede Thomas Gale , éditeur de Jamblique , con*
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bonbeur de découvrir le précieux document qui forme le frontispice de cet essai. 11 existe dans un petit édi-*
cernant la phrase dont il est ici question. Voici la traduction de cette note ? tt T^ cv ojSuo'a'b) âiroppvjrov , leçon adoptée par Fîcin et Scntell, d'après tt les niannscTits^ h àSxrzu , selon Tliéodoret, Iv A^^(o, selon Eas^^w* a Isis était adorëe à Abydos, nome et ville d^Egypte On croyait aussi tt qu^Ahydos possédait le vrai tombeau d'Osiris. On pourra peut-étre penser tt qu*il s^agit ici de V\ie A|3aroç , à cause de ce qu^allégue Plntsrque dans tt son traité d^Isis , et Servius , diaprés Sénéqoe , sur les rites des Eg^jp— tt tiens, au sujet de ces mots, £oca ini>ia viwis^ du 6* livre de FËiiéide «• ( Mvst. de Jauib. , Oxford 1678, pa^ a85). On trouve en effist dans Sén^ue ce passage : a Le premier accroissement du Nil te fiiit remartt quer prés de Tile Philie. A peu de distance de cette tle, il est divisa tt par un rocher que les Grecs appellent Abalos, parce que les préties tt seuls ont le droit d\v mettre les pieds t. ( Sénéq* qnest. nat. 11 v. 4 ) chap. 3 ^ traduction de Lagrange ). Quant à Plotarque , il s^ezprime ainsi : tt On tt assure encore qu^il r a près de PhiUe un ilôt où ordinairement personne tt ne peut aborder; que jamais les oiseaux c t les poissons nVn approchent 9 tt mais qu*à certaines époques des prêtres s* y rendent pour faire des of— tt fnndes et des sacrifices , et pour couronner de fleurs la sépnltore d^O^ tt slris <*>. (Plut, trait. d'Isis et d*Osiris , chap. ao ). Tels sont, si je ne me trompe , les seuls renseignements qu'ion puisse recueillir sur Abstos , en consultant les auteurs anciens , à moins de vouloir attribuer à cette Ue ce qne Pl«dore de Sicile et antres ont dit de Phil». En tout cas , la vénération dont c« Iteu était Tobjet , provenait de ce qu'on le snppesait renfermer le tocab^aa d\Xîris« Mais on crojaît plos généralement qœ ce m^mc tooK» beau se tiouYaîl à Abvdos , ainsi que le prouvent ces mots de Platarqoe , lies dans le texte à la citation précédente : (k Les Taphosirtens assurent & que, bien qu^on dise que le cocps d'Osirissoit en plusieurs endroits, <fc leor petite \kiU est renommée comme possédant senle le vériuble , et ik «(ue les ôciaes et paisunu Egrptùxiâ j dcâixaBl xepoiR apw knr mort
1X7 TKÈS-HONOKAfiU CHARtES TÔRKE. 3
€ce biai distinct de la principale construction (Ia« quelle était sans doute le Memnonium ) et couvre le reste d^un mur appartenant à Fun des plus secrets sanctuaires. Ce mur n^a pas conserve sa hauteur pri-« inîtive , il est d^ailleurs très-endommagé , et la table se trouve incomplète à la fois dans sa partie supérieure et à Tune de ses extrémités. L^autre extrémité a pour limite Tangle de la chambre , et les figures de la ligne d^en bas arrivent tbiit près du sol : rien ne manque dans ces deux directions. La gravure lithographique ci-*jointe fut exécutée peu de temps après mon retour en Angleterre 5 j'en distribuai quelques copies , et déjà elles ont fourni le sujet de plusieurs dissertations^ mais cette table n'a réellement été publiée qu'aujourd'hui^ «t j'éprouVe un bien grand plaisir à la voir paraître
Il à côté àe ce Dieu , se font enterrer de préférence à Abydos -n. On devait donc pratiquer dans cette ville des cérémonies sacrées analogues à celles d^Abatos. Strabon le laisse penser en nous fesant connaître que , conti« Tusage ordinaire, les chanteurs et les joueurs' d^înstruments étaient, à Abydos, bannis du temple d'Osiris. Mais Porphyre s'exprime bien pluf positivement à cet égard ^ c»r il affirme qu\m crime énorme aux yeux des Egyptiens eût été de dévoiler ce qu'il y avait de plus secret â Ahjrdos* J^ajouterai que les myst4res qu^on y célébrait sont mentionnés par St.— Épiphane. Enfin Eusébe et A m mien-Marcel lin parlent d'un Dieu plein de mystères qui était encore en rénération dans la contrée d^Abydos sous le régne de Constantin~le-Grand. Ces rapprochements sont de nature | selon moi , à dissiper toutes les incertitudes de M. Bankes , et à le rassurer sur la crainte d^aytir fait une fausse application dn texte de Jamblique*
m lETTRC
bonheur de découvrir le précieux document qui forme le frontispice de cet essai. 11 existe dans un petit
cernant la phrase dont il est ici question. Voici la traduction de cette note i tt rb cv ojSuo'a'b) onroppvjTOV, leçon adoptée par Fîcin et Son tell, d'âpre tt les manuscrits^ èv olSmtu , selon Théodoret, Iv Â^Sffj selon £fis^|w* a Isis ëtait adorée à Abydos , nome et ville d^E{;ypte On croyait ansii tt qu^Ahydos possédait le vrai tombeau d'Osiris. On pourra pent^étre penser tt qu'il s^agit ici de l^e A|3aroç , à cause de ce qu'allègue Platarqne dans tt son traité d^Isis , et Servius , diaprés Senéqoe , sur les rites des E^p^ tt tiens, an sujet de ces mots, laça inwia viuis^ du 6* livre de P£neide n* ( Myst. de Jamb. , Oxford 1678, page a85). On trouve en eflfet danit Sénèque ce passage : a Le premier accroissement du Nil se fiiit reniartt qner prés de Tiie Philae. A peu de dislance de cette tle, il est divisé tt par un rocher que les Grecs appellent Abatos, parce qne les prêtres tt seuls ont le droit d'y mettre les pieds -n. ( Senéq* quest. nat«llv. 4 « cbap. 3| traduction de Lagrange ). Quant à PIntarque , il s'exprime ainsi : tt On tt assure encore qu^il y a prés de Philae un ilôt où ordinairement personne tt ne peut aborder^ que jamais les oiseaux et les pobsons n'en approcbent; tt mais qu'à certaines époques des prêtres s'j rendent pour foire des of-« tt fraudes et des sacrifices , et pour couronner de fleurs la sépulture d'O^ tt siris fi, (Plut, trait. d'Isis et d^Osiris , chap. ao ). Tels sont, si je ne me trompe , les seuls renseignements qu'on puisse recueillir sur Abttos , en consultant les auteurs anciens , à moins de vouloir attribuer à cette Ile ce qno Diedore de Sicile et antres ont dit de Phike. En tout cas , la vénération dont ce lieu était l'objet, provenait de ce qu'on le supposait renfenner le > tombeau d'Osiris. Mais on croyait plus généralement que ce même tom-* beau se trouvait à Abydos , ainsi que le prouvent ces mots de Plutarqne , liés dans le texte à la citation précédente : u Les Taphosiriens assurent tt quC) bien qu'on dise que le corps d'Osirb soit en plusieurs endroits, tt leur petite ville est renommée comme possédant seule le véritable , et tt que les ciches et puissants Egyptiens , désirant reposer après leur mort
1X7 TKÈS-HONOKAfiLE CHARlES TÔRKE. '3
€ce biai distinct de la principale construction (Ia« quelle était sans doute le Memnonium ) et couvre le reste d^un mur appartenant à Fun des plus secrets sanctuaires. Ce mur n^a pas conserve sa hauteur pri-« initîve , il est d^ailleurs très-endommagé , et la table se trouve incomplète à la fois dans sa partie supérieure et à Tune de ses extrémités. L^autre extrémité a pour limite Pangle de la chambre , et les figures de la ligne d^en bas arrivent tout près du sol : rien ne manque dans ces deux directions. La gravure lithographique cî-*jointe fut exécutée peu de temps après mon retour en Angleterre 5 j'en distribuai quelques copies , et déjà elles ont fourni le sujet de plusieurs dissertations^ mais cette table n'a réellement été publiée qu'aujourd'hui^ «t j'éprouve un bien grand plaisir à la voir paraître
Il à côté de ce Dieu , se font enterrer de préférence à Abydos d. On devait donc pratiquer dans cette ville des ce'rëmonies sacrées analogues à celles d^Abatos. Strabonle laisse penser en nous fesant connaître que, contr« Tusage ordinaire, les chanteurs et les joueurs d^instruments étaient, à Abydos, bannis du temple d'Osiris. Mais Porphyre s'exprime bien pluf positivement à cet égard ^ c»r il affirme qu\in crime énorme aux yeux des Egyptiens eût été de dévoiler ce qu'il y avait de plus secret à Ahydosm J^ajouterai que les mystères qu^on y célébrait sont mentionnés par St.— Epiphane. Enfin Eusébe et A m mien-Marcel lin parlent d'un Dieu plein de mystères qui était encore en rénération dans la contrée d^Abydos sous le régne de Constantin~le-Grand. Ces rapprochements sont de nature | selon moi , à dissiper toutes les incertitudes de M. Bankes , et à le rassurer sur la crainte d^aybir fait une fausse application da texte de Jamblique.
