CONCLUSIONS
Nous avons résumé dans ce travail l’ensemble des recherches sur les moyens de traitement des ulcus gastroduodénaux par les extraits d'organes.
Après avoir passé en revue les différentes théories pathogéniques, émises pour expliquer la genèse de l’ulcus, nous avons étudié une à une les méthodes qui utilisent comme agent thérapeutique les injections d'extraits d'organes ou d’acides aminés.
Nous avons vu que les résultats obtenus par ces diverses méthodes étaient très voisins, sinon identiques : action rapide sur les phénomènes subjectifs : douleur, vomissements, nausées, intolérance gastrique ; l’état général s’améliorait, et souvent les signes radiologiques disparaissaient.
Nous nous sommes demandé si cette action n était pas due à un principe commun, et nous avons constaté que chaque extrait d’organe employé contenait des acides aminés en proportions variables ; or, les acides aminés donnent les mêmes résultats que les extraits d'organes et Weiss et Aron ont prouvé qu’expérimentalement les ulcères étaient provoqués par une carence en acides aminés. Toutefois, si l’on admet cette pathogénie par carence, il faudra que le traitement consiste en injections suffisamment abondantes pour être aptes à y remédier.
NPA
Nous avons montré qu’il fallait établir une discrimination entre l’hyperchlorhydrie ches les ulcéreux, et l’ulcère lui-même ; lorsque ce dernier guérit, la première continue à évoluer ; c’est pourquoi nous pensons que même si l’on fait abstraction de l’action du traitement classique : pansements, saturants, antispasmodiques, sur l’ulcus lui-même, on ne doit jamais le négliger à cause de son action sur l’hyperchlorhydrie presque toujours concomittante.
Et. en terminant, nous ne saurions mieux faire que de reprendre les paroles de Devoto (de Milan), au dernier congrès français de thérapeutique :
« Puisque le nombre de malades d’ulcères gastroduodénaux, dit-il, augmente en même temps que s’accroissent encore les méthodes de traitements curatifs auxquelles de nombreuses routes ne manquent pas, il existe une suite logique dans un congrès cemme celui-ci ou dans une commission qui en émanerait, pour que soit établi un programme de statistiques dans les divers pays (les phénomènes et les facteurs variant singulièrement de pays à pays). De ces statistiques ressortiraient l’ordre des différents traitements médicaux, la fixation d’un indice d'arrêt du mal d’après lequel on puisse considérer que la guérison est obtenue... »
Vu Nancy, le 5 novembre 1934, Le Président de thèse, M. PERRIN. Vu et approuvé,
Nancy, le 6 novembre 1934, Le Doyen de la Faculté de Médecine, M. SPILLMANN.