‹ Essai sur le théatre espagnol (volume 3)Chapitre 43 sur 73 · II · texte numérisé non relu

II

Pierre le cruel ou le justicier est un des héros de cette comédie. Comme dans tous'les drames où figure ce singulier personnage, on y trouve ce caractère d'originalité puissante qui s'attache en quelque sorte à son souvenir. Elle contient plusieurs scènes qui ne dépareraient ni le Vaillant justicier, ni le Médecin de son honneur.

Le roi, chassant, pendant une nuit orageuse, aux environs de Séville, s'est trouvé séparé de ses courtisans et s'est complètement égaré. Un vieillard qu'il rencontre lui offre l'hospitalité. Ce vieillard le conduit dans sa maison, et une conversation s'engage entre eux.

JUAN PASCAL

« Mon gentilhomme, vous voici dans mon habita- » tion. Vous y passerez la nuit comme je vous l'ai » proposé, puisqu'une heureuse rencontre m'a pro- » curé le bonheur de vous rendre ce service.

LE ROL

» J'accepte votre offre avec reconnaissance. Je » faisais partie de la suite du roi. Engagé dans l'é- » paisseur d'un bois que je n'avais jamais parcouru, » je m'y suis perdu à l'entrée de la nuit. J'ai essayé » de me diriger vers la lumière que je voyais sortir » de ce village. C'est alors que je vous ai rencontré » et qu'avec tant d'empressement et de courtoisie » vous m'avez proposé de me recevoir chez vous.

JUAN PASCAL

» Trêve de compliments. Vous voyez bien que je » vous ai ainsi accueilli sans savoir seulement votre » nom. Il ne faut donc y voir qu'une habitude de

» ma part, un témoigoage d'humanité que tout autre » voyageur eût reçu de moi aussi bien que vous.

LE ROI

» Tout autre en eût éprouvé la même reconnais- » sance.

JUAN PASCAL

» Changeons de propos. Léonor, je suppose que la » chambre des étrangers est toute prête comme à » l'ordinaire. C'est là que couchera notre hôte. » Ajoute à notre pauvre souper de tous les jours » quelque chose qui le rende digne de celui qui va » y prendre part.

LE ROI

» Permettez-moi de vous demander si cette dame » est votre fille.

JUAN PASCAL

» Puisque nous sommes au village, parlons comme » au village et laissons-là le langage de la cour. Oui, » Léonor est ma fille.

LE ROL

» C'est un miracle de beauté.

LEONOR

» Je suis votre servante.

LE ROI

» C'est moi qui, à bien des titres, dois me dire vo- » tre humble serviteur...

JUAN PASCAL

» Ma fille, ne perds pas de temps, va faire ce que » je t'ai dit. En attendant, fais-nous apporter des » sièges. Si vous le trouvez bon, nous passerons le » temps à causer.

LE ROI

» Comment s'appelle ce village ?

JUAN PASCAL

>•> Il s'appelle Juan Pascal. On n'y compte que huit » ou dix maisons occupées par les domestiques que » j'emploie à garder les troupeaux et à cultiver les » terres qui me composent, grâce à Dieu, une (or- » tune plus que moyenne. C'est de là qu'il a pris sou » nom.

LE ROL

» Vous vous appelez donc Juan Pascal ?

JUAN PASCAL

» Ce nom est aussi connu dans ce pays que celui » du roi D. Pèdre en Espagne. Et vous, qui me faites » ces questions, quel est le vôtre, mon gentilhomme ?

LE ROI

» D. Pèdre de Castille.

» Seriez-vous parent du* roi?

LE ROI

» Je ne dois pas vous cacher que je suis aussi no- » ble que lui.

JUAN PASCAL yh. p,iil;.

» C'est bien là la vanité espagnole ! (Haut.) Quant » à moi, Seigneur D. Pèdre, je ne suis que ce que » vous \oyQz. Je suis né dans les montagnes de Léon. » J'ai servi le Roi quand j'étais jeune. Devenu vieux, » je me suis retiré dans ce pays où je possède quel- » ques terres que j'ai héritées de ma femme et qui me » font vivre avec ma fille et quelques serviteurs. J'y » mène une existence douce et paisible, et moi aussi

» je suis roi dans une maison pui^>que j'y exerce le » droit de punir et de récompenser.

LE ROI

» Si vous avez servi le roi, comment n'avez-voiis » reçu de lui ni emploi, ni pension ?

JUAN PASCAL

» Il n'y en a pas pour tout le monde et je n'ai pas » été heureux en cela.

LE Ror

» En ne vous récompensant pas, le roi s'est mon- » tré injuste.

