CONCLUSIONS
Si dans la majorité des cas, le spina-bitida est une affection contre laquelle les ressources de Part sont impuissantes, elle est cependant assez souvent Curable. Le chirurgien devra donc s'ingénier à discerner les cas opérables de ceux qui ne le sont pas. Or nous savons que la présence, dans la poche, des éléments nerveux dissociés est une contre indication absolue à l'intervention, mais que d'autre part, en faire le diagnostic est souvent chose impossible au moment de la naissance. Il faut donc avant tout faire de l'expectation, s’en tenir aux moyens prophylactiques et palliatifs. Les enants :1 1 e succombent pas dans les premiers jours, pourront, grâce à ces moyens, se développer convenablement et acquérir assez de force et de vigueur pour soutenir le choc du traumatisme. Le seul cas où l’intervention à bref délai serait permise, ce serait le cas où on aurait reconnu d'une facon obsolument certaine l'absence des éléments nerveux.
Quand une fois on aura reconnu les Cas opérables, quels moyens devra-t-on employer ?
La compression simple, dangereuse la plupart du temps, les moyens médicaux : topiques astringents, topiques aromatiques, impuissants dans tous les cas, ne sont nullement à recommander.
Le séton provoque de la suppuration et une méningite mortelle ; la ponction, simple ou associée à la compression, devant être répétée très souvent, n'offre guère de chances de succès.
La ligature, quel que soit le procédé, ne pourra être employée que dans les cas d'absence complète d'éléments nerveux.
L'électrolyse est peu connue jusqu’à présent, et l’incision à trop d’insuccès pour pouvoir être recommandée.
Parmi les injections irritantes il n’y à que les solutions de Braiïnard, Velpeau et Morton qui aient donné des succès assez nombreux.
Les solutions iodo-glycérinées de Morton ont sur les premières l'avantage d’être moins irritantes pour les éléments nerveux ; elles sont à préconiser, car le nombre de succès obtenus par elles est assez considérable (70 à 78 p. 100).
On ne ies emploiera pas dans les tumeurs à base large à cause de la facilité de pénétration, dans ces cas, du liquide dans le canal vertébral. Quand il y a dissociation des éléinents nerveux, elles sont à rejeter d’une facon absolue ; et quand la moelle pénètre assez profondément dans la tumeur, ième sans contracter d’adhérences, et tout en conservant sa structure normale, il ne faudra pas v avoir recours ; car la poche en revenant sur elle même pourra comprimer des éléinents nerveux d'une certaine importance el provoquer des troubles sensitifs où moteurs.
Quant aux différents procédés d’excision nous croyons qu'il n'y en à qu'un seul applicable à tous les cas, où l’on peut intervenir, c'est le procédé de Mayo Robson. Ce procédé a, sur les injections iodo-glycérinées, l'avantage de pouvoir être employé même dans les cas de fissure large et de pénétration assez profonde de la moelle dans la poche. La seule contre indication à son emploi ne serait d’après rous que la disso clation des éléments nerveux, et leur adhérence trop intime aux parois de la poche.
va sans dire que le spina-bifida, étendu sur une très grande partie où sur la totalité de la colonne vertébrale, est une conte indication absolue à toute espèce d'intervention opératoire.
NUS Le Président de la Thèse, À. HERRGOTT.
Nancy, le 23 juillet 1888.