De l’hémorrhagie utérine , ou métrorrhagie
L’écoulement des menstrues, qui dans l’état ordinaire n’est point une maladie, mais une fonction favorable à la santé de la femme, peut devenir plus abondant. On donne le nom de ménorrhagie , plus convenablement celui de métrorrhagie , à cet écoulement trop abondant des menstrues. On entend donc par ménorrhagie , ou métrorrhagie, une exhalation de sang qui a lieu dans l’utérus , soit à une époque non ordinaire, soit en plus grande quantité que de coutume. Cette exhalation survenant chez une petite fille à l’âge de cinq à six ans, ou chez une femme de soixante à soixante-dix ans, est toujours une exhalation morbide. Il en est de même lorsqu’elle survient chez les femmes actuellement réglées dans les intervalles
des époques menstruelles ; ou, lorsqu’au lieu de deux , quatre ou six onces, elles perdent une quantité de sang double, triple, quadruple, surtout si cet écoulement, plus abondant, est accompagné de langueur , de faiblesse ou de malaise.
Ainsi l’utérus peut être le siège de deux sortes d’hémorrhagies , l’une qui survient à une époque où les règles n’ont pas encore lieu; l’autre chez les femmes actuellement réglées, lorsque l’écoulement des menstrues est plus considérable qu’il ne doit être, ou lorsqu’il survient entre l’intervalle des règles.
Il est plus facile de distinguer l’hémorrhagie utérine lorsqu’elle survient entre les intervalles des règles; car la quantité de sang que rendent les femmes n’est pas tellement déterminée, qu’elle ne puisse être plus considérable, sans que cet écoulement soit pour cela qualifié à' hémorrhagie. Cependant , lorsqu’il est en plus grande quan-
tilé qu’à l’ordinaire, que le sang s’échappe avec une sorte d’impétuosité; lorsqu’il se prolonge plus long-temps que de coutume, et surtout quand il détermine de la faiblesse et un malaise inaccoutumé, il y a hémorrhagie.
L’hémorrhagie utérine survient fort rarement avant la puberté ; elle devient fréquente vers l’époque critique , surtout chez les femmes qui cessent de voir de bonne heure.
Causes . Diverses causes peuvent donner lieu à la maladie dont je parle; les unes sont propres à toute hémorrhagie utérine; les autres donnent plus particulièrement lieu à l’hémorrhagie active ou passive .
Parmi les premières, les unes agissent en déterminant la stase du san" vers l’utérus : ainsi cette maladie s’observe surtout chez les
femmes qui restent habituellement assises ; chez celles qui montent habituellement à cheval , qui font des courses dans des voitures dures , qui sont obligées de faire habituellement des elïorts pour aller à la selle, qui toussent ou éternuent fréquemment, qui portent des ccinluica uu. Jcs coraeid fui t aun es.
D’autres causes agissent en excitant particulièrement l’organe utérin : telles sont , l’action prolongée des organes génitaux produite par le coït; la masturbation, une imagination lascive, les lectures érotiques, la vue d’objets séduisans ; quelquefois par la présence de pessaire dans le vagin, ou bien par une continence prolongée. Le coït surtout détermine un afflux plus considérable de sang vers l’utérus, lorsqu’il a lieu pendant le temps des menstrues, ou à l’époque qui les précède ou qui les suit immédiatement, pendant la grossesse surtout, aux époques menstruelles; aussi recommande-t-on aux femmes enceintes de s’abstenir entièrement du coït à l’époque où les règles devraient avoir lieu. On a encore remarqué que le coït chez les femmes nouvellement mariées, surtout chez celles qui sont réglées depuis peu de temps, et chez les femmes arrivées à l’époque critique , produisait assez souvent le même effet.
On a encore indiqué, parmi les causes prédisposantes de l’hémorrhagie utérine, les avortemens fréquens, ia grossesse commençante, l’emploi des remèdes abortifs, l’usage des cliaaiFerettes , devêtemens légers, de bains très-chauds, de cly stères irritans , chez quelques femmes.
Telles sont les causes les plus ordinaires de la métrorrhagie , dont les unes agissent en déterminant la stagnation du sang, les autres en en appelant une plus grande quantité dans les vaisseaux utérins. Outre ces causes , qui sont propres à toutes les hémorrhagies de l’utérus , il en est d’autres qui appartiennent plus spécialement à telle ou telle autre espèce d’hémorrhagie utérine. C’est ainsi qu’une constitution molle et grêle , une vie sédentaire, des ch a g tins, le manque d’alirnens pendant la grossesse, disposent particulièrement à l’hémorrhagie passive j et qu’au contraire une constitution forte, pléthorique , l’usage habituel d’alimens suceuïens, de vins généreux , la suppression d’une évacuation sanguine habituelle, disposent particulièrement à l’hémorrhagie active.
