DISCUSSION ET CRITIQUE DES DIVERSES MÉTHODES D’ORGANOTHÉRAPIE
L’organothérapie n'est-elle pas une aminothérapie ?
L'on reste un peu surpris, après l’étude des diverses méthodes d’organothérapie, si différentes de par les produits employés, si dissemblables de par les explications fournies sur leur moyen d'action, de constater que toutes ont donné, dans les mains de leurs auteurs, d'excellents résultats. Les statistiques ne sont que de 60, 80, 100 % de guérisons. On pourrait croire que le praticien possède à sa disposition vingt moyens éprouvés pour combattre l’ulcère, et malgré cela, comme le constate Gutman, « des statistiques chirurgicales de plus en plus fournies, nous montrent, dans tous les pays aussi, qu’un nombre considérable d’ulcéreux est voué à l’opération ». Comment ne pas douter, après cela, de l’efficacité des méthodes nouvelles ?
Et qui croire ? de ceux qui vantent leurs nouvelles thérapeutiques, en donnant pour chacune d'elles des explications aussi disparates.
Certains voient une action sur le vague, d’autres sur le sympathique ; certains pensent à une action modé-
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ratrice et régulatrice, d’autres à une action excitante : certains mettent en cause le reflux duodénal, d’autres le rejettent ; certains proposent le rétablissement normal de l’équilibre acide-base, d’autres nient toute action sur cet équilibre ; certains préconisent la régulation d’un métabolisme troublé, d’autres n’ont jamais observé de troubles de ce métabolisme ; les uns soutiennent un phénomène de désensibilisation, les autres un phénomène de trophicité.
Nous pourrions citer longtemps encore toutes les théories qui ont été émises pour expliquer l’action de tel
produit ou justifier l’emploi de telle méthode. Et pourtant, lorsque l’on considére les observations fournies à l’appui de toutes ces thérapeutiques, on est étonné de constater que toutes agissent, et d’une façon presque identique.
Dès les premières injections, les douleurs disparaissent, l'appétit renaît, le poids remonte, les signes radiologiques s’amendent, mais, fait curieux et qui étonne un grand nombre d'auteurs, presque toujours le taux de l'acidité ou ne change pas ou même augmente.
Gutman reste sceptique devant tous ces signes de guérison et, pour lui, ils ne forment qu’un élément normal du cycle évolutif de l’ulcère. Et il propose une définition nouvelle de l’ulcus, formule qui réunit actuellement la plupart des gastro-entérologues et satisfait aux constatations cliniques : « trouble encore inconnu du trophisme ou du métabolisme, se traduisant par une ulcération gastrique qui évolue par poussées, guérit souvent spontanément à la suite de cette poussée, et qui par ses 1épétitions tend à devenir permanente »,