4 lETTRE
BOUS VOS auspices et jointe à Tingemeux travail de notra commun ami M. Sait: son insertion, j^aime à le penser, sera regardée comme un témoignage de la consi-' deration et de Testime sincères que je porte à toug
deux (•)#
W. John BANKES.
Londres^ i8a5.
(*) La Table d^Abydos ayant para avec les Lettres de M. le due de Blacas, )e me serais dispensé de la joindre k cette traduction, si la lithographie de M. Bankes et la gravure exécutée diaprés le dessin de M. Gailiiaud eussent été parfaitenient semblables. Mais il existe entre elles quelques différences, et j^ai cm utile de les indiquer : le lecteur les saisira du premier coup d^œîl en consoltaBt ma planche.
M. Gailiiaud n^a pas dessiné les cartouches A et B. L^oubli qu^il a fait du second ne tire nullement à conséquence ; car ce groupe d^hiérogljrphes et tous ceux qui le suivent dans la 3* ligne hori* zontalc) se rapportent à un seul roi ^ et peu importe que le nom de ce monarque soit répété une fois de plus ou de moins. Mais il n'ea est pas de même de Pomission du premier cartouche ; en le sup-» primant on efface de la liste royale le prince dont il offre le pré^ nom , et un règne entier se trouve ainsi oublié. On remarquera par* ticulièrement que les prénoms e^y, sont très -incomplets dans Tune des tables. L^élat de vétusté du monument d^Abjdos , et peutêtre la difficulté d^examiner de près la partie supérieure de riuscription, expliquent assez comment les deux voyageurs ont pa voir les mêmes objets d^une manière différente. Une chose moins fecile à comprendre, c^est que, dans la 3* ligne horizontale , contenant la répétition constante du prénom et du nom de Ramsès, le
JIU TRÈS-HONOnABLE CHARLES TORKE. 5
chéri d'Amnion (le Sésoslrjs dvs liîsloriens), le dessin do savant Angl^iis prc.'ente deux cartouclies uu le uom (l^^^lmo^ est exprimé par une tigare rcpréseotanl le dieu assis sur son irônc, landis que la planche de noire compaliiute nous montre loujouri ce même nom écrit phonétiquement avec la feuille ou h plume A, le parallétagramine dcnielé M, et la ligne brisée N. 11 (ml abjolumeot que la forme de ces cartouches ail clé altérée par un effet de la propre volaille de M. Baukes ou de M. Cailliaud. De pareilles substitutions de signes à d'autres sigoes synonymes ou homophones , sont— elles sans I n co n ventent s i' Je peuse que non; et Dion opïnîott «era partagée , si Ton considère que les caractères hiéroglyphiques n'ont pas tous été inventés en même temps; qu'on parviendra peul-élre un jour a déterminer l'épnqiic où plusieurs d'entre eus ont commencé à être en usage ; et que cette découverte pourrait servir, en certains cas, h fixer l'âge ou du moins la limite de r&ge des monumetils. Les voyageurs dont le crayon noua retrace les inscriptions égyptiennes doivent donc s'astreindre i copier avec la plus grande e^taclilude, la fidélité la plus religieuse, ces vénérables restes de l'antiquité.
M. ChampoUîon , après avoir comparé la table d'Abydos.avec les inscriptions mon iiinen taies conoues-et avec le canon chronologique de Itlanéthou, a trouvé que le car loue h «-prénom de II a' colonne horizontale et de la 7' ci>lonnc vcrlitiile appartenait à AahmosCIc.Mispliralhoudnosisde Manêlhon) dernier roi de la 17* dynastie, et que les onze prénoms suivants, dont l'un eii cninmun h deux princes, étaient cens des rois: Amcuoftep (Amosis, Thoutmosis, chef de ta 16' dynastie); — Thontniosis I (Chébrnti);— > ThoutmosiilICAménophisI,;— Thoulmosis III CMiphrisou Miphra); — Aménophis I (Mii.hrathoutmosis); — Thoutinosis IV (Tlioutroosis);-Améno|.bi,UtAmeoophisIl);-Hôr(Rorus);- Ramsès I ( Rulhoris «u Alhoris); — Uusiieï et Mandoueï ( le> deux Icères Achenchérès) — Ramsèsll — (Aimais ou Armés).
10 SVVl le STSTZME PFS HIÉROGLTPnE»
des Savants, et d'après les lettres de mes amis, une vention dccidt-e conti-ele sjstème phonétique , qui me paraissait fondé suriine base trop fragile; mais ayant reçu la broebure de M. Cbanipollion, ainsi que ce! du D' Young, sur les hir^rogljphes, je me dv'l miuaï à examiner scrïeiisemeiit leur contenu voulant pas supposer que des homrues, dont le saTOJr est connu de toute TiEurope , eussent attaclié sans raûon tant d'importance à mie tliéorlc que Je regardais comme une hypotbèse vague et conjecturale. Cet examen me tira de mon erreur et me conduisit non-seulement à ïeconnaitre , au mojcn de mes propres dessins , Texactitude des principes de M. Cbampollion; mais encore à trouver, avec son secours, quelques noms remar-» quables et de nouveaux caractères pbonctiques proprei à faire naître les plus importants résultats, «ta augmenter le lustre de rintéressanle de'couverte de ces savants.
levais maintenant vous pre'senler mes observations. Elles vous paraîtront peut-être U'op prolises au premû coup-d'oeii ; mais je dcsire les rendre aussi claires , ai intelligibles pour vous que pour moi-même , et il ne'cessaire, afin de parvenir à ce but^ que j'entre dans les moindres détails : je réclame donc votre attention et votre patience.
Avant tout je dois supposer qiie vous connaissez l'ouvrage deM. Champollion, que vous Pavez attentivemei étudié, que vous avez eu recours aux figures toutes l( fois que cela élaît nécessaire.
fau t ,|
us. i
PHONÉTIQUES. If
lia planche I, placée SOUS vos yeux, contient un certain nombre de cartouches que j'ai copiés moi-même dans la Haute-Egypte. Vous observerez , parmi les noms qu^ils renferment , ceux d' Arsinoé et de Philippe , père d'Alexandre (') , et en outre celui de Bérénice , correc^^ tement écrit. MM. Younget ChampoUion s'accordent 4 reconnaître une oie du Nil dans le caractère final de ce dernier nom ^ mais les cartouches de Bérénice que j'ai recueillis à Kamac^ à Edfou, à Dakké, dans le petit temple près d'Esné, etc., etc. (pi. I., fig. 19 et 23)^ ne présentent nullement , comme le nom de Cléopàtre ^ un faucon, une corneille ou un aigle, et je n'ai trouvç jusqu^à présent aucun autre oiseau auquel le son da l'A pût être attribué» M. ChampoUion dans le nom d'Alexandre a donné le poulet pour un A, et l'oie, exprimant déjà, selon lui, la même lettre A (*), pour la consonne S ^ mais j*ai en vain cherché , en consultant mes dessins , des exemples propres à confirmer l'exactitude de celte fixation (*),
(') Ce nom est plutôt celui de Philippe AridéC) frère du conque-* tant) roi reconnu en Egypte»
(') L^autenr se trompe; un dessin Inexact avait fait croire à M. ChampoUion que le nom de Bérénice était terminé par une oie, mais il lisait ainsi ce nom : BPNIKS et non pas BPNIKA î le •avant français n^a jamais assigné à Poie le son de la voyelle A.
(3) J^ai depuis trouvé le poulet dans le nom de Néclio , décou*vert par M* Anaslasy. (Sait}*
12 SUR LE SYSTÈME DES niÉROOLYPHE^
Tai trouvé à Gau-kcbîr, à Edfou et à Dakké, troî^ noms d'Arsinoé difFércmment exprimés. Le premier (pi. I, fig. 12)5 àTaide des caractères de M. QiampoUion, se lit AP2INE, en entier 5 le second (pi. I, fig. i3)^ AP2I5 avec contraction 5 et le dernier (pi. I, fig. i4)i AP2N. Celui-ci est suivi d'une figure d'Isis, qui signifie probablement déesse. Dans les trois cartouches on observe Tœuf et le demi -cercle, signes ordinaires du genre féminin. Il est à remarquer que ce nom, k Dakké , se trouve associé , dans une dédicace , à ceux de Ptolémée et de Bérénice. A Kamac , sur le magnifique propylon regardé comme le plus parfait modèle existant de la sculpture égyptienne, il est joint à celui de Ptolémée, désigné comme père d'un autre Ptolémée, dont la femme était Bérénice 5 et le même monument offre une image du roi Ptolémée habillé à la manière grecque^ ainsi qu'on le voit représenté sur plusieurs autres temples de l'époque des Lagides.
