CHAPITRE VI
Mode d’emploi
Des théories et des faits cliniques exposés, il semble ressortir que la Belladone peut rendre de réels services dans l'administration de l’iodure de potassium ; il nous reste à indiquer le mode d'emploi.
Mais, d’abord, nous insisterons sur les dangers que peut présenter l’usage irréfléchi des iodures, chez les malades dont le rein fonctionne mal ; les faits nombreux signalés au chapitre IT sont de nature à recommander la prudence. chez ces malades, dans la crainte de voir survenir des accidents formidables ; Semmola, il est vrai, conseille l’iodure de potassium contre le mal de Bright ; mais les observations montrent ce qu’il y a de hasardeux dans cette méthode, que l’autorité de Dujardin-Beaumetz a combattue.
Ensuite il sera prudent de ne pas abuser des doses trop élevées ; c’est une erreur thérapeutique de considérer les grandes quantités d’iodure comme inoffensives, leur élimination rénale ordonne plus de circonspection. Pourquoi, d’ailleurs, donner si facilement ces doses
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élevées ? Si dans tous les cas elles ne sont pas nuisibles, elles sont inutiles, ainsi que le dit M. Fournier (traitement de la syphilis). |
Il est des affections enfin, telles que la goutte, où les doses moyennes (2 à 6 grammes) sont préjudiciables. Dans son cours du 29 mars 1895, M. le professeur Teissier s’est élevé contre la façon habituelle de donner l’iodure dans cette maladie ; à son avis, il ne faut pas dépasser 50 centigrammes par jour, afin d'éviter une fatigue réelle à l'estomac. Il nous semble, en outre, que le goutteux finissant par avoir quelquefois de la néphrite interstitielle, il est bon de ne pas favoriser cette prédisposition, et de ne pas augmenter volontairement les chances de danger.
Le mode d'emploi le meilleur nous paraît réalisé par la pratique de M. Aubert : s’il ordonne de l’iodure à un malade qui antérieurement a présenté de l'intolérance, il ajoute d'emblée l’atropine ; si le malade prend l’iodure pour la première fois, pas d’atropine ; y a-t-il de l’intolérance consécutive, la belladone (2 à 6 centigrammes), ou l’atropine (un demi-milligramme) est ordonnée.
Le traitement est donc plutôt symptomatique que systématique.
Enfin, et bien que ce soit un peu hors de notre sujet, il nous semble que l’association de l’iodure et de la belladone donnera des résultats excellents contre la colique de plomb, puisqu’un élève de M. Bondet, a mis en évidence la valeur de la belladone dans cette affection (Gauch) (1), et que Melsens, Pouchet, Nothnagel et
(1) Gaucu : Thèse de Lyon, 1881, p. 100