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LE DRAINAGE, LA GLACE, LA QUININE, L'ERGOTINE

Une distinction s'impose d'emblée:

L’écoulement des lochies se fait mal, ou au contraire a lieu régulièrement.

Dans le premier cas, le toucher, combiné au palper, montre qu'il s’agit d’une antéflexion, plus rarement d’une rétroflexion; cette coudure de l'utérus détermine la rétention en vase clos d’un véritable bouillon de culture,

Ces cas sont justiciables d’une intervention destinée à remédier à cette position: c’est le drainage, ou à son défaut, comme le recommandent certains auteurs, le redressement manuel de l'utérus et le maintien en bonne position par Papplication d’un gros tampon sus-

pubien maintenu par un bandage en T. Cette simple

manœuvre a souvent suffi pour assurér le libre cours des lochies.

Dans la deuxième hypothèse faut-il drainer?

Les avis sont partagés.

En règle générale il n’est jamais bon dé laisser au contact d’une surface infectée et saignante un corps étranger si peu vulnérant soit-il, à moins d'urgence absolue.

De plus, si l’on adopte le mode de pansement intrautérin à demeure, le drainage n’a plus de raison d’être ; la gaze imbibée assurant l’antisepsie ou la phagocytose et le drainage.

D'autre part, le drain maintient béante la cavite ntérine et rend plus facile l’administration des injections intra-utérines puisqu'on les donne à travers le drain; il est vrai que si l’on fait des attouchements iodés, il faut le retirer et le remettre en place ce qui complique une intervention recommandable surtout par sa simplicité.

Quoi qu'il en soit il n’est pas logique d’adopter une règle de conduite fixe.

L’accoucheur doit désirer une bonne évacuation des produits utérins, un accès facile pour pénétrer dans l'utérus.

Dès lors le drainage est indiqué non seulement en cas de rétention des lochies, mais chaque fois que le col tend à se refermer malgré la persistance de l’infeetion. Chaque fois qu'il s’agit d’une infection très septique (surtout à anaérobies) où il faut assurer le plus

large contact de l’utérus avec l'air extérieur,

Mais si le drain présente des avantages tels que son emploi est pleinement justifié dans certaines indications, par contre il peut présenter de nombreux inconvénients, le drain idéal se propose de les éviter et il doit remplir les conditions suivantes (Mouchotte).

1° Être rigide, d’une rigidité telle que la coudure et l’aplatissement surtout au niveau de l’utérus soit impos- sible. : |

2 Être composé du minimum de subtances possible, afin d'éviter l’application sur la surface utérine suintante de larges zones de substance qui soit en obturant les sinus infectés, soit en mâäintenant entre elles et la paroi utérine le pus collecté puissent faire obstacle à l'écoulement rapide du pus hors de l’utérus.

Un appareil fenêtré au maximun conviendrait bien.

> Avoir une graduation rationnelle, permettant de , Poser un appareil d’une longueur et d’un calibre en rapport avec les dimensions de la cavité utérine à drainer.

4° Être facile à poser.

9° Pouvoir tenir seul en place, sans qu'il fût nécessaire de le fixer au col par des fils ou de le caler par des tampons vaginaux faisant obstacle à l'écoulement du pus. |

6° Permettre le nettoyage facile et la stérilisation.

Le drain métallique de Mouchotte, s’il écarte les paroi utérines et par ses huit fenêtres laisse au pus un écoulement continu, facile, sans obstacle, est passible de plusieurs objections.

Il doit tenir seul en place, et par conséquent entre à

se

frottement dans la cavité utérine ; or, il esten métal et le contact d’une surface métallique nécessairement prôlongé et accompagné d’une certaine pression détermine sur les utérus infectés post partum incomparablement plus mous que les utérus post abortum, des plaies, des eschares qui, trop souvent, entretiennent l'infection.

Signalons le nouveau drain imaginé par le D° Lemaître (de Dunkerqu e). Il se compose d’un ressort à boudin dont les spires très serrées à la partie inférieure forment une sorte de tube. Elles se relâchent en haut pour se terminer par une petite coupole fenêtrée : ce drain flexible et résistant est moins vulnérant que le drain Mouchotte ; nous ne l’avons pas expérimenté. Le caoutchouc, sous réserve d’avoir un caoutchouc assez épais pour ne pas se couder au niveau de l'isthme, paraît plus recommandable. La question de la suspension du tube est assez délicate ; les tampons vaginaux sont mauvais, ils bouchent le drain dont ils sont le déversoir. Si le drain pénètre à frottement dans le col, il peut amener une eschatification des tissus, le mieux est de le maintenir par en haut.

M. Bonnaire a réalisé cette suspension par des dräins dont le principe est celui de la sonde de Pezzer- Malécot.

Les drains pour utérus post partum sont longs de 10 à 12 centimètres decalibre variable ;ce sont des tubes de caoutchouc percés de trous, terminés par une sorte de capsule en tête de tœnia largement fenêtrée.

Le drain vaseliné est introduit dans les deux mor-

d’une pince à faux germe ou d’une pince porte-ballons,

Von

la tête s’aplatit dans le sens transversal. Le grand axe de la tête est présenté au grand axe du col et par de petits mouvements de rotation, le drain est introduit dans l'utérus. La pince est désarticulée puis retirée. La tête du drain logée dans l'utérus reprend sa forme et maintient la portion tubulée dans le col et dans le vagin.

L'idée est ingénieuse ; plusieurs fois cependant nous avons vu les œillets du drain obstrués par des débris de l’endomètre, des fausses membranes : aussi M. Bonnaire est-il revenu à un modèle imaginé par lui antérieurement ; le principe est le même mais le drain se termine non par une coupole mais par quatre ailettes qui, disposées parallèlement les unes aux autres lorsque le drain est saisi dans la pince, s’écartent en croix, l’instrument étant parvenu dans la cavité utérine. Il existe dès lors quatre fenêtres losangiques énormes permettant et le libre accès des liquides modificateurs et la libre évacuation des produits septiques.

Le drain, sera changé tous les: matins par exemple, nettoyé par un courant d'eau et bouilli, puis remis en place et maintenu jusqu’à chute complète de la température.

Le praticien, s’il ne possède pas ces tubes spéciaux, pourra draîner et d’une façon très satisfaisante avec des drains rigides ordinaires réunis en un faisceau par des épingles ou des cerins.

En tout cas qu’il se persuade de ce principe qui a force de loi en chirurgie ; on NIMES avec un drain et non pas avec de la gaze.

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