Le nom de Philippe (pi. I, fig. 1) est encore plus satisfesant. Il se trouve sur le sanctuaire de granit , à Kamac ^ où l'on voit aussi le nom d'Alexandre, (pi. I^ fig. 2) précédé du titre Mi-^jimon^ le chéri d'Amon. Onlclit *AEEn02:, avec l'alphabet de M. ChampoUion, et il rend en conséquence le son grec aussi bien qu'aucun des autres noms découverts jusqu'à ce jour, à l'exception de celui de KAEOHATPA (pi. I, fig. i5), dans lequel aucune lettre ne manque ('). Les caractères du
(') M. Champollion a préseoté le développement de l'alphabet
PHONÉTIQUES. l3
itiom de Philippe sontcontenus dans le second cal*toucIiC| lequel est précédé de Foie et du globe j mais dans le
phonétique comme dérivé de la comparaison de plusieurs signes dont les combinaisons étaient connues pour former les noms de Ptolémée et de Gléopâtre. 11 n^indique pas toutefois exactement Torigine de cette importante découverte préliminaire. On sait que le nom de Ptolémée fut d^aberd tiré de Pinscription de Rosette. Quant à celui de Gléopâtre , M. W. J. Bankes le découvrît en 181 8.
Ce nom , le plus complet de tous ceux qu^oo a pu lire jusqu^à présent , donna en quelque sorte la clef de tous les autres. Les inductions qui conduisirent à la reconnaître Biérilent donc d^etre rapportées.
En examinant les sculptures des monuments égyptiens , on remarque bientôt la fréquente répétition d^un seul ou de deux personnages fesant aux dieux une offrande ou recevant d^eux un don. Dans chaque compartiment , la figure la plus avancée , lorsqu^il y eu a deux, est celle d^un homme , Pautre représente une femme ; très-souvent Phomme se voit seul : la rencontre de la femme séparément est beaucoup plus rare.
Une chose digne d^attention, cVst que, quand les deux figures paraissent une fois sur un édifice , elles se montrent presque toujours également associées dans toutes ses parties ; et que la mémo répétition systématique pour la figure isolée d^homme ou de femme s^'étend à Pin fini, sans aucune variation de formes, excepté dam les détails de Phabillement et la nature de Poifrande.
Cette circonstance conduisit M. Bankes à soupçonner, contre Topinion commune , que ces figures offraient plutôt les portraits de convention du fondateur et de la fondatrice de Pédifice, ou du personnage renfermé dans le sépulcre, qu^une représentation de prêtres, de prêtresses ou d'hêtres mythologiques. Pour mieux éprouver les fondements de cette conjecture ) il fit faire à
l4 SUR lE SYSTÈME DES HIÉROGLYPHES
premier ( pi. h^u^ ^^à)^Siu lieu du nom d^ Alexandre ^ qu'on devrait trouver, suivant le système du D' Young,
Tlièbes la recherche du sarcophage appartenant à Puo des deux tombeaux remarquables où une femme est toujours représentée isolément. Le couvercle de granit fut trouvé et fit voir à rextériear une femme vêtue comme Isis , sculptée en relief, tandis que dans les innombrables tombeaux où la représentation de Fautre sexe prédomine, les sarcophages présentent une figure d^homme avec les attributs d^Osiris. 11 parut ainsi à peu près certain que la femme sculptée sur les murs du tombeau était identique avec celle dont le corps avait occupé le sarcophage, et la même déduction semblait, par analogie, devoir s'^étendre à d^autres cas. M. Bankes observa ensuite que , comme Tinscription grecque du propylon de Diospolis-Parva fournit le seul exemple du nom d^une reine Cléopâtre précédant celui d^un roi Ptolémée, au lieu de le suivre ( ce qui s^Qxplique en rapportant Pinscription au règne ou à la régence d'une Cléopâtre qui fut tutrice de son fils ); de même la sculpture de Tédifîce offre Texemple unique d^une figure de femme prenant la préséance sur Thomme en fçsant son offrande : ces deux figures , d^aprèis toutes les probabilités, devaient donc être regardées comme celles de Cléopâtre et de Ptolémée. En conséquence, M. Bankes procéda à la confrontation du nom supposé de Ptolémée , tiré do la pierre de Rosette par le D"" Young , avec Pinscription hîéro— gljrpliique de la figure mâle , et il trouva entre eux une exacte con« formité.
Ce nouveau témoignage de la solidité de la découverte fortifia^ repiuioo déjà établie que les caractères placés au - dessus de la figure de femme devaient désigner Cléopâtre.
Un dernier pas restait à faire , c^était d^examiner si ces deux mêmes noms se trouvaient sur le fût de lobélisque emporté de Fhilx par M. Bankes , ce monument rappelant , comme on sait
iÔ SUR t£ SYSTÈME DES HIÉROGLTPHEf
Le nom d'Alexandre , sculpté sur le même sanctuaire (•) f occupe également le second cartouche que Toie et le globe précèdent , tandis que le premier est couvert de tî* très mystiques. On trouve aussi ce nom dans Pintérieur du sanctuaire de Louqsor, et sur les débris dWbeau pro« J)ylon de granit, à Éléphantine (pi. I, fîg. 3, b)^ oùj là encore, son cartouche vient à la suite d'un autre (pi. I, fig. 3,éz), contenant des titres honorifiques^ parmi lesquels on reconnaît le mot Àmon.
Le reste de la planche première n'a pas besoin d'autres éclaircissements que ceux qui l'accompagnent.
Passons maintenant à la planche II, tirée, de même que la première , de mes propres dessins. Je l'ai choisie parmi beaucoup d'autres, parce qu'elle représente avec quelques modifications les différentes légendes d'empereurs publiées par M. Champollion. J'ai ajouté à ces noms ceux de Néron (pi- Il , fig. 5, 6 et 7) , de Commode (pi. n, fig. 22), d'Adrien (pi. II, fig. 14, i5, 30, 21), d'Antonin (pi. II, fig. 17, 18), et un autre qui me
tement V^n de ces cartouclies. Une simple comparaison suffit doue pour lui faire trouver Fautre parmi ceux de Tobe'lisque précité : il Taurait dé^ eourert également entre mille. Ainsi, pour parvenir à ce résultat , le savant Français n'a eu nullement besoin d'avoir sous les yeux la note au crayon dont parle M. Bankes.
(1 ) Le sanctuaire ne me semble pas du temps d^Alexandre, car on y découvre aussi le nom de Ramsès - Thoulmesis : il est probable néanmoins qu^une grande partie de ce monument a été sculptée {ar ses ordres. (Sait).
•|j PHONÉTIQUES. I7
fiaraîl devoir se lire Marcus-Vtrus-Antoninus Stliaslos Autoktator Kaisar (pi. II, lig. 19) (')■ Cette dernière légende forme rorncment d'une corniche dans l'intclieur d'un petit propylon i l'ouest de llle de Phllac. Le nom deDomîlien, seulement (pi. II, fig. 8, g, io),a été emprunté à la gravure de Zoéga , représentant l'obélisque de Bénévent, L'examen de tous ces noms m'a fourlîienvironvingtnouveaux synonymes; ceux-ci sont tous indiqués dans les explications de la planche II, ainsi que les cartouches oîi ils se trouvent ; j'ai de plus cité le temple où chaque cartouche a clé découvert. Je dois noter ici que le nom Autokrator Adriiinus (pl.II,fig. 20) provient des colonnes du petit temple voisin d'Esné ^ dans lequel sont gravées deux juscripuODs grecques à-pcu-près de la même date ('). Il est nécessaire aussi que je fasse particulièrement remarquer deux caractères , l'un sen.blable 3 une paire de pincellos (pi. II, fig. 12), Taulrc oflrant
{') Le premier signe du premier des cinq cariouclies qui forment cette légende, éuiit uu L, il f^ul lire Lucius et non Marcus. M. Sait a coiiToiidu à tort ea un seul le Bom d'Actoninus (Marc- Amèle) , et celai de Lucius Verus, collèguede l'empereur philosophe.
('} Ces ÎDscrip lions intéressantes, traccesfurùvcmeDt, selon toute apparence , par des ouvriers employés aux décoratiops du temple, fureut reconnues et mises au jour par M. Butikcs, eu 1818. EU» avaient été recouvertes d'une légère couche de stuc, arlilîcescmhlable à celui qu''ewplo3'a rarchiteclc du Fh^re pour conserver son jnscriplioD : très-peu de tcUrcs étaîeut visibles aviDt qu'on eCit gratté soigneusement la lurface de la pierre, tdin d'en enlever J'enduit. (Bani^s).
18 3VK LE SYSTÈME DES niÉR0GLTPHE9
la ligure d'un scarabée (pi. II, fig- i4i9? 8);lepremîi a U valeur de la lettre T, le second exprime le son du A, du ï ou du , et ils sont d'une baute importance pour éclaircir les points que je vab tiailcr.
