‹ Essai sur le système silurien de l'Amérique septentrionaleChapitre 1 sur 74 · RELATIF · texte numérisé non relu

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AU SANTÈME SLRIEN DE L'ANÉRIOUE SEPTENTRONALE

Commissaires : MM. Alexandre Brongniart, Milne Edwards, Dufrénoy, Élie @e Beaumont, rapporteur.

« L'Académie nous a chargés, MM. Alexandre Brongniart, Milne Edwards, Dufrénoy et moi, de lui faire un Rapport sur un Mémoire que M. de Castelnau lui a présenté dans la séance du 25 août dernier. Ce Mémoire, consacré principalement à la description du système silurien de l'Amérique septentrionale, est accompagné de vingt-sept planches, sur lesquelles sont figurés un grand nombre de corps organisés fossiles, ;

« M. de Castelnau a cru devoir, à l'exemple de plusieurs géologues américains, rapporter au système silurien de PAngleterre, un grand système de couches calcaires et dolomitiques qui forme en partie les rivages des grands lacs de PAmérique du nord, et couvre une partie considérable de ce continent.

« L'auteur, qui a sillonné ces contrées dans un grand nombre de directions, à particulièrement exploré la région des lacs, et notamment les bords du lac Supé-

rieur, qui devait lui servir de point de départ pour un voyage plus étendu encore, que les circonstances ne lui ont pas permis de réaliser.

« Le lac Supérieur, le plus vaste et le plus reculé des grands lacs tributaires du Saint-Laurent, est aussi le plus sauvage : séparé des autres par les rapides de la rivière de Sainte-Marie, cest le seul qui ne soit pas encore devenu le domaine de la navigation à la vapeur. On y navigue toujours, comme dans les siècles précédents, dans des canots d’écorce, frêles et légères embarcations que les sauvages, dont les bords de cette mer d’eau douce sont encore peuplés, construisent et manœuvrent avec beaucoup d'adresse. Le lac Supérieur est bordé, surtout vers le nord, par des plateaux ondulés de granite, qui sont coupés à pic, le long de ses bords, sur des hauteurs de 300 mètres, et qui conservent leur verticalité au-dessous de ses eaux jusqu'à une très-grande profondeur. Le plus souvent il n’existe aucune berge sur laquelle on puisse aborder, en sorte qu'il est très-diflicile de débarquer, et que, même pour de minces canaux d’écorce, il n’y a qu'un petit nombre de ports.

« Comme Pavait déjà annoncé M. le docteur Bigsby*, le granite, associé à d’autres roches cristallines d’espèces assez variées, forme aussi les rives septentrionales du lac Huron; le reste des contours des grands lacs est occupé par le système de couches calcaires et dolomitiques, théâtre spécial des excursions de M. de Castelnau, qui en a particulièrement exploré, au sud-ouest des grands lacs, les parties peu connues, situées dans les territoires du Owisconsin, du Michigan et des Ihnois, après avoir étudié celles qui se montrent sur les bords mêmes des grands lacs.

« Le lac Huron, dont les rives septentrionales sont formées, ainsi que nous venons de le dire, par les roches primitives, est divisé transversalement, à peu de distance de ces mêmes rives, par une chaîne d'îles formant un arc d'environ quarante-cinq lieues de développement, et dont la corde en aurait trente-trois. Ce petit archipel a reçu le nom d’{es Manitoulines; il se compose principalement de lle Drummond, de la petite et de la grande Manitouline, et de Ve du Manitou, auxquelles il faut ajouter une infinité de petites îles et d'ilots. L’attention des géologues a été fixée depuis longtemps sur cet archipel, par les descriptions du docteur Bigsby, et par les nombreuses figures qu'il a publiées des fossiles qu'il y a recueillis*. Les descriptions et les collections de M. de Castelnau contribueront à nous le faire mieux connaître.

« L'ile Drummond, qui est la plus occidentale de ces îles, et lune des plus remarquables, a enviroù sept lieues de long sur un peu plus de deux de largeur : on y trouve de grandes masses d’une dolomie compacte, à cassure terreuse, d’une blancheur extréme et dun aspect assez analogue à celui de la craie. Il y existe égale-

1 Notes on the Geography and Geology of lake Huron. — Transactions of the Geological Society of London; 2: série, tome I, p: 175.

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