‹ Essai sur le traitement intra-utérin de l'infection puerpéraleChapitre 6 sur 49 · CT NE · texte numérisé non relu

CT NE

En effet, sur une femme accouchée récemment, la cavité utérine offre l’aspect suivant :

Au niveau de la surface d'insertion placentaire il existe la plaie placentaire saïllante, mamelonnée, anfractueuse, puisque formée par le plissement de la caduque utéro-placentaire.

Elle est Le siège de phénomènes de régression (dégénérescence fibrineuse des éléments superficiels) et de régénération (renouvellement de la caduque par les bourgeons profonds ) en outre, phénomène des plus importants, les orifices des sinus utéro-placentaires s’oblitèrent par des caillots sanguins, véritables stalactites suspendus au faîte de la cavité utérine, qui, plus tard s’organiseront et ce processus de thrombose est presque à peu près’ achevé sept à huit jours après l’accouchement.

En dehors de l'insertion placentaire s'étend la couche de la caduque pariétale épaisse d’environ 2 millimètres, très friable, composée de glandes, d'éléments anatomiques du tissu conjonctif jeune, connus sous le nom de cellules rondes et de cellules fusiformes.

La surface placentaire est donc une région prédisposée à l’infection par la disposition de la caduque riche en vallonnements, véritables repaires microbiens, par la présence de nombreux caillots ; mais d’autre part, une exérèse trop hâtive de ces derniers peut désobstruer les sinus utérins et ouvrir la voie de la cireulation veineuse.

Tel est l’aspect macroscopique de l’endomètre uté-

rin post-partum. Celui-ci peut avoir son épaisseur

PEL ee augmentée par prolifération de la coucue de caduque pariétale devenue mollasse, suceulente, tomenteuse, modifications se traduisant histologiquement par une augmentation : a) des éléments cellulaires, séparés par des interstices fibrineux plus abondants, ; b) des vaisseaux néoformés saignant facilement et produisant des hémorragies interstitielles. Ces cas dus à un léger degré d’endométrite déciduale sont déjà plus propices à l’infection ; plus la muqueuse est lisse et unie, plus difficile est son inoculation ; aussi cette dernière est elle considérablement favorisée lorsque la cavité utérine renferme des débris. |

Ces débris sont des caillots, des débris de membranes, des fragments plus ou moins gros de placenta.

Les caillots existent toujours dans la cavité utérine (caillots obturateurs des sinus de l’area placentaire) ; leur nombre augmente quand il y a hémorragie pendant le travail ou la délivrance (insertion vicieuse du placenta, hémorragie rétro-placentaire).

La rétention partielle ou totale des membranes est due soit à une délivrance intempestive,soit à une endométrite déciduale chronique, cette dernière découlant d’une inflammation utérine antérieure ou d’une maladie générale.

Dans la rétention du placenta partielle ou totale, l'on peut invoquer des causes anatomiques (placenta succenturié) ;des causes physiologiques (excès de contraction de l'utérus, enchatonnement) ; des causes patholo-

giques ; c’est dans l'immense majorité des cas une

endométrite déciduale.

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Enfin, et c'est une banaiité, la grosse complication de l'avortement est la rétention de l'arrière faix.

Les caillots, les membranes ou les cotylédons rete-

nus favorisent les hémorragies d’où affaiblissement, et fournissent un terrain éminemment nutritif aux germes infectieux (exaltation de la virulence).

*Ces corps étrangers agissent non seulement par leur nature : ce sont des substances albuminoïdes en voie de nécrose aseptique dans un milieu humide à température optima constante et ne demandant qu'à s’ensemencer mais de plus leur présence fait que l’utérus contracte moins bien ses fibres musculaires ; par suite les fentes lymphatiques, origine des vaisseaux, les conduits lymphatiques, les sinus veineux enfin, ont leur lumière relâchée et offrent ainsi aux microbes une voie de propagation facile.

Au point de vue histologique, si nous faisons une coupe d’un utérus infecté puerpéral nous trouverons deux aspects différents (Widal-Bûmm) correspondant à deux stades bien distinets.

a). — Endométrite localisée.

b). — Endométrite généralisée,

À). — Endométrite localisée.

La couche la plus superficielle de la muqueuse est semée de microbes divers : chaïînettes de Sireptocoques (endométrite septique), bactéries Saprophytes (endométrite putride).

LL ', 1h

Ares

Au dessous de cette zone se trouve la muqueuse nécrosée en voie de dégénérescence vitreuse trouble.

Plus profondément la zône granuleuse, haute parfois de 6 millimètres formée de cellules embryonnaires et de nombreux leucocytes sortis des vaisseaux par diapédèse.

Elle ne renferme pas de microbes ; c'est le terrain de défense, la barrière de protection contre les agents

septiques.

B). — Endométrite généralisée, ou métrite parenchymateuse ou lympho-phlébite pariétale.

L’endomètre est « farci» de micro-organismes, el, phénomène capital, on observe en de nombreux points l'absence de la zône granuleuse, parfois elle manque complètement. Alors les microbes envahissent toute l'épaisseur du musele utérin et pénètrent dans les espaces lymphatiques, dans le thrombus des veines de l’area placentaire, dans la lumière des sinus utérins.

La zône de réaction semble donc être une zône d’arrêt, de défense, produite par l'organisme pour s’opposer à la marche en avant des microbes. Cette zône, continue si l'organisme a pu réagir avec une énergie suffisante, manque quand la réaction est trop faible.

Cette distinction est de la plus haute importance au point de vue de la physiologie pathologique et de la thérapeutique à suivre.

Si elle est nette sur des coupes anatomiques la clinique est impuissante à l’établir.

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