Auraoment d'abandonner mes guides, je réiumeraî les raisons qui m'ont fait ajouter foi à l'exaciiiude du système phonéiiijne, si ïague au premier coup-d'œil et si différent des idées que nous attachons à l'ëcriture ordinaire. En premier lieu, l'existence, justement citée par le D'' Ymmg, d'un semblable usage de signes phonétiques dans la langue chinoise, est très-favorable à système; ensuite le nom de Ptoiéme'e tiré de la pii deRoseite, et reposant en conséquence sur les bases d traduction grecque; le nom de Bérénice, aussi heureusement déduit par le D' Young du texte démotique de la même pierre; le nom de Ptolémée sculpté sur une grande quantité d'édifices évidemment postérieurs, d'après le style de leur architecture , auxmonvhments pharaoniques; le nom d'une Gléopâtre, mèi d'un jeune Ptoléme'e, découvert à Ement et à Kous, oij une inscription grecfpie atteste que celte princes! régnait avec son fils ; la même reine désignée coi femme de Ptolémée à Gau-Kebir, à Dakké, sur lesl murs du temple de Phiiœ, dédié à Vénus Aphrodite, et sur ceux d'un autre dédié à Esculape, ce qui est tout-à-fajt d'accord avec les inscriptions grecques; le nom de Ptolémée, fils de Ptolémée et d'Arsinoé reconnu sur le beau propylon de Rarnac , avec ceh
ho-
pHOHÉTiQBEs. rg
de Qeopitre; le nom d'Alexandre le che'ri d'Amluon, ti'ouvé avec celui de Philippe; le nom de Ptoléméc, accompagné, à Edfou, du surnom Alexandre et du nom de Bérénice ; les titres Aulokrator, Sebastos, Eusebes, Kaisar, contiimellement ajoutés aux noms des empereurs, mais jamais à ceux des Ptoléméesj les surnoms de Germanitpie , Daciquc , accordés seulement aux souverains qui les portent sur leurs médailles; le nom d'Adrien préfixé, comme il devait Tètre, au nom de l'empereur Trajan ; la plus grande partie des noms des empereurs, depuis Auguste jusqu'à Commode, gravés sur des temples et édifices qui, portant des marques évidentes d'un goût très-con'ompu , comme à Contra- Latopolis,àKolapslii, etc., sontcevtainement plus modernes que les monuments de l'époque desPtolémces; ces noms et ces titres répétés par centaines et milliers dans tous les édifices, dontcliacim néanmoins renferme eeulement les cartoucbes des princes qui ont eu part à sa construction; la légende d'Adrien, sculptée sur une colonne immédiatement après son règne, comme le prouve une inscription grecque ; le nom de Sotcr, répété plusieurs fois en caractères pboaétiquessur la caisse de la momie d'unpersonnageappeléSoler dans l'inscription grecque de la même caisse (pi. V, fîg. 5) (') ; enfin, c«
(<) Ce sarcophage a été décoavert ^ Thèbes et i] appirlieat aujourd'liui au musée Britanaiiiue- L'uas de se» Saaa présente Tidj-
nom phonétique exactement placé après le nom d'Osîrfe^ ce qui s^accorde avec cette opinion du D"" Young ^ que
cription grecque suivante, que M. Sait rapporte eu expliquâut set plaaches , mais sans en donner la traduction.
CwTHP KOPNILVIOY nO\AIOY MHTPOC *IA0YTOG
APX«N0HB«N.
Par une circonstance ioutile à rapporter ici, les mots (syirpoç .^(Xouro; m'ayant embarrassé, je me suis adressé dernièrement, pour en connaître le sens, à M. Letronne, membre de Tlnstitut, dont Pobligeance égale le profond savoir. Ce célèbre philologue m^a aussitôt répondu qu'ail avait expliqué ririscription ci-dessuf dans ses observations critiques et archéologiques sur les représentations zodiacales, bien avant la publication de Vo^ puscnle de M. Sait ; que les deux mots fifirplç yiXouro? sîgnî* fiaient tout simplement ayant Philout pour mère; enfin qae Fon voyait très-souvent ainsi le nom de la mère mentionné après celui du père dans les inscriptions funéraires épyptiennes. Celle dont il s^agit doit donc se traduire de cette manière : Soter^fils de Cor^ nélius PolUus^ ayant Philout pour mère^ magistrat de Thèhes. En appliquant maintenant Palphabet phonétique à la lecture des hiéroglyphes du même sarcophage (pi» V, n" 5) je trouve : Vhomme qui appartient à Osiris^ Soter , défunt^ fils de Alkor-Phîmoui ^ femme» Ici la mère de Soter porte deux noms \ le second seul se trouve dans le texte grec , mais il y est écrit avec un A au lieu d^un M< Ne serait-il pas possible qu^une légère altération dans la peinture du sarcophage eût fait prendre au copiste de l'inscription grecque une de ces lettres pour Tautre!' Je le croirais d^autant plus que Pkimout me, paraît plutôt égyptien que Philout, Le nom liiéroglyphique de la mère de Soter pourrait encore se lire Phioutj si Ton regarde le troisième signe représentaot un oiseau, non comme une chouette, M , mais comme une caille^ laquelle exprime ordinairement la diphthongue ou. Peut-être au surplus me trompé-je dans
PHONÉTIQUES. at
les noms des défunts doivent suivre celui de ce dieu dans les papyrus funéraires : tous ces faits et beaucoup d^autres analogues, non moins frappants , présentent un concours de témoignages auxquels mon esprit ne saurait résister j €t plus ils seront examinés , plus ils établiront et prouveront Pexactitude de Falphabet phonétique et la vérité des résultats auxquels M. ChampoUion est parvenu (').
Pour être à même de déchiffrer les noms pharaoniques xpii vont nous occuper, il est essentiel d'observer qua dans presque tous les exemples placés sous mes yeux ^ où les empereurs et très-^souvent les Ptolémées sont désignés , le nom du prince est renfermé dans le second cartouche, le premier contenant ordinairement ses titres mystiques ou autres 5 et que la guêpe et la plante se trouvent avant le premier cartouche, et l'oie du Nil et Je globe avant le dernier. Il est presque impossible |
Tane et Pautre manière dont j^interprète les signes de ce nom : quant à celui de Soter , il n^ofifre aucune espèce de difSculté.
(1) Parmi un grand nombre de faits que ne connaissait pas encore M. Sait et qui ne laissent aucun doute sur la solidité du système d« M. ChampoUion, j^en citerai un seul , tiré d^un mémoire de M. de S. Quintino, conservateur du musée royal de Turin (Turin 1824)* Ce musée possède une momie dont finscription hiéroglyphique se lit sans la moindre difficulté : Vhomme défunt appartenant à Osiris , Péte'ménofi^ né de Tacui^ mort dans la cinquième année de son dge^ ajrant vécu quatre ans^ huit mois et dix jours; et rinscription grecque correspondante porte : sépulcre de Pété-* ménojî^ qui vécut quatre ans , huit mois et dix jours*
diaprés cela, que cette oie et ce globe (pi. m, fig. d) puissent signifier /ils de^ comme le suppose le D' Young5 car alors la lecture, en plusieurs cas, devîen-» drait vide de sens. Je citerai pour preuve les cartouches où Alexandre est nommé, à Kamac ^ ceux qui contieii^ nent les titres et le nom de Philippe y les titres et le nom de Cléopâtre , à Kous et ailleurs , omettant de rappeler une multitude d^autres exemples qui appartiennent à la même cathégorie. Cette considération me frappa il y a quelques années, et me fit penser que Foie et le globe devaient être considérés séparément j or, le premier de ces signes^ en s'en rapportant à Horapollon (*) , veut dire fils , et tout porte à croire que le second représente Ré ou le soleil 3 les deux ensemble peuvent donc admettre Tinterprétation de fils du soleil. Ce même titre « o Yioç HAeou » étant placé tout juste avant le nom de Ptolémée dans Finscription de Rosette, ma conjecture devient encore plus vraisemblable (•). Elle est enfin entièrement
(*) HorapalloD dit : €filium volentes significare vidpanserem € pùigunt^ > et ajoute ce fait aujourd'hui bien connu : « Les vieilles c oies restent avec leurs petiis dans le plus iuimineot danger, au risque « de leur propre vie , ce dont j''ai Hioi-méme été souvent témoin »• yuîpanser est Toie du ISil , et dans tous les temples où cette oie est représentée en couleur , la ressemblance peut être facilement remarquée. (Sait.)
\^) Beaucoup de Pharaons et de Ptolémées ayant succédé à leurs pères , toutes les probabilités portent à croire que, parmi les nombreuses légendes royales déjà connues , se trouvent à la fois les noms de quelques monarques et les noms de leurs fils. Selon le
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confirmée par la découverte que j'ai faîte à Dakkë, à Thèbes , à Ele'thya , à Elephantine et autres lieux ^ du mol Jils de'signé par Toie et le carré long , signe du genre masculin (pi. III , b ^f^ g) , et dumot^//e, exprimé par l'oie et la partie supérieure d'un cercle , signe du genre féminin, (pi. III, k).
L'oie et le globe sont fréquemment remplacés par un globe entouré d'un serpent, image reconnue du soleil, auquel sont ajoutés un œuf (pi. III, c) et le carré long, lorsqu'il s'agit d'un roi , et un œuf avec le demi-cercle quand il s'agit d'une reine 5 et certainement , quoiqu'en pense le D^Youug, l'oie est plus naturellement représentée par l'œuf que par le globe et le serpent. Je vaiâ rendre compte d'une autre circonstance qui , je crois , satisfera les plus incrédules.
