‹ Essai sur le théatre espagnol (volume 3)Chapitre 2 sur 73 · II · texte numérisé non relu

II

devaient produire les beautés très réelles dont il est rempli.

On a remarqué plus d'une fois qu'il offre, moins il est vrai dans la conception générale que dans la forme et la mise en œuvre, des points d'analogie assez frappants avec le Faust de Goethe. La comparaison détaillée de ces deux ouvrages, si semblables dans les détails extérieurs et si différents au fond ferait mieux que tout autre chose ressortir la distance qui sépare le xvii^ siècle du xviir, l'Espagne de l'Allemagne, le génie de Calderou de celui de Goethe. Ce serait un travail assez curieux, mais il nous écarterait trop de notre sujet. Nous nous bornerons à dire que le personnage satanique de Méphistophélès, si supérieur au démon de Calderou qui n'est guère que celui des légendes du moyen âge renforcé d'une certaine dose de subtilité scholastique,ne pouvait être imaginé que dans un temps de scepticisme et par un esprit profondément sceptique comme celui de l'auteur de Faust. Ni Calderou, ni aucun de ses contemporains, n'eût pu, nous ne disons pas le créer, mais le comprendre.

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