‹ Essai sur le traitement intra-utérin de l'infection puerpéraleChapitre 5 sur 49 · CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES

L’infection puerpérale se développe grâce aux portes d’entrée offertes aux agents infectieux par les plaies, par les traumatismes produits par le mécanisme normal de l’accouchement ou par des manœuvres opératoires.

Ces solutions de continuité siègent aux différents étages de la filière utéro-vaginale.

Nous étudierons.

A). — Les plaies cervico vagino-vulvaires.

B). — La plaie de l’endomètre utérin.

A). — PLAIES CERVIGO-VAGINO-VULVAIRES

Elles dépendent de la qualité des tissus ; elles sont plus fréquentes chez les primipares aux tissus moins souples, chez les albuminuriques dont les éléments Bras tomiques sont moins résistants par la dyscrasie ; enfin

elles sont le triste apanage des femmes à bassin rachi-

Aoiee

tique justo minor ; chez elles l’aplasie porte non seulement sur le système osseux mais encore et surtout sur les parties molles réduites dans leurs dimensions, atrophiées dans leur structure, peu résistantes, incapables de supporter un effort brusque parce qu’elles sont « coriaces » non élastiques.

La nature et la répétition du traumatisme constituent le deuxième facteur étiologique.

Il faut incriminer le gros volume de l’enfant, les anomalies portant sur son poids, sa position, les interventions soit manuelles (dilatation, version) ; soit instru-

mentales : forceps,embryotomie, basiotripsie ; d’autant

plus que souvent, c’est l’angustie des voies génitales et la mauvaise qualité des tissus qui sont la cause de l'intervention.

C’est donc aux endroits où la pression sera la plus forte qu’elles siégeront de préférence.

Le col, très exposé aux déchirures dans les dilatations laborieuses, cède surtout au niveau des commissures.

L'orifice vulvaire et le vagin sont atteints à leur partie postérieure et latérale ; non seulement cette région est soumise à un effort considérable mais encore elle sert de rigole aux liquides plus ou moins septiques sécrétés dans le col, ou simplement irritants des injections.

Ces plaies rarement à bords nets et tranchants, mais contuses et mâchonnées offrent aux éléments microbiens des milieux de culture excellents et alors leur aspect se modifie :

Elles deviennent rougeñtres, s'entourent d’une zône

SV œdémateuse parfois considérable: leur surface présente des points de sphacèle plus ou moins étendus, il y a nécrose des parties frappées de mort par des affections destructives, toxiques et microbiennes ; d’autres fois au contraire, la surface se recouvre de fausses membranes d'abord jaunâtres, friables, puis grisätres, putrilagineuses, d’odeur horriblement fétide. Si on les soulève, on ramène avecelles du tissu cellulaire sphacélé provenant des couches superficielles de la plaie. C’est la diphtérie puerpérale des anciens, et la fausse membrane qui est une réaction banale de la muqueuse aux produits irritants et aux toxines microbiennes traduit la défense des plaies génitales contre les streptocoques rarement purs, souvent associés au colibacille, au staphylocoque aux anaérobics, très exceptionnellement au Loëffer, (Bümm).

Une plaie vulvo-vaginale est en voie de guérison quand ses bords se détergent des fausses membranes et quand sa surface rougeâtre se recouvre de petits bourgeons charnus saignant avec la plus grande facilité

et s’organisant en tissu cicatriciel.

B).— Corps DE L'UTÉRUS

Si les plaïes de la zône inférieure du canal génital étaient des solutions de continuité pathologiques pour ainsi dire, ici les modifications anatomiques sont les mêmes, quel que soit l'organisme de la parturiente, ce

sont des modifications physiologiques.

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