Sur le côté le plus élevé d'un temple, à Philae, Je découvris deux inscriptions , chacune composée de deux parties, l'une en petite écriture hiéroglyphique , l'autre en caractères démotiques , et elles me semblèrent avoir une grande analogie avec l'inscription de Rosette. Mal-
D' YouDg , le premier cartouche de la légende de chaque père devrait occuper la seconde place dans la légende du fils. Or , cette cir^constance n^a pas été remarquée une seule fois. Une autre objection encore plus forte contre le système du savant Anglais, c'^est que le groupe quMl regarde comme l'expression du mot fils , précède des noms propres d^empereurs qui n^ont jamais eu d'^enfants , ou dont les enfants n^ont jamais gouverné PËmpire romain. ( Voir le Précis du sj-st. hiçroglyp. de M. Champ. , pag. 181 et suiy).
heureusement elles avaient beaucoup soufTert et étaient presque effacées par des figures et par de grands liiéro— gljpljcs sculptc's subséquemment sur les murs.
Dans mon dernier voyage, néanmoins , à l'aide d'une échelle, avec de grandes difficultés, et après plusieurs jours de travail, je suis parvenu à copier une grande partie de la première ligne (pi. V, fig. i) et les deux dernières en entier de Tune des inscriptions (ph V, fig. 2) j et par le plus grand bonheur, dans le fragment de la première ligne nous avons la formule complète qui manque dans Finscription de Rosette, et qui est ainsi conçue : « Le fils du Soleil^ Ptolémée immortel^ chéri « de Pthah^ dieu illustre^ fils du roi Ptolémée et de
< sa sœur (*), remplie de sagesse^ Cléopâtre^ dieux
(i) Cléopâtre ne pouvait pas être sa sœur , si le Ptolémée Ici menlionoé était Ptolémée Ëpiphane, et cela semblait eu cootradic-^ tien avec la maoière dont j'explique le texte ^ mais j'^ai appris depuis , en lisant un ouvrage de M. Letronne , qu'ion se servait de celte appellation lors même qu^il n^y avait aucune parenté : < de
< ce caractère, si décisif en apparence , on ne peut rien conclure,
< depuis que j'*ai établi par des preuves irrécusables , que les femmes
€ dos Ptolémées prenaient , dans les monuments publics , le titre € de sœur , à§zl<fri , bien qu'elles fussent parentes de leurs « maris à un tout autre degré, ou. même qu'elles ne fussent en att- € cune façon leurs parentes ^ ainsi nous avons trouvé que ce titre
< de sœur fut donné à CléopÂtre , femme de Ptolémée Épiphane ^
< et qui ne lui était parente à aucun degré, étant la fille d^Antîo-
< chus II, roi de Syrie :»• Et cV>st précisément ici le cas. Becherches pour servir àriiistoire de l'Egypte, Lelrouue, page 34B. (Sait).
PHONÉTIQUES* «iS
ÉpiphancSy » et dans la dernière ligne nous trouvons i « en lettres de la contrée et en lettres des prêtres ^^^ dé € la première j seconde et troisième classes y sur les-^ c quels est sculptée V image du roi rempli de sagesse^ <s^Jils du Soleil^ Ptolémée^ et de la reine sa femme « Cléopâtre , dieux hienfesants » (*) \ et ici , fils du
(*) 11 serait très-possible que le décret ci-dessus fut celui dont fait mention Tinscriptioa sculptée sur le piédestal de Tobélisque dâ M. Bankes. (Sait).
M. Sait , quand il hasarda cette conjecture , né savait pas qud le texte grec des décrets royaux mentionnés dans cette inscription avait été reconnu sur la partie supérieure du piédestal, depuis son arrivée en Angleterre. Les lettres sont bien peu lisibles , ex-» cepté à la faveur de quelques indices particuliers \ et la raison ea est qu^eiles ont été tracées sur la surfuce plane du granit en couleur seulement , ou , plus probablement , avec une préparation oléagineuse propre à recevoir la dorure; car une semblable dis-* linction pouvait paraître due à cette marque de la faveur royale. Il serait peut-être difficile , dans toute autresupposition , d'^expliquef pourquoi les plus importants documents sont tracés sur la sur-' face seulement , tandis que la requête originale est profoedément taillée dans la pierre. La formule de ces décrets (car il y en a deux) n^a aucune analogie avec Tinscription déchiffrée par M. Sait. Ils présentent les n«ms du roi Ptolémée et de deux reines Cléopâtre; Fun est adressé aux prêtres , en réponse à leur supplique , et Pautra est une copie de la lettre de ces souverains ( sollicitée dans la mê" me requête ) à Lochus , gouverneur de la Thébaïdc.
Le premier consiste en sept lignes , mais la partie supérieure étant un peu mutilée , il peut s^être étendu originellement jusqu^à neuf; le secoad a huit lignes. Ils n'^ont pas encore été rendus publics ^
2(y SUR LE SYSTÈME DES HIÉROGLYPHES
Soleil csl represeiité par l'oie du ]N'iî et le globe, etjils
par Toie cl le carré lon}^ (').
quoique 31. Bâukes les ait communiqués à plusieurs de ses amiSi (Bai.kes). (*).
(*) LoDj^irmps avant la dccoiircrtc de ces documents, M. LietroBDC, membre de rinstilut , avait annonce qu^on les trouverait sur l'une de» faces du socle. (Voir le Journal des Savunls , novembre l8a4 y cL 1c0 Becherclies pour servir à Thistoire de TË^ypte.)
(i) La traduction que M. Sait donne du fragment de la première ligne de cette inscription, pourrait, ce me semble, s^inlcrpréter de deux manières. Peul-clre donc ai-je mal rendu sa pensée. Eu sVn tenant à ma version, le Plolémée auquel se rapportent les hiérogIy-« pbes serait Évergète II , fils de Ptolcmée Épiphane et de Cléopâtrey fiJie d*Antittchus. Cestà lui que s^adresse la supplique des prêtres dTsis, gravée sur le socle de l'obélisque de M. Bankes. La dédicace de la chapelle de Vénus , à Philse , porte aussi le nom du même prince. Mais ce n'^est pas sur les murs de ce petit monument qu^a été trouvé le décret dont il s^agit ici, il provient du grand temple d'Isis , comme rindique M. Sait dans l'explication de ses planches. Quoi qu^il en soit, je crois que le savant explorateur anglais a mal interprété plusieurs signes, entre autres le groupe qu'il traduit d^a-*
bord par illustre et ensuite par hienfesant , et qui , selon M.
ChampoIIion , signifie Epiphane* A Evergète II , il faudrait , eu conséquence , substituer Ptolémée Epiphane. Mais alors la première Cléopâtre mentionnée devrait être considérée comme la femme die ce dernier roi , et non comme sa mère \ car celle-ci s^appelait Arsinoé , et Tin.^cription se lirait de cette manière : « Le fils du
< Soleil^ Ptolémée^ chéri de Phtah , dieu Epiphane^ fils du roi € du peuple obéissant , Plolémée , et la présidente et dominatrice €du monde , Cléopâtre^ dieux en lettres de la contrée et
< en lettres des prêtres Je /^ i*^*, 2* et 3* classe^ sur
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Une autre circonstance encore confirme ma conjecture. Je possède un beau monument de marbre où les caractères de Tun des cartouches (qui contient probablement le nom) ont été raturés avec intention ^ ce cartouche est le second, le premier est resté intact. J'ai observé le même fait sur divers temples ^ le nom du fondateur y a été remplacé par celui d'un Ptolémée , niais les titres du premier cartouche ont été conservés , comme convenant, je n'en doute pas , aussi bien à un Ptolcmce qu'à un Pharaon ('). On trouve à Beni-Hassan le nom
c lesquels est sculptée V image du roi du peuple obéissant , seî^ € gneur du monde ^Jils du Soleil^ seigneur des trois régions^ PtO' c lémée^ et de la déesse présidente et puissante dominatrice du c monde , Cléopâtre^ dieux Epiphanes , vivijicateurs , etc >. Tout ceci au surplus étant fort douteux ^ je ne présente mon opinion qu'avec crainte, et je laisse à de plus habiles le soin de décider la question en dernier ressort.
