ROJAS
Après Calderon et Moreto, D. Francisco de Rojas occupe incontestablement la première place parmi les Poètes dramatiques du règne de Philippe IV. On con- ^^it peu les circonstances de sa vie, et il nous a ^ême été impossible de déterminer avec quelque Pi*écision l'époque de sa naissance et de sa mort. 11 ®st certain, cependant, qu'il vivait encore en 1680. -^1 était chevalier de Santiago, ce qui prouve qu'il appartenait à une famille distinguée. Il est à peine ^^cessâire d'ajouter que son souvenir, presque éteint en Espagne pour tout ce qui se rapporte à sa P^i*sonne, bien que plusieurs de ses ouvrages y aient Conservé une grande célébrité, a complètement péri ^^ l'autre côté des Pyrénées. Le nom de Rojas, pas plus que celui d'Alarcon, ne se trouve dans aucun ^^ nos dictionnaires biographiques. De son temps, ^^pendant, il avait obtenu en France une assez
grande popularité : quelques-unes de ses comédies furent ti-anspoi-tées sur notre scène par Rotrou, Scarron, Thomas Corneille et un peu plus tard par Lesage.
Dans le genre tragique, les conceptions de Rojas rappellent la hardiesse et le caractère terrible de certains ouvrages de Calderon. Malheureusement elles sont trop souvent perdues dans un drame informe autant qu'absurde, et par le gongorisine de son style, il dépasse parfois en extravagance les plus étranges écarts de son illustre modèle sans posséder comme lui cette fleur d'élégance, d'imagination, de poésie qui fait illusion sur la décadence da goût.
J)ans ses comédies de Cape et d*épée et de Figuron, Rojas, un peu inférieur à Moreto, reproduit une grande partie de ses éminentes qualités et semblas'être proposé de marcher sur ses traces bien plus que sur celles de Calderon ou de Lope. Comme lui ,.^ il brille par la peinture des ridicules, l'intérêt fe> ^ l'agrément de l'action, le naturel, la gaîté, la viva.^-^ cité piquante du dialogue.
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