‹ Essai sur le traitement de l'iodisme par l'extrait de BelladoneChapitre 17 sur 28 · PT PE · texte numérisé non relu

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lique, en jet de vapeur, dont le maximum est à la pointe et propagé dans l’aisselle.

Pouls petit, un peu rapide.

Au poumon, signes de bronchite légère.

Traitement : Régime lacté. Repos absolu, enveloppement ouaté des articulations, 0 gramme 50 de K I (30 janvier).

Du {1° au 4 février : Léger disque d’albumine par l'acide azotique dans les urines. Cette albuminurie existant depuis que le malade prend de l’iodure seulement, on supprime ce dernier.

Les 6 et 7 février : Pas d’albumine. À ce moment il est prescrit À gramme de KI.

9 février : Disque iéger d’albumine par Az O3 H. Par lachaleur précipité, que l’acide acétique ne fait pas disparaître.

10 février : À partir de ce jour l’albumine est dosée au tube d’'Esbach (0 gramme 75 environ).

11 février : 0 gramme 50 d’albumine. On donne 0 gramme 05 d’extrait de belladone et la dose de I K est portée à 2 grammes.

12 février : Quantité d’albumine difficile à doser.

13 février : Albumine 0. De ce jour au 20 février pas d’albumine.

Il est difficile d'admettre une simple eoincidence, dans ce cas, entre la disparition de l’albumine et l’ingestion de belladone. Peut-être en raison, desa scarlatine antérieure, lé malade a-t-il quelques troubles rénaux, qui favorisent l’éclosion d'une albuminurie passagère sous l'influence d’une irritation médicamenteuse.

OBSERVATION V (Personnelle)

Bronchite chronique. — Emphysème pulmoraire

T... Pierre-Auguste, 40 ans, né à Grenoble, ajusteur. Père mort d'accident. Mère atteinte d'asthme, deux frères bien portants,

Re

Fièvre typhoïde à 21 ans. Soigné déja à l’Hôtel-Dieu pour emphysème et bronchite. S’essouffle facilement ; tousse constamment ; obligé de s’aliter plusieurs fois chaque hiver et de garder la chambre pendant un ou deux mois ; travail régulier impossible en raison des accès de dyspnée et d’oppression. Expectoration très abondante. Entré le 8 mai 1895, salle Saint-Augustin, lit 6.

Thorax globuleux ; muscles puissants ; fosses sus-claviculaires peu appréciables ; omoplate saillante, refoulée vers l’aisselle. Sonorité augmentée en avant eten arrière (des deux côtés), vibrations thoraciques diminuées. En arrière, dans toute Ja hauteur des poumons, inspiration rude ; expiration prolongée. On entend dans les deux poumons des râles sibilants, ronflants et muqueux.

Température normale.

Urines non albumineuses.

Le malade ayant reçu la prescription de 2 grammes de K I, le 9 mai, présente le 40 des signes d’intolérance : coryza intense, larmoiement, salivation, céphalée. Le 11, ces accidents ayant augmenté, l’extrait de belladone est ordonné (0 gramme 03), l’iodure est maintenu.

Les signes d’iodisme disparaissent en deux jours et le K I est supporté. (Nous n’avons pu observer ce malade après Le 17 mai).

OBSERVATION VI (Personnelle)

Ataxie locomotrice

P..., Jean, né à Vuillafans (Doubs), mécanicien.

Entré le 3 octobre 1895, salle Saint-Augustin, lit 58.

Antécédents héréditaires : Nuls.

Antécédents personnels : Chancre induré à 24 ans ; deux mois après roséole, plaques muqueuses des lèvres, du pharynx et du scrotum ; céphalée tenace, nocturne. Soigné dans un

hôpital militaire par le mercure et l’iodure. Depuis pas de traitement antisyphilitique. À 30 ans, trochantérite tuberculeuse (?)

Vers le commencement de juillet 41895, il a perçu quelques premiers symptômes d’incoordination ; céphalée nocturne. Douleurs fulgurantes, térébrantes, et en ceinture ; vers le milieu de juillet, diplopie ;

Ces symptômes ont augmenté jusqu’au mois de septembre.