(') Il ne me semble pas aisé de rendre compte d^un fait siogulîer premièrement remarqué par M. Bankes dans le temple de Louqsor et ensuite ailleurs : je veux parler de la rature systématique d^un certain caractère partout où il entre comme partie intégrante d'^un nom particulier. On en voit un exemple frappant dans le muséum Britannique ) sur une statue assise de pierre blanche , donnée par M. Sait, laquelle en cinq ou six endroits présente deux cartouches affrontés. Le premier caractère du second cartouche est à dessein martelé ; cette circonstance est d'autant plus remarquable que c'est précisément le même nom qui a subi une pareille mutilation à Louqsor, et qui est aussi donné, dans un pareil état , (pi. 4, de M. Sait, n** i3) comme venant du désert oriental. M. Sait lit le nom en question : Aménoplu Devons-nous en conclure que le
d'un prince el ses titres compris dans un seul cartouche^ (pi. 4î fig- 22) (*) avec la giicpc et la plante, Toie et le globe, places dans Tordre ordinaire. Ce nom est celui du roi Misarte, (*) (^) qui érigea Tobclisque de
premier caractère ne fut pas employé comme une lettre, mais comme une marque dlionneur ou de superstid'oui' ou bien que la lettre efTa— cée avait été gravée par erreur, on avait subséqucmmcnt offert quelque aUéralion dans rorlliograplie du nom ? La première supposition semble la plus probiibtc; néanmoins on doit remarquer que le Dam jtmenoph peut avoir été quelquefois écrit Phaménoph^ comme le mois égyptien^ à moins que le Ph^ en cecas, ne soit simplement Tarticle copte préfixe. Le caraciùrc si soigneusement effacé paraît avoir été une figure mâle assise, ressemblant à celle d'^Orus. (Bankes). (*)•
(^j Une belle statue colossale du musée Royal de Turin prëseutc uu convoi exemple de cette mutilation. (Voir la deuxième lettre à M. de Bla— cas, par M. Champollion, et un me'moire intitule': Osservazioni sul nia^^ giore colosse del rrgio museo fgiziano , del cay. Giulio di S. Quintino ; Toriuo, i8'j4)> H est bien reconno maintenant que le caractère mutile était une figure d'*liomme ou de lion à lète dVpervier, orue'c de deux pltbmes, image ordinaire du dieu Mandou^ et comme les signes phonétiques qui viennent ensuite expriment la diphtliongue ei , le nom du roi auquel ila^ appartiennent doit se lire Mandou-ei, Plusieurs rapprocliemcnts semblent faire reconnaître dans ce prince relui que les historiens ont appelé Osimondias. J^ignore d''après quelles données M. Sait, au lieu de Mandouei^ a pu trouver Amcnoph^
(1) Ce fait fut premièrement communiqué à M. Sait par M. Ban- Les, eu même temps qu'Hun autre exemple semblable, plus remarquable encore ) tiré du grand temple de Karnac. ( Bankes).
(a) Tl est écrit Mes très dans le texte admis de Pline ^ et Mitrè& dans Kircber ( Manuscrit du Vatican). (Bankes).
(^) M. Suit a négligé les deux derniers signes de ce nom royal et.
PHONÉTIQUES* 2g
Malaria. La preuve que les cartouches doubles ^ mcme ceux qui se rapportent aux anciens souverains , conlien^ nent le nom et les litres d''un roi seulement, est ofTcrte par la petite table de granit du Sphinx , où les deux cartouches sont remplis par le nom de Ramsès Thouthmosis^ et viennent après la guêpe etla plante , sans rintervcntion de l'oie et du globe ; il est remarquable que ces deux derniers signes ne se trouvent dans aucune partie de la table.
Je considérerai donc comme un point clairement établi, que Foie et le globe signifient j^/^ du Soleil^ et non fils de , ainsi qu'on Tavait jusqu'à prc'sent supposé.
Un savant très-versé dans l'étude des langues anciennes, le D'Murray , dont la mort précoce sera long- temps regrettée, a remarqué que les noms des Pharaons arrivés jusqu'à nous , sont tous dérivés des noms des divinités égyptiennes (') 5 il s'ensuit donc que, pour arriver à uno connaissance précise de la formation des noms royaux, nous devons d'abord chercher à déterminer les signes et les figures qui représentent ces divinités ^ recherche d'au-*
a donné au premier la valeur de la lettre M, tandis qu'ail exprime véritablemeat la voyelle O, oula diphthongue ou. Ainsi , au lieu de Misarfe^ on doit lire Osortasen , second roi de la 23* dynastie» appelé Osorthos ou Osorthon par Manéthon.
(■) Les Pharaons prenaient des noms de divinités , et les plus anciens prouvent par leurs titras la haute antiquité de la superstition nationale. (Voyez Texposé sommaire de la Mythologie de» Egyptiens , appendix au a* vol. de* Bruce). (Sah).
30 SUR LE SYSTKME DES TIlKnOOLYPHES
laiUi)lus Utile que les imn^es des dieux entrent dans les titres dos Plolemees etdes empereurs romains. Cellecon-. sidéralion me détermina, durant mon dernier voyage^ à faii e de ee sujet une élude qui l'ut couronnée de succès, cl me mil en état de trouver les noms hiéroglyphiques , reconnus phonétiques aujourd'hui^ de quelques divinités. Lorsque je m'occupais ainsi , j'avoue que ma patience Tut souvent sur le point de me manquer^ je trouvais en ellct, dans chaque temple, le même nom représenté de diveises manières, tantôt par des hiéroglyphes, tantôt par les images ou seulement par les çceplres de certains dieux 5 néanmoins, comme je remarquai qu'il y avait toujours luie espèce d'ordre au milieu de cette apparente confusion , je persistai à poursuivre mon projet, et j'eus la satisfaction de réussir eu examinant et en copiant une grande quantité de cartouches et de noms dans les édifices ci-dessous indiqués, ainsi qu'à Philae. Je m'étais précédemment occupe, en Nubie , de recherches semblables , maïs pas autant que je l'aurais désiré,
A Thèbes, je fus particidièrement frappé de larépé^ tilion des caractères et de la figure qui, j'en ai maintenant la certitude, représentent l'-^mon theT^ain, ou Amon-Ré^ mais que j'attribuais alors à P^re seulement. Il semble en effet avoir été presque toujours préfixé aux noms des rois Diospolitains.
Avan t de procéder à l'explication des noms phonétiques des dieux égj^tiens , il est a propos de vous ins«
PHONÉTIQUES. 3l
tiniîre d'une dccouverle întermcdiaire qui prouve que les caractères phone'tîques furent usités en remontant au moins jusqu'au règne de Psammétique. JWaîs été vivement frappé de Fidée que ces caractères ayant servi à transcrire les noms des rois étrangers, tels que les empereurs romains et les Ptolémées, pouvaient aussi avoir été employés pour exprimer les noms des souverains Ethiopiens , conquérants de l'Egypte (laissant de côtelés rois persans dont je ne m'attendais pas à trouver les légendes , attendu la haine des habitants contre ces ennemis de leur religion) 5 et vous devez imaginer le plaisir que je ressentis lorsque je rencontrai dans mes dessins d'Abydosle nom de 2ABAKO (pi. IV. fig. 24) ou 2 AB AKO*0, avec la terminaison trouvée depuis dans AMENO$0. Mais ma découverte ne s'arrêta pas làj autrement j'aurais pu conserver des doutes sur l'exac-titude de mon application des caractères phonétiques dans cette circonstance. Quelque temps après , le dessin du derrière d'un petit portique (') , à Médinet-* Abou , m'offrit le pom de TIPAKA (pi. IV, fig. 26 , 27) , assez clairemem exprimé en caractères qui m'étaient devenus familiers , pour ne laisser aucun doutai ce sujet* Une simple ligne horizontale , il est vrai , exprimait le T, variante que je n'avais pas encore rencontrée, mais cette difficulté fut bientôt applanie; car je trouvai le
(0 Sur le fronton da portique le nom a partout été efiacé et remplacé par celui d^ua Ptolémée. (Sait )•
inême nom écrit avec une main sur un dessin exécuté i Birkel (probablement Napata) en Ethiopie, et que M. Linant , employé par M. Bankes à voyager dans cette intéressante contrée (') ^ a eu l obligeance de me corn-
(i) M. Adolphe Linant, né en France en 1799 , avait été ofïîcier de marine au service de son pays , et accompagna en Orient MM. de Forbin et Prévôt , dont il se sépara à Alexandrie. Ensuite il fit le voyage de la Haute-Egypte et de la Nubie avec MM. Sait et Bankes. £n 1819, il s^engagea à voyager pour ce dernier , qui retournait alors en Europe , mais désirait ardemment que ses recherches fussent continuées. En conséquence , en 1820, M' Linant consacra deux mois à un voyage dans TOasis d^Âmmon , et passa plusieurs semaines de la même année au milieu des ruines curieuses voisines du mont Sinaï. La découverte de Méroé , toutefois , était la principale tâche qui lui avait été assignée , et, en 1821 , il se mit en route pour remplir à cet égard les intentions de M'. Bankes. Le 22 février 1822 , il reconnut les ruines magnifiques de cette ancienne capitale, que M** GaîUiaud n'avait pas encore visitées , non plus qu^aucun autre voyageur Européen. M" Linant revenait alors du royaume de SennÂr et avait pénétré dans le royaume de Faznelo y jusqu^au 1 2* degré de latitude nord. Il retourna au Caire dans l'été de la même année , et il se trouve maintenant en Angleterre oii il a rapporté quantité de notes et une très-belle collection de cartes^ plans et dessins. Quant au nom intéressant fourni par ce voyageur k M. Sait , M. Bankes le possédait déjà ; il Pavait trouvé sur un fragment détaché à Schatourmeh , en Nubie, et à Thèbes, sur le très-petit propylon du moindre temple de Médinet-Abou : € On ne € peut néanmoins Papercevoir que dans Tintérieur du monament| € puisquHl a été raturé partout où il se trouvait sur le fronton. Là € il a été remplacé, par le nom de Ptolémée* Nous possédons ainsi c une donnée relativement à Pépoque et à Pobjet de cette ntutilan.
