L’ERGOTINE
L'ergot de seigle ( Secale cornutum }) et l’ergotine excitent la contractilité des fibres lisses de l'utérus et des vaisseaux. Leur efficacité est fonction dela richesse en fibres lisses de l’organe et de la disposition anatomique de ces fibres lisses par rapport aux vaisséaux dans cet organe.
Or la richesse des fibres lisses dans l’utérus ; leur disposition formant dans leur ensemble des anneaux concentriques en font, selon une expression classique, «de véritables ligatures vivantes » et favorisent donc au maximum l’action de l’ergotine. | + En France on ne l’a guère utilisée que dans le trai-
tement des hémorragies puerpérales. On ne la donne
qu'après la délivrance et après s’être assuré de la va-
cuité de l’utérus.« Tant que l'utérus renferme quelque chose : enfant, caillot, ou placenta, ne donnez jamais d’ergot» (Pajot).
En Allemagne ses propriétés sont systématiquement mises en usage dans le traitement de l’endométrite
puerpérale. La technique classique est lasuivante : «On
NON" s'assure d’abord de la vacuité de l'utérus et les débris sont enlevés avec le doigt ; l’antisepsie de l'utérus est réalisée par des injections intra-utérines très rares (2 à 3 par jour au maximum), de lusoforme et surtout d’eau oxygénée, même de sérum physiologique.
Mais la contractilité de l’utérus est assurée par l’emploi de l’ergotine en injections sous-cutanées à la dose. de 2 à 3 grammes par litre. Il se produirait un resserrement des voies d'absorption, une diminution des thrombus de l’aréa placentaire si faciles à ensemencer.
En mème temps la quinine donnée à forte dose, 1 gramme, complétera la rétraction de l'utérus. Une vessie de glace est laissée en permanence sur le ventre.
Le traitement diététique a pour base : l'alcool en grande quantité ; Todd, vins de Banyuls et la suralimentation (œufs, viande crue).
En résumé, le traitement général pour les Allemands est tout ; le traitement local est réduit au minimum d'intervention; la tonification de l'utérus, une des indications capitales étant assurée, d’après eux, par l’ergotine.
En France, les injections utérines chaudes et répétées ont paru suffisantes aux accoucheurs pour remplir cette indication ; mais,avec l’emploi des attouchements iodés, il y aurait intérêt à y associer l’ergot ; car nous ne possédons pas de statistique assez importante pour juger son efficacité sur les fibres musculaires de l’utérus infecté. La question appelle de nouvelles recherches.