CHAPITRE IE
Symptômes. -- Leur gravité (Œdème de la glotte et albuminurie en particulier). — Utilité d’un traitement.
Suivant les idées actuelles, nous considérons le mot iodisme dans son sens le plus large, admettant qu'il est provoqué non seulement par l’iodure de potassium, mais par tous les composés de l’iode (iodoforme, iodure de sodium, teinture d’iode, etc.). On a distingué l’iodisme aigu et l’iodisme constitutionnel (Rilliet). Le premier nous occupera seul, et encore négligerons-nous beaucoup de ses manifestations pour n’examiner que les plus fréquentes.
En effet, décrire en détail les inconvénients de l’iodure de potassium demanderait un développement peu conciliable avec les limites de ce travail, et n’entrerait pas danslecadre que nousnoussommes tracé. L'étude complète en aété faite dans d’autres monographies et nous avons seulement l'intention d'étudier ici, ceux qui semblent atténués par la belladone, et de prouver qu'il est utile de traiter l’iodisme.
G. PETGESs.
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Beaucoup de praticiens considèrent les accidents graves comme trop peu fréquents pour qu’il soit nécessaire de s’en occuper, les simples inconvénients comme trop bénins pour ne pas être négligés. Cependant, dans le cours de nos recherches, nous avons pu acquérir la conviction que cette opinion est peut-être inexacte ; presque toutes les observations nouvelles rapportées ici ont été prises en moins d’un an dans un service de ciinique médicale où sont placés des malades atteints des affections les plus diverses ; dans ce service l’iodure de potassium n’a pas une faveur inusitée, et n’est ordonné que là où tous les cliniciens ontl’habitude de le prescrire, que dans les affections où tous les traités de thérapeutique le conseillent. Il nous à été cependant facile de rencontrer plusieurs cas d’intolérance (de l’œdème de la glotte deux fois, de l’albuminurie trois fois ; albuminurie fort persistante chez un des malades) ; l’épiphora, la sialorrhée, le coryza, les troubles gastriques, la céphalée, les éruptions cutanées sont survenus plusieurs fois. La plupart de ces accidents étaient bénins, ét n’ont pas mis en danger la vie des malades ; seul l’un d’eux, atteint d’œdème de la glotte, a pu inquiéter un instant.
Il nous paraît difficile après ces faits d'admettre que l’iodisme est rare ; peut-être objectera-t-on que ces accidents auraient disparu spontanément et qu'un traitement était inutile : l'examen attentif des observations prouve le contraire.
Après ces considérations générales il est bon de rechercher quelle peut êtrela gravité de l’iodisme ; nous emprunterons des faits aux publications antérieures, en ajoutant quelques preuves nouvelles ; pour remplir ce programme