>HONÉTIQtJES. ^5
munîqiier. Ainsi se trouva confirmée la relation historique du Livre des Rois , le nom de TIP AKA n'étant pas autre que celui de Tirhakah , roi d'Ethiopie , qui fit la guerre à Sennache'rib , roi d'Assyrie , et tous les doutes furent lèves relativement à ce souverain , dont plusieurs savants d'une haute réputation s'étaient plu à nier l'existence. Je fais particulièrement allusion à Péijizonius et à son savant commentateur : le premier , en effet, regarde Sabako et Tirhakah comme un seul et même souverain, ces deux noms ^ dit il ^ ayant peu de différence eifytr'euxQy^et le second s'efforce de démontrer, en citant Joseph , que Tirhakah était un arabe (•). Ma découverte de ces deux noms prouvait en outre, à ma grande satisfaction , que l'usage des lignes phonétiques remontait à sept cents années avant l'Ere chrétienne, c'est-à-dtre au temps du prophète Isaïe.
« lion >• Cette note écrite sur le lieu même , par M. Baokes, ta 1818, concorde exactement avec ce qui a été remarqué par M. Sait dans le texte. ( Baukes ). (*).
(^) Dans rintérét de M. Caillûud, je dois relever 11110 erreur de M. Bankes. Que celui-ci ouvre le second volume du texte du Voyage à Méroé , et il se convaincra que notre courageux compatriote se trouvait au milieu des ruines de cette ville célèbre le a5 avril i8ai ,c^est à-dire 10 mois avant M. Linant*
(1) < CrediderimSahaconjm et Taracum eundemjiusse regem; « rationes haheo muîias ^ nempe ^ quia internomina Sabaconù € et Taraconis exigua prorsus est differentia^ etc.
(>) « Porro sicredamuMJosepho^ Rex ThîrhacaArahs^ non Afr^ « canus ^hiops/iàU"». Hérodote s'accorde avec rÉcriture Saiore eu le désignant comme an graad cooqaéraQt Éthiopîeo. (Bankcs }.
34 StJR lE SYSTÈME DES HIÉROGLYPHES
Presque en même temps je remarquai un autre car* touche trouvé sur les rocs de granit à Éléphantine et sur une colonne tombée de la façade du grand temple de Kamac ^ où il était recouvert par la légende d'unPtolémée, et il me donna le nom de IIIÂMITIK (pi. IV5 fig. 3o, 3i) , dans lequel le seul nouveau caraotère a la forme d^une pairg de pincettes et exprime la lettre T dans le nom de Domitien ( pi. II, n® 12). Le même nom se voit sur un des petits temples d^Eléthja | et, comme je le reconnus ensuite, sur deux beaux mo^ nimients , Pobélisque Campensis et Tobélisque de Monte- Citorio , dont le volumineux ouvrage de Ziocga renferme les gravures^
Je ne dois pas omettre de faire remarquer que les noms de ces rois sont encadrés dans le second ovale ^ et que le premier paraît contenir des titres mystiques.
J^indiquerai à présent les principales divinités égyptiennes que j'ai été à même de reconnaître ^ les formes sous lesquelles elles sont représentées ] leurs légendes hiéroglyphiques, et leurs noms phonétiques. L'étude de ces images et de ces caractères est indispensable : c*est par elle seule que nous parviendrons à lire les noms gravés sur les plus ancien^ temples lors de la construction de ces édifices.
Hérodote fait mention de huit divinités plus anciennes que les autres \ leurs noms , à ma connaissance , n^ont pas été jusqu'ici exactement déterminés , mais selon mon opinion, ils ne sauraient être que Gneph, Neith, Phtfaa| Amon, Phré| Athor, Boute et Mendès.
PBONETIQUESt
A la tête de ceux-ci nous pouvons placer Cneph , appelé aussi Ich-Neuphi ou Cneiipt (pi. III, Aj, et dont Porphyre donne la descripllon suivante: «hujus « porro Kvïjy imaginem liuniana forma depinguni, « colore cteruleo , zonam tenentem e t sceptrum , pennam « geientem in capite ; ovum ab ore producit a (juo nas- « ciiur Deus quem /Egyplil Plliaj Grœci Vulcanum « vocani s -
Son image, conforme à celle descripdon, n'est pas rare dans les temples de la Haute-Egypte (pi. III, A, n". 4)i Pt les hiéroglyphes par lesquels il est représenié sont le poulet tourne' vers une plume d'autruche (pi. III, A, n" i), ou la plume seulement, soit avec une figure accroupie (pi, III, A, n" 2),soit avec le pavillon, signes exprimant Dieu (pi. III, A, n° 3). A leur suite viennent pres^ie constamment l'oie et le globe, ou l'oie avec le globe et le serpent , qui signifiout :fils du Soleil.
Ce dieu, dont le nom phonétique est incertain, ne fait qu'un avec l' Agalhodœmon , qui, sous la forme du serpent sacré (pi. III, A, 7, 8) , orne les coniiches des temples , s'élève en avant du diadème des dieux et des souverains, couvre en partie leur habillement, tient une place apparente dans leurs niches , et se ti'ouve enfin attaché à chacime des choses qu'on voulait recommander à la protection du hon génie ('). Il entre également sous celle image dans la célèbre union du
(■) Ce fait esi cilO par HorapoUon. [fiah ).
3g sur le SYSTEME DES HIÉH OCLYP HE«
globe, des ailes (') et cl»i serpent, qui sont placés à Tentre'c de tous les temples d'îigvpie. Le premier signe est remblème de Phré , le second des déesses ]\eîlh et Maut ou Bouto, et le dernier de Cnepb 5 leur combiuai-i son peutj en conséquence, sîynilîer : le Soleil couvert par les deux firmaments (•) et eiweloppé par le bon génie de Piinivers (^).
Neitli (pi. III, B), dont je parlerai en second lîeu^ et qui paraît en quelque manière être unie à Cneph, est une des gi'andes divinités représentant le firmament. Son nom phonétique s^écrit de deux manières difierentes^
(») Ailes de Vautour.
(>) Pour Texpression deux firmaments , je m^«n réiere aa mode graphique de décrire les cicux, pratiqué par les ÉgyptieDS. Les deux \
figures aloDgées sont sculptées Tune au-dessus de Tautref daoa une coinpositioo fort intéressante , sur le plafond du grand portiqne à Philae. La plus basfiC) ou celle qui entoure le plus îmooiédlattmeDt le globe ) représente , je crois , Maut ou la Mère^ et la plus élevée^ Neith ; ce qui pourrait s^accorder avec Tassertion d'^HorapoUoD € quonîam videtur apud JEgj-ptios Mirierya quidem superius cœli € hemisphœrium occupasse , Juno vero inferius >. La dernière est évidemment Maut ou Bouto« (Sait).
(3) Le véritable nom phonétique de Gneph est ordînaîremenC exprimé par un vase, N ^ et un bélier Z^, F; ou par un Tase^ une caille ^Ouy et un bélier , ou enfin par un vase , une caille et une chouette ) M; de sorte qu^il peut se lire Ntu ou Nef^ Nouf ou Noub et Noum. Les hiéroglyphes donnés par Tau— teoT appartiennent à TUercuie égypiicu Sou ou Soou, Il en est de
avec la ligne brisée, N , deux plumes £, E, et la moitié supérieure d'un cercle, T (pi. III, lo, B), ou avec uii vase^N, et la partie supérieure du cercle, T,ou0(pl. III, B, 9, 11, i3). Ces signes sont généralement suivis d'un hiéroglyphe, qui , signifiant le ciel , se trouve souvent rempli d'étodes ( pi. UI , B , 1 7 ) , et se transforme quelquefois en une des figures alongées dont les représentations Zodiacales offrent l'image. Les emhlêmes hiéroglyphiques du firmament forment aussi utie sorte de dais au-desstis de chaquescène principale sculptée sur les monuments égjp* tiens. Neith est encore représentée par une figure humaine à tête de lion (pi. III, i4, i5) : elle est alors la compagne de Cneph^ et Poîe, le glohe et une distinction féminine , groupe ayant la signification dejîlle du Soleil, sont ordinairement annexés à son nom phonétique (pi. in, B, 12). Sur une caisse de momie en ma possession , cette divinité, sous la forme d'une figure alongée, est supportée par Cneph , qui se tient debout sur une autre grande figure couchée ^ cette dernière désigne probablement rÉgypte ou le globe terrestre (pL IIIj B, .6). (•).