JUAN PASCAL

» Mon gentilhomme, je n'ai rien dit de semblable » et on ne tient pas devant moi de tels propos. Le roi » est toujours juste, et si un grand nombre de ceux » qui l'ont servi restent sans récompense, ce n'est » pas sa faute. S'il n'y a qu'un seul emploi pour cent » prétendants, quatre-vingt-dix-neuf, pour le moins, » ne doivent-ils pas rester mécontents? Eh bien ! j'ai » été un de ceux-là ! la fortune m'a regardé de son » mauvais œil. Ce qui me console, c'est que, sujet et » soldat, je n'ai manqué à aucun de mes devoirs. Le » roi Alphonse, que j'avais servi, est mort, et je me » suis retiré au moment même où son fils est monté » sur le trône.

LE ROI

» Vous avez eu tort. Si vous ne vous êtes pas » adressé à lui, de quoi vous plaignez-vous?

JUAN PASCAL

» Je ne me plains pas, maisj'ai voulu au moins » tirer parti de mon expérience. Je n'avais rien ub-

» tenu du roi que j'avais servi pendant tant d'années : » que pouvais-je attendre d'un nouveau souverain » auprès de qui tout ce que j'ai pu faire ne m'eût » servi de rien si j e n'eusse commencé par perdre » beaucoup de temps à me faire connaître de lui ? » (A part.) Le courtisan est curieux.

LE ROI (à part) .

» Le campagnard n'est pas sot. {Haut). Je crois que » vous avez raison. On accuse d'ailleurs le roi D. Pè- » dre d'être violent, rigoureux et même cruel.

JUAN PASCAL

» Vous savez mieux que moi ce qui en est. Je ne .^> l'ai aperçu de ma vie.

» Mais vous avez souvent entendu parler de lui de » cette façon.

JUAN PASCAL

» Oh ! les bruits publics méritent peu qu'on s'y ar- » rête. Le vulgaire s'attache moins à la vérité qu'aux » premières impressions qu'il a reçues du hasard et » que rien ensuite ne lui ôterait de l'esprit.

LEROL

» Eh bien ! On lui a fait une réputation de » cruauté.

JUAN PASCAL

» S'il en est ainsi, elle lui restera. J'ai entendu » dire qu'il est brave. C'est le seul reproche que je » lui fasse.

LE ROL

» Comment! La bravoure est-elle un défaut, dans » un roi surtout?

JUAN PASCAL

» Oui, lorsqu'un roi, oubliant ce qu'il est, veut » faire usage de son courage personnel. Les rois » sont-ils donc les dieux de la terre pour recourir à » des armes qui les mettent au niveau de tout le » monde? Est-il convenable qu'une main qui ne de- » vrait s'ouvrir que pour répandre des bienfaits ^> verse un autre sang que celui des ennemis ? Et » encore, même à la guerre, je ne veux pas quel'a- » mour de la gloire entraîne trop loin un monarque. » Ce n'est pas à lui à chercher les dangers, à se » jeter dans de téméraires entreprises.

» Je crois que vous avez raison. Mais le roi D. Pèdre » est jeune, il est entraîné par l'ardeur de son âge.

JUAX PASCAL.

» C'est là ce qui l'excuse. D'ailleurs, je ne lui re- » proche pas d'être brave, mais de se laisser trop » souvent emporter à sa bravoure. Si, après avoir » fait ses preuves, il pouvait se contenir, il en reti- » rerait un double honneur, celui de savoir se battre » et la gloire non moins grande, à mon sens, de sa- » voir s'en abstenir.

LE ROL

/> Peut-être n'a-t-il pas la force de contenir la » chaleur de son sang. Peut-être, aussi, ne le veut- » il pas.

JUAN PASCAL

» Soit. Qu'il se batte, je ne m'y oppose pas.

LE ROI

» Cela m'est tout à fait indiffèrent.

JUAN PASCAL

» Et à moi, bien plus encore. Ce qui est plus fà- » cheux, c'est ce qu'on raconte de cette Marie Pa- » dilla.

LE ROI

» A cela, je répondrai encore que le roi est jeune.

» Il n'3' a pas d'âge pour les rois. En cela même, » ils sont dieux, et il ne leur est pas permis de faillir. » Voyez un peu les déplorables effets des scandales » qu'ils nous donnent, eux qui sont, pour aiusi dire, » les patrons sur lesquels se modèlent les peuples » qu'ils gouvernent ! Quel miroir à présenter à leurs » sujets pour qu'ils y cherchent leur image ! C'est » l'absence de justice qui amène toutes ces rebel- » lions. De là vient qu'on obéit par crainte et non » par amour.