Le 25, perte de connaissance ; à la suite de cet ictus, il remarque que ses lèvres sont déviées à gauche, et que la joue droite est flasque ; diplopie; la paupière supérieure n’est pas atteinte ; spasmes dans la joue droite. Le malade assure de plus que pendant deux jours il a eu le bras, l’avant-bras et la main gauche parésiés.

Faux besoins d’uriner, il y a deux mois, et après incontinence d'urine et des fèces.

Entré à l’hôpital le 25 septembre. Nous prenons l’observation le 15 octobre ; à ce moment la face est déviée à gauche, commissure gauche abaissée ; les mouvements des yeux et des paupières sont conservés. — Voile du palais non paralysé, luette non déviée.

La pupille droite semble un peu dilatée, sans qu’on puisse l’affirmer, liris ayant été blessé il y a quelques années.

A l'inspection on voit que les pieds sont déformés, et l’on pourrait croire à un pied bot tabétique alors que les déformations sont accidentelles ; - traces de fistules guéries à la hanche droite.

Signe de Romberg. Pas de signe d’Argyl-Robertson.

Réflexes patellaire et plantaire abolis ; sensibilité intacte.

Crampes, fourmillements dans les jumeaux, secousses électriques dans les membres inférieurs.

Pas d’incoordination des mouvements dans la position horizontale. — Démarche tabétique.

Douleurs fulgurantes dans les jambes, douleurs en ceinture ; crise de gastralgie, nausées après les repas. Sensation constante du besoin duriner.

Traitement : Pendaison et KI (4 grammes dès le 5 octobre).

REP ue

Le 6, sensation de brûlure au pharynx; céphalée, coryza, œædème des paupières, rougeur des conjonctives, larmoiement, salivation.

Le 7 , les signes d’intolérance augmentent.

Il est prescrit 4 pilules de 0 gr. 01 d’extrait de belladone.

Le 8, les symptômes ont beaucoup diminué.

Le 9, la salivation et le coryza ont disparu ; un larmoiement léger persiste. .

Le larmoiement n’a jamais complètement cessé, mais est insignifiant,

L'iodure est bien toléré jusqu’au 24 ; à ce moment, la belladone a été supprimée.

Le 25, le larmoiement a augmenté; un peu de coryza, qui disparaît bientôt.

Dans l'observation V l'effet de la belladone à été complet. L'observation VImontre qu’il y aeu cessation de l'intolérance, sauf en ce qui concerne un léger larmoiement : le malade n’a pas su nous dire s’il l'avait normalement.

OBSERVATION VII (Personnelle).

Syphilis osseuse.

T..., Françoise — 58 ans, — blanchisseuse.

Antécédents héréditaires nuls.

Antécédents personnels : Mariée à 26 ans ; six enfants, dont trois morts en bas-âge (10 à 48 mois); les trois autres bien portants. £

Santé habituellement bonne ; ni éruption, ni signes pouvant faire soupçonner un début de syphilis, sauf une céphalée périodique survenant dans la nuit.

Traumatisme sur le tibia gauche il y a sept mois, qui obligea la malade à s’aliter ; au niveau de la contusion, il se forma une tuméfaction, qui augmenta peu à peu : C’est ce qui l'amène à l'Hôtel-Dieu le 14 octobre (service de M. le professeur Poncet, suppléé par M. le professeur agrégé Rollet).

Actuellement : jambe gauche un peu déformée sur sa face antérieure ; tuméfaction étendue à ce niveau suivant lPaxe du membre ; peau rouge, tendue, luisante, chaude ; empâtement profond ; gonflement uniforme du tibia, dans son tiers inférieur, le long de la crête.

Douleurs spontanées et à la pression.

Pas de ganglions inguinaux.

Céphalée intense survenant la nuit.

Le 16 octobre, la malade commence à prendre de l’iodure de potassium (5 gr. par jour).

Le 47, œdème des paupières inférieures, qui sont très rouges, picotements dans les conjonctives oculaires, qui sont très congestionnées. Larmoiement, coryza intense, salivation.