Il - I - - - ^
même des figures qui portent une plume arrondie sur la tê^e. Quant aux n"" 7 et 8 , ils peuvent designer Cneph , considéré conme le hon génie (ÂyaOo^ae/xwv)*
(<) La légende ordinaire de Neilh (emblème du principe générateur femelle de la nature ) se compose du segment de S[)hère, T, article fémiuin de la largue égyptienne, et du vautour, symbole de
Je classerai au troisième rang dos plus anciennes dîvînite's Phlas ou Plitah , Phta ( pi. III , C). Son nom phonétique se compose d^un carre ^ * , du segment de cercle^ T, et d'une espèce de cordon tressé ^ A(';. Le D*" Young a traduit ces caractères (pi. III, C^ 18) par le mot chéri y mais je suis entièrement persuadé qu'ils représentent plutôt Phta, et que le signe hiéroglyphique^ la houe , qu'il donne pour le nom de ce dieu , veut dire MI, ou cUme^ chéri ^ comme il l'a assuré lui-même en parlant d'un des rois Ramessès-mi-Amon ('). Plusieurs remarques confirment d'ailleurs cette assertion. On trouve souvent la houe changée en une espèce d« civière, hien connue pour avoir le son de la lettre M 5 très-souvent aussi elle est suivie par les deux plumes avec lesquelles
la maternité, et première lettre da mot Mout^ mère. Cette légeode se lit Tmout^ la mère. Les groupes pbonéti'|ues de la colonne B (du moins les n"" 9 et i3) sont autant de variantes du nom de Netpé^ Neiphé ( la Rhéa égyptienne ). On doit reconnaître dans les figures léontocéphales 14 et i5, la déesse Tafné^ Tafhet , sœur et compagne de Tliercule égyptien. Les trois personnages du n° 16 représentent Sôou (la force divine) soutenant Tpé ( le ciel ) au-<iessus de Nctphé ( la terre , le globe ).
(>) Ce caractère , dans le groupe représentant le firmament , est remplacé par une petite figure accroupie et par la chaise , qui constitue une partie du nom d'^Lis. (Sait). (*y
(^) Le cordon tressé , dernier élément du nom du Vulcain égyptien , n^est pa« un A, mais un H [Iwri), Ou doit lire en conséquence Piitah au iicu de Phu.
(0 Appendîx à l^ncjdopédie, article Egypte. (Sali).
PHONÉTIQUES* 3g
elle forme exactement le son MI; enfin elle se mon<tre jointe aux noms de différentes divinités autres que Phtah, et ne peut exprimer que chérL Une autre circonstance remarquable en faveur de mon application de ces caractères ( le carre ^ le demi-cercle et le cordon tressé), c^est que sur la belle tablette de granit placée au-dessous du spbinx , ils sont renfermés dans un carré (pL III, G , 26) comme le sont quelquefois les noms des dieux et spécialement les noms des rob déifiés. Pbtah, selon HorapoUon, a pour emblème un sca«rabée, et j^ai remarqué dans les temples une divinité à figure bumaine , ayant sur la tête un scarabée quelquefois renfermé dans le globe entouré du serpent (pi. III, G, 24)* ^ grande divinité de Mempbis, représentée sous la forme dW pygmée (1) , porte aussi un scarabée sur la tête^ et, bien certainement, est Timage dePbtab^ ( pi. in, G , 25 ) comme le prouve ce passage d'Hérodote j relatif à la dérision avec laquelle Gambjse regarda la statue de ce dieu : « car cette statue de Yulcain est fort «semblable à ces dieux que les Phéniciens appellent € Udraixotj quHls portaient en avant de leurs trirèmes , et € que je puis seulement décrire comme des pygmées à ^formes humaines à ceux qui ne les ont pas vus. » Dans un temple , à Philâe , une divinité avec deux bras sur
(1) Les figures de ce pygmée sont très-communes en porcelaine^ et se M^uveol^articuiicieuieul dans le voisinage de Mempliis. (Sait)*
40 StJR LE SYSTÈME DES HIÉROGLYPHES
la tête a devant elle le nom phonétique de Phtah (pi. III^ G) 25)^ sans aucun autre hiéroglyphe.
Tient ensuite Amon (pi. lU, D), communément représenté par une figure dliomme ^ de couleur noire j avec une tête de bélier , surmontée du globe et du serpent. Ses hiéroglyphes sont un poulet ou un bélier^ tourné vers un vase (pi. III^ D, 3/\ ). 11 est aussi désigné par une petite figure accroupie à tête de bélier. Mais le Jupiter thébain ou Ammon revêt les fi^rmes d^une figure humaine parfaite 3 sa couleur est noire j il porte une coiffure parlicuhère , composée d'un globe et de deux longues plumes. Son nom phonétique est écrit avec une plume , A (pi. III , D , 38 , 3g) , une sorte de couronne^ M (•) , et la ligne brisée, N (pi. III, D, 3o) ; où bien avec Tœil , la civière et la ligne brisée ( pi. III, D, 3i )• 11 est suivi très-fréquemment du globe etd^un petit carré long, et alors il se lit sans aucun doute Amon-Phré. Sans cesse il revient dans tous les monuments diospolitains et forme une partie des noms de presque tous les rois de cette dynastie : celte figure est commune en bronze*
Bien que je place ici le dieu Phré(pl. HE, E) ou PhW, le Soleil^ j'ai plusieurs raisons de penser qu'il occupait le second rang, au moins, dans cet ordi*e le plus élevé de divinités égj ptiennes. 11 est généralement
(1) Cet le coaronne est quelquefois gravée, peut-être par négli* geuce , sans pointes. (Sait).
l>HO*ÉTI<JUÉS. 4^
désigne par un globe (pi. III, E, 4^) entouré d^un serpent (pi. IH^Fa^ ^i)^ et ses hiéroglyphes se composent du même emblème et d'un petit carré long vertical (pi. III, E, 4^)9 signes qui doivent peut-être exprimer PAre, phonétiquement. Ses attributs semblent enveloppés dans le plus profond mystère, et il est douteux qu'on lui ait jamais donné la forme de quelque figme terrestre , à moins que ce ne fût celle du faucon (pi. III, E, 45 ) (pris aussi pour emblème des divinités inférieui'es); car nous observerons que dans les cartouches des plus anciens rois , le globe est ordinairement changé en une petite figure accroupie à tête de faucon (pl.lll ^ E, 43)* surmontée du globe joint au serpent.
Athôr (pi. III, F) a la forme d'une femme avec une coiffure (pi. III, F, 48) particulière; composée d'un globe qu'embrassent deux conies minces et que surmontent deux longues plumes. Elle est aussi la mysté-^ rieuse déesse, qui, représentée par l'image sacrée d'une vache (pi. III , F, 5o) , se trouve à la fin de la plupart des papyrus et dails le plus secret sanctuaire des tombeaux. Un faucon renfermé dans un carré avec un petit carré à l'un des angles (pi. III, F, 47) la désigne liiéroglyphiquement. Son nom phonétique , qui est trèscommun, se compose d'une plume , A, du demi-cercle , 6, et de deil» fl^ékr convexes réunies à leurs extrémités, P, (pi. III, F, 46) avec deux petites lignes verticales sous ce dernier hiéroglyphe , pour donner une 'doujjje force à la lettre P. Une fois je l'ai trouvé ex-
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prime par la plume, A , deux lignes horizotitales (peutêtre A, ©) et les deux lignes convexes, P (pL ni, F, Sa). 11 est à observer que Pœil sacré , si fre'quemment ren-* contré sur les amulettes , accompagné de Pappendice que le D*^ Young a pris mal-à-propos pour une larme et une plante , est Pœil avec lequel Athôr, quand elle prend la forme dWe vache, est invariablement représentée.
La septième place appartient à Bouto ou Maut (pi. m , G )• Cette déesse , symbole du ciel , est désignée comme Neith par une figure de femme très-alongée , qui devient quelquefois sa caractéristique hiéroglyphique (pi. m, G, 55). Une ligne verticale surmonta dWe sorte de M, et le demi-cercle (pi. III, G, 54) suivi d^un œuf, composent son nom phonétique. Elle prend aussi la forme d^une figure humaine à tête de lion, et comme Mère^ un de ses titres, elle a pour emblème un vautour (pi. lU , G , 56). Le même oiseau toutefois entre encore dans les attributs de plusieurs autres déesses d^un rang inférieur, ainsi que PafHrme Horapollon (') ^ ses ailes déployées s^étendent
(i) Ayant aussi soavent cité cet antear, je dois avertir que, ti je sui> convaincu par de nombreuses raison^ (pif^e premier livre et la première partie du second sont écrits par une personne très u courant des hiéroglyphes égyptiens, je ne sais pas mmns persuadé que le reste est une méprisable interpolation , excepté peot*étre les U'ois ou quatre derniers hiéroglyphes , qui semUcoÇavor fiôl
PHOSÉTIQDES. 4^
comme ornement au-dessus île ces divinités et des reines, etsa tètes'avancesur leurfront, corame en d'autres cas , celle de rÂgalhodœmon ou Urseus (').
La huiti(:me et dernière des grandes divinités est Mendès (pi. III, H), ou le pouvoir générateur de la nature. Il est représenté par une figure humaine aiec une tête de chèvre placée en avant du front fpl. 111, H, 58) ; et sa désignation hiéroglyphîcjue se compose du cane, d'un petit carré long et d'un poulet tourné vers eux fpl. ni, H, 57). Je ne parlerai pas ici des autres formes sous lesquelles il se montre dans sa capacité génératrice. Son nom phonétique m'est encore inconnu (*).
Je vais à présent jeler un coup d'œil sur les divinités inférieures , et j'indiqueiai leuis noms phonétiques aussi bien que leurs symboles hiéioglypliiquesj cçs deiniers
i placés à la ûa pour 11
des dieux) ett ordîii:
puissante mère , et d'u