LE ROI

» Permettez, j'ai encore quelque chose à dire en » faveur du roi. Quant à la Pcidilla, c'est un amuse- » ment qu'il faut bien lui passer, car entin, il est » homme,, et les héros les plus illustres n'ont pas » échappé à cette faiblesse dont le temps, au sur- » plus, vient bientôt les guérir. Je dirai encore qu'il » attend, pour l'épouser, cette belle fleur de France, » Blanche de Bourbon, dont l'arrivée mettra fin à » toutes ces folies de jeunesse. (^ ?;«/-^.) Je ne dis pas » ce que je pense. Je sens trop la force de ma pas- » sion. {Haut.) Il est vrai que Séville est agitée, » qu'on s'y plaint du Gouvernement et que cette in- » quiétude des esprits contribue à la misère qu'on y

» éprouve, mais la faute n'en est pas au roi. Dans » les guerres civiles qui ont désolé ce roj'aume, » l'expérience a prouvé que si, pour rétablir Tordre, » on emploie les moyens de douceur, le mal résiste » à leur insuffisance. Si, au contraire, on veut re- » courir au feu et au fer pour retrancher la partie » gangrenée, pour arrêter les progrès du poison, un » pareil remède fait horreur, et le roi, dont le cou- » rage s'échauffe de plus en plus par l'effet de l'op- » position qu'il rencontre,... le roi, qui s'est montré ■» justicier, passe pour cruel. On ne veut pas voir » qu'aux grands maux il faut de grands remèdes et » qu'une main énergique peut seule empêcher le » pays de se perdre dans un abîme.

» Eh bien ! je vous répète que tout cela vient de » l'absence de justice. Remarquez bien qu"il y a jus- » tice et justice. Un châtiment répand une crainte » utile, une exécution est une leçon salutaire, mais » lorsqu'on voit le glaive de la loi toujours levé, ton- » jours ensanglanté, la colère qu'on éprouvait con- » tre les coupables se change en pitié, la pitié en re- » gret. De là, les mécontentements et les troubles. » La justice est un attribut de la divinité, il faut qu'à » son exemple ceux qui l'exercent inspirent le res- » pect et non pas l'horreur. Si le roi avait auprès » de lui un homme comme moi, qui veillât avec zèle » à la conservation de sa gloire et au repos de l'état, » je crois que Séville serait bientôt pacifiée.

LE ROI

» Que dites-vous ?

JUAN PASCAL

» Je dis que je me suis laissé emporter par mon » zèle de sujet dévoué, et que c'est mon cœur qui a » parlé. »

L'arrivée de l'un des gentilshommes de la suite du roi fait connaître à Juan Pascal quel est l'hôte avec qui il vient de s'entretenir si familièrement. Le roi lui déclare qu'il compte sur ses services dont il vient, en quelque sorte, de lui faire la proposition et qu'il veut le charger du gouvernement de sa capitale. Juan Pascal, sans se rétracter, sans se perdre en protestations de modestie, objecte pourtant l'humilité de sa condition. « Qu'importe? » lui répon.. D. Pèdre, « ce que je cherche, c'est une tête. Je la trouve en » vous. Quant à votre sang, vous saurez bien lui don- » ner l'illustration qui peut lui manquer encore : » c'est ainsi que tout a commencé.

» Réfléchissez-y bien, Sire, je suis opiniâtre. Ce » qu'une fois j'aurai décide par voie de justice, au- » cun ordre ne me le fera révoquer.

LE ROL

» Tout ce que vous ferez, je le tiendrai pour » bon.

JUAN PASCAL

» Sachez bien que celui que j'aurai trouvé coupa- » ble, je le châtierai sans aucune exception, sans » permettre qu'on dénature la loi par des interpré- » tations subtiles.

LE ROL

» N'épargnez pas même ma maison. Est-ce assez?

JUAN PASCAL

» Vous me pressez beaucoup, prenez-y garde, je » finirai par accepter.

LE ROL

» Juan Pascal, ce qui est dit est dit.

JUAN PASCAL

» Eh bien ! s'il n'y a pas de remède, j'y consens. » Cette belle scène contient toute la pensée du drame, elle en est, pour ainsi dire, le programme. Tout l'intérêt réside dans le contraste que présentent les caractères et la position des deux personnages principaux. Juan Pascal, à peine installé dans ses fonctions à." assistant , devient, par l'énergie de son administration, par la vigilance, la sagacité, la rigueur sage et modérée de sa justice, la terreur des criminels et l'espoir des gens de bien. Séville a changé d'aspect. Mais ce n'est pas seulement contre les malfaiteurs qu'il a à lutter. Le roi lui-même lui suscite des obstacles plus difïïciles à surmonter. D. Pèdre n'est plus le prince que nous avons vu dans le Médecin de son hoimeur, dans le Vaillant Justicier. Il est bien plus avancé dans les voies funestes qui doivent le conduire à sa perte. Déjà, le meurtre et les violences de toute espèce se présentent à lui comme des moyens naturels de venger ses injures, de calmer ses inquiétudes, de satisfaire ses passions. Irrité des complots qui s'ourdissent contre lui et auxquels, à tort ou à raison, le nom de sa femme et celui de son frère se trouvent toujours mêlés, c'est aussi par la mort de ses rivaux qu'il veut assurer le succès des intrigues amoureuses qui, malgré sa passion