Le 19, on ajoute à KI, dans une potion, 0 gr. 01 d'extrait de belladone ; les accidents continuent jusqu’au 22.

Le 22, prescription de 4 pilules de 0 gr. 01 d’extrait de belladone.

Le 23, larmoiement diminué. — Les jours suivants, les symptômes d’iodisme disparaissent, même l’œdème des paupières, et le 26 la belladone est supprimée.

- Le 27, quelques signes d’intolérance réapparaissent, mais ne durent qu’un jour à peu près.

Bien que dans cette observation, comme dans la précédente, l’iodure ait été supporté après suppression, on ne peut dire qu’il l’aurait été aussi bien par simple accoutu- . mance ; en effet, dans ces deux cas, avec la suppression de la belladone, on a vu une petite recrudescence des phénomènes d’iodisme ; c’est incontestablement dû à une diminution de l’eflet de l'extrait.

G. PETGES, ()

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Nous ferons remarquer en outre, ainsi que M. Aubert l’a signalé, que la tolérance semble persister parfois après quelques jours du traitement belladoné. s

Notre excellent camarade, le D' Delahaye, nous a communiqué l'observation suivante, traduite d’Allen (1). Cette observation résumée par le traducteur, ne dit que fort peu de chose sur le sujet qui nous occupe, mais on peut y voir formellement que la belladone a permis de continuer un traitement ioduré.

OBSERVATION VIII (Allen. Résumée)

Syphilis tertiaire. — Epididymite subaiguë, gommeuse, totale.

M... J., Syphilis, il:y a 10 ans. A la suite d’un traumatisme du testicule droit, tumeur du testicule, pour laquelle on fait le diagnostic de syphilis tertiaire, gommeuse de l’épydidyme.

En conséquence, on prescrit dès le début du protoiodure de mercure ; mais bientôt des signes de stomatite apparurent. On administre alors de lPiodure de potassium ; dès lors la diminution graduelle de la tumeur s'opère.

Eruption iodique sous forme d’érythème noueux ; on associe la belladone à Piodure, ce qui permet de continuer le traitement ioduré.

Ainsi présentée, cette observation n’a pas grand intérêt pour notre sujet. Nous n'avons pu retrouver le texte original que nous avions lu cependant avant de le noter ; il y

(1) American journal of medic. Sciences, avril 1894,

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est dit nettement que le malade présenta des accidents d'iodisme, et si nos souvenirs sont exacts, l’érythème n’était pas le seul signe d’intolérance, Quoi qu’il en soit, nous citons ce résumé qui montre bien l'utilité de la belladone dans l’iodisme; mais il y aurait plus d'intérêt à savoir exactement quels étaient les symptômes, et si l’érythème a disparu chez le malade d’Allen comme nous avons cru le remarquer (obs. [IT) dans un cas.

À l'appui des observations personnelles précédentes qui semblent démontrer la valeur du traitement préconisé, M. Aubert à bien voulu dans une communication orale (8 novembre 1895) nous donner son avis sur la question et nous autoriser à le signaler. Depuis 1887, époque de sa seconde publication sur ce point de thérapeutique, il emploie la belladone d’une façon courante, dans sa pratique journalière; actuellement il prescrit plus volontiers l’atropine. Lorsqu'il ordonne de l’iodure de potassium à un malade qui à présenté des phénomènes d’intolérance antérieurement, il prescrit toujours, par dose d’iodure, un demi-milligramme de sulfate d’atropine. Si le malade n’a jamais pris d’iodure, il le prescrit seul; a-t-il de l’intolérance consécutive, l’atropine est surajoutée.

Depuis dix ans qu’il suit cette méthode, M. Aubert n’a pas observé d'accidents graves d’iodisme et les malades ont fort bien supporté la médication instituée.

Bien que nous n’apportions pas, avec les renseignements de M. Aubert, des cas précis, son autorité est suffisante pour attesler les résultats qu’il a obtenus contre le coryza, la salivation, le larmoiement et la céphalée lOques, *

Dans une de ses cliniques, enfin, M. le professeur

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