‹ Essai sur le théatre espagnol (volume 3)Chapitre 58 sur 73 · CHAPITRE LX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LX

CANDAMO

D. Francisco Bances de Candamo naquit dans les Asturies, en 1662, d'une famille noble et ancienne. Il fit ses études à l'université de Sêville. Il était déjà célèbre par ses compositions dramatiques lorsqu'il vint s'établir à Madrid où Charles II lui assigna, sur sa cassette, une pension de mille ducats, (près de trois mille francs), et le fit travailler pour le théâtre de la cour. Plus tard, Candamo fut employé dans des commissions administratives qui le conduisirent à plusieurs reprises loin de la capitale. Ces commissions, dans lesquelles il se comporta avec un rare désintéressement, ne lai procurèrent pas, à beaucoup près, la fortune ni même l'aisance à laquelle il pouvait prétendre. A sa mort, survenue le 8septembre 1709, dans la petite ville de Lezuzaoù l'avait conduit un de ces voyages officiels, il se vit réduit à demander au curé de le faire enterrer par charité. II. 24.

Candamo, beaucoup plus jeune qu'aucun des écrivains que nous avons nommés jusqu'à présent, sans en excepter Salazar, est le dernier qui ait conservé la tradition de l'exquise et poétique élégance des beaux temps de la littérature espagnole. C'est encore un de ces poètes dramatiques qu'on désigne généralement comme appartenant à l'école de Calderon. A vrai dire, cette école se compose de presque tous ceux qui sont venus après ce grand homme. Ce n'est pas qu'ils se ressemblent les uns aux autres, mais quelles que soient les diversités d'esprit et de talent qui les distinguent entre eux, ils se rattachent tous par quelque point au génie riche et fécond qui dominait alors la scène et qui avait embrassé avec tant de puissance tous les côtés de l'art, ils reproduisent chacun, d'une manière plus ou moins complète, quelqu'une de ses éminentes qualités. De même que Rojas, par exemple, rappelle ses conceptions éuergiquement tragiques et Solis son habileté à nouer des intrigues compliquées, Candamo semble lui avoir emprunté l'exaltation des sentiments généreux qu'il aime à prêter à ses personnages et le bonheur d'expression qui donne tant de relief aux pensées vraies, fortes ou ingénieuses.

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