pour Marie de Padilla, occupent une grande partie de son temps. Dans d'autres moments, moins cruel, mais non pas moins arbitraire, il veut sauver des coupables condamnés par V assistant. Juan Pascal, toujours ferme et consciencieux, mais trop adroit, trop maître de lui-même pour ne pas comprendre qu'il faut éviter de choquer directement un semblable caractère, réussit à le contenir, tantôt en lui rappelant ses promesses, tantôt en feignant pour un moment de céder à ses emportements, tantôt en déguisant la sagesse et l'équité de ses propres actes sous une apparence de bizarrerie et d'originalité qui ne peut manquer de frapper l'imagination de D. Pèdre. Il y a encore, au fond de cette âme désormais vouée à la tyrannie, un instinct de justice, un reste d'amour de l'ordre, de sentiment d'honneur qu'avec quelque adresse il n'est pas impossible de réveiller. Le roi se considère comme lié envers VassUkmt par les promesses qu'il lui a faites, il éprouve d'ailleurs un puissant attrait pour cette nature vigoureuse et un peu sauvage dont les caprices adroitement simulés amusent son esprit fantasque. Sa curiosité se complait à voir Juan Pascal lutter contre les difficultés innombrables de la tâche qu'il a acceptée, quelquefois même à lui susciter de nouveaux obstacles pour éprouver son courage et son habileté. C'est une sorte de défi, une lutte étrange, mais (iu"(!xplique parfaitement le caractère de ce prince. Cette lutte se termine dignement par un incident que le poète a emprunté à la tradition. D. Pèdre, qui a conçu une vive passion ou plutôt un caprice violent

pour la fille de Juan Pascal lui-même, a essayé de s'introduire pendant la nuit dans la maison de V assistant. Il a tué un homme qui voulait lui en interdire l'entrée. Avant que les voisins accourus au bruit aient pu le saisir, il est parvenu à s'échapper, mais il a été aperçu par une vieille femme qui travaillait à sa fenêtre à la clarté d'une lampe. Elle l'a reconnu à un certain bruit que faisaient ses genoux en se choquant losrqu'il marchait avec précipitation. Interrogée par Juan Pascal qui, pour découvrir le meurtrier, a fait arrêter tous les habitants de la rue où le crime a été commis, ce n'est pas sans hésitation qu'elle se décide à avouer le secret qu'elle seule possède. Il lui prescrit le plus profond silence et poursuit la procédure dans la forme accoutumée. Le roi, avec une malicieuse ironie, recommande à Vassistant de ne rien négliger pour trouver le coupable, de le punir rigoureusement, quel qu'il puisse être, et bientôt, il lui témoigne sa surprise, son mécontentement des lenteurs du procès. Juan Pascal ne se déconcerte pas. Au bout de quelque temps, il vient annoncer au roi que l'enquête est terminée, le coupable connu, que le crime a été commis par un de ces hommes pour qui on fait quelquefois taire les lois, et qu'il serait à propos de ne pas pousser les choses plus loin. D. Pèdre a déjà appris, par l'indiscrétion d'un des agents subalternes de Vassistant, que celui-ci sait tout ce qui s'est passé. De plus en plus curieux devoir par quel expédient il mènera à fin cette étrange aventure, il insiste pour que justice soit faite sans ménagement. L'assistant, qui u. 19

voulait seulement, par un ordre formel, se mettre à l'abri de la colère royale, n'hésite plus. Il propose au roi de le conduire sur la place même où le crime a été consommé et où il va être puni. A peine y sontils arrivés qu'un rideau tendu devant la maison de Y assistant est enlevé et laisse voir la statue en pierre de D. Pèdre. Non loin de là, une lampe est suspendue à la fenêtre d'où la vieille femme a été témoin du meurtre. — « C'est mon portrait ! » — s'écrie le roi. — « Voilà le coupable ! » — répond Juan Pascal, — « et voici le juge qui vous rappelle à genoux lesin- » jonctions et les promesses qu'il a reçues de » vous. » — Le roi le relève, l'embrasse, et dans son admiration, pour perpétuer le souvenir de cet acte éclatant de justice et d'une courageuse intégrité, il ordonne que la statue reste dans le lieu où elle vient d'être placée et que Juan Pascal conserve à perpétuité les fonctions d'assistant de Séville.

Nous avons dit que ce dénouement était puisé dans une de ces traditions dont abonde l'histoire de Pierre le justicier. Celle dont il s'agit a été consacrée à Séville et transmise d'âge en âge par la présence de la statue et par le nom même de la rue qui s'appelle encore, si nous ne nous trompons, la rue de la lampe (del Candil,) et aussi la rue de la tête du roi don Pèdre.

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