Chez les femmes qui sont enceintes , l'implantation du placenta SUr le Col de 1 Utérus détermina »o3Ci- ouuYcui des liemorrhagies. A l’époque de l’accouchement, il survient toujours un écoulement de sang ; mais quelquefois cet écoulement devient assez abondant pour constituer une maladie et la faire entrer dans le domaine de la pathologie. Quelques médecins ont encore pensé que les convulsions des enfans contenus dans l’utérus pouvaient donner lieu à l’hémorrhagie utérine; mais cette assertion est loin d'ètre démontrée.
Symptômes . L’hémorrhagie utérine survient quelquefois sans phénomènes précurseurs; mais alors elle est annoncée par des douleurs dans l’utérus, le dos , les lombes, les hanches, i’hypogastre , de la soif, de la sécheresse de la bouche, des nausées, des vomissemens, de la dyspnée, des palpitations, des alternatives d’horripilation et de chaleur. Chez quelques femmes sujettes aux héinorrhoïdes,
les tumeurs hémorrhoïdales se gonflent; quelquefois il y a ténesme, constipation.
Voici quels sont les principaux symptômes de cette hémorrhagie : douleurs variables, vives ou légères dans l’utérus; écoulement par le vagin d’un sang fluide ou caillé , ordinairement pur, quelquefois présentant des concrétions membraniformes ressemblant aux enveloppes du fœtus , et pouvant en imposer, dans quelques cas, pour un avortement. Cet écoulement cesse quelquefois , quoiqu’il reste une certaine quantité de sang dans l’utérus , comme lorsqu’un caillot vient à boucher l’orifice de cet organe. Dans ce cas , il survient des douleurs dans les lombes, dans la région de l’utérus, des contractions très-vives des muscles de l’abdomen , qui déterminent l’expulsion du sang.
Les phénomènes généraux dépendent de la quantité de sang qui est exhalée. Quand cette quantité est considérable, il survient de la pâleur, des faiblesses, des bâillemens. Lorsque la respiration est diflicile, il y a des soupirs, obscurcissement de la vue, refroidissement des extrémités, défaillances, syncopes, convulsions.
La marche de cette hémorrhagie n’ofïre rien de remarquable.
La durée ne présente rien de fixe : elle n’est quelquefois que de quelques heures; d’autres fois elle dure plusieurs semaines; dans quelques cas, des mois entiers.
La terminaison est toujours heureuse quand l’hémorrhagie est idiopathique, et lorsqu’elle n’est pas due â la rupture de quelque vaisseau. Quelquefois elle devient funeste, d’une manière presque instantanée ; mais cela n’a lieu que dans l’accouchement , soit que l’écoulement se fasse au-dehors , soit que le sang reste au-dedans. Dans quelques cas, la mort arrive d’une manière graduelle; les hémorrhagies, en se reproduisant , déterminent un affaiblissement progressif, l’infiltration générale , et la mort.
L’hémorrhagie utérine qui survient chez les femmes enceintes
détermine quelquefois l’avortement dans les premiers mois de la grossesse; si elle survient plus tard , raccouchement prématuré. Dans quelques circonstances, elle n’empêche pas la femme d’amener son enfant à terme.
À la suite des hémorrhagies utérines qui se sont répétées plusieurs fois , il reste ordinairement de la faiblesse, une langueur générale , ou les règles ne reparaissent pas pendant quelques mois. Lorsque les hémorrhagies se sont reproduites à des intervalles rapprochés , il survient assez souvent du côté de l’utérus des phénomènes remarquables. La femme éprouve de l’indifFérence pour le rapprochement des sexes ; elle devient stérile ; ou , si elle vient à concevoir, elle est singulièrement disposée a l’avortement.
L’hémorrhagie utérine peut être active . passive } ou ne présenter ni l’un ni l’autre de ces caractères. Les variétés qu’elle présente sont relatives à l’époque à laquelle elle peut se montrer. On dis ] tingue une hémorrhagie utérine qui affecte les filles non pubères , une autre qui affecte les femmes actuellement réglées, et une troisième enfin c^ui atta L’hémorrhagie qui survient chez les femmes âgées , au lieu de s’écouler au -dehors, reste ordinairement dans l’intérieur de la matrice. Il survient une augmentation dans le volume des mamelles, une tumeur dans la région du bas-ventre : les femmes croient être enceintes ; mais, après trois ou quatre mois, il survient des douleurs analogues à celles qui accompagnent l’accouchement , le sang s’écoule, et tous les symptômes disparaissent.
