‹ Essai sur le théatre espagnol (volume 2)Chapitre 27 sur 64 · D. DIEGO DE CORDOVA · texte numérisé non relu

D. DIEGO DE CORDOVA

» Prenez patience, prenez patience, Montigny. » Vous paraissez indisposé. N'oubliez pas que les » rois sont des médecins qui, comme les autres, gué- » rissent et tuent également par leurs remèdes. »

Cette scène a une ressemblance frappante avec un * célèbre passage du Vaillant Justicier de Moreto. Néanmoins, la physionomie de Philippe II est parfaitement distincte de celle de D. Pedre, l'un toujours grave, toujours maître de lui, l'autre incapable

de contenir longtemps, même lorsqu'il veut le plus affecter la dignité et la majesté royales, la fougue brutale de son caractère.

Montigny, à peine remis de son trouble^ va trouver D. Carlos avec qui, nous l'avons dit, il est déjà engagé dans de secrètes pratiques. Ce prince est, en ce moment, en proie à un des accès de noire mélancolie qui l'obsèdent de plus en plus. Montigny, qui attend, pour l'aborder, l'instant où.il sera seul, s'est glissé mystérieusement jusqu'à la porte de son appartement. D. Carlos, apercevant, sans le reconnaître d'abord, un homme qui cherche à se cacher, le prend pour un espion de son père, chargé de surveiller ses démarches. Dans sa colère, il le frappe violemment et lui met le visage en sang. Lorsqu'il s'aperçoit de sa méprise, il témoigne à Montigny le regret qu'il en éprouve et commence à s'entretenir avec lui de ieurs projets communs, mais cette conférence, sans Cesse interrompue par les incidents étranges ou ridicules que suscite l'honneur fantasque du prince, ^st bientôt plus gravement troublée par l'arrivée du ï*oi. Montigny, n'ayant pas le temps de s'échapper, se Retire précipitamment dans un cabinet. Le roi, après ^Toir soigneusement demandé à D. Carlos si personne ne peut les entendre, le fait asseoir à côté de ^ lui, lui reproche avec douceur, mais avec sévérité, les écarts de sa conduite, lui explique la nécessité '^es mesures qui excitent trop souvent son mécontentement parce qu'il n'en comprend pas le but, et ^'apercevant que ses remontrances ne gagnent rien stir cet esprit rebelle, lui donne à entendre qu'il est

instruit des intrigues dont Montigny est Tintei médiaire. A ce nom, D. Carlos se récrie, protestarr^it qu'il ne connaît pas même cet homme. Mais l'œil i~~"^-: quisiteur du roi a aperçu la trace du sang qu'a irii^é- • pandu la bles&ure de Montigny.

LE ROL

« Qu'est-ce que ce sang ?

D. CARLOS (à part}.

» Terrible embarras I

LE ROL

» Cette trace conduit dans l'intérieur de l'appar- » tement. Il y a quelqu'un, qu'il sorte.

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