Diagnostic. Le diagnostic de la métrorrhagie est en général facile. Ce qu’il y a de plus important , c’est de distinguer si l’écoulement de sang est naturel ou morbide. L’écoulement naturel a lieu à la même époque , et sa quantité est toujours à peu près la même. L’écoulement morbide a lieu avant la puberté, ou après la cessation
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des règles, ou bien lorsque, la femme étant réglée, il devient assez considérable pour produire de la faiblesse.
Il est quelquefois assez difficile de distinguer l'hémorrhagie idiopathique de celle qui est symptomatique du cancer de l’utérus. Toutefois , dans le cancer utérin , la maladie porte particulièrement sur le col de cet organe ; et si on le touche, on le trouve dur , rugueux , inégal , quelquefois déjà ulcéré. Il existe en outre des symptômes généraux qui ne peuvent laisser de doute sur la nature de la maladie. Il n’en est pas de même lorsque le cancer est encore commençant ; mais alors l’incertitude ne peut pas durer long-temps ; après quelques mois , la maladie se prononce davantage : d’ailleurs, dans ce cas , le traitement est le même que si l’hémorrhagie était idiopathique.
Prognostic . Le prognostic est plus ou moins sérieux , selon la quantité de sang perdue , la fréquence des hémorrhagies , la faiblesse de la constitution de la femme. Quelques circonstances qui rendent encore l’hémorrhagie utérine grave , c’est la stérilité qui peut en être la suite , et l’avortement qui est à craindre, si la femme devient grosse. On remarque qu’en général elle est plus fâcheuse
chez les très- jeunes filles et chez les femmes qui sont avancées en âge que chez celles qui sont nubiles. L’hémorrhagie qui survient chez les femmes actuellement enceintes présente du danger et pour la mère et pour l’enfant. L’hémorrhagie qui survient après l’accouchement est en général d’autant plus sérieuse qu’elle survient à une époque qui en est plus rapprochée.
Traitement . Le traitement de la métrorrhagie doit varier selon qu’elle est active ou passive , ou qu'elle ne présente ni l’un ni l’autre de ces caractères.
Lorsque l’hémorrhagie n’est ni active ni passive , c’est particulièrement par des soins hygiéniques qu’on doit chercher à la com-
battre. Ainsi on doit recommander que la malade soit placée sur un lit dur, dans une immobilité complète, le bassin étant plus élevé que la tête et le tronc. En même temps on prescrit des boissons adoucissantes et légèrement astringentes , telles que les solutions de gomme, la décoction de riz édulcorée avec le sirop de grande consolide. Lorsque l'hémorrhagie utérine est active , et qu’elle est accompagnée d’un mouvement fébrile , on doit prescrire une diète sévère, recourir à la saignée. S’il n’y avait pas de mouvement fébrile ^ on pourrait s’abstenir de ce dernier moyen , et se borner à l’emploi de boissons acidulées, gommeuses, émulsionnées; des doux laxatifs , du petit-lait tamariné , de lavemens tièdes. Si l'hémorrhagie était très-abondante , et que l’emploi de ces moyens fût insuffisant , on déviait recourir aux boissons froides acidulées , aux topiques Froids appliqués sur les organes extérieurs de la génération, même injectés dans l’intérieur. L’hémorrhagie est-elle passive, on doit recourir à l’emploi des toniques et aromatiques dès le début. Ceux que Ton emploie principalement alors sont, le quinquina , la décoction de chêne, de cascarille , de simarouba, l’eau distillée de cannelle, l'écorce d’orange verte, la gomme kino, le sangdragon , l’alun. L’opium a été aussi conseillé dans ce cas; mais
il ne convient que quand il s’est manifesté des symptômes nerveux , alarmans parl’efïet même de l’hémorrhagie. On a employé en décoction ces substances, en les administrant par injection , et l’on a chargé des tampons de leur poudre pour les introduire dans le vagin. La ratanhïa , la digitale, ont été recommandées dans ce cas ; mais il me semble qu’il est toujours préférable de recourir aux moyens dont l’action est la mieux constatée , au kina , à la gomme kino , à l’alun et à l’eau de Rabel.
On a encore proposé l’emploi des vomitifs , et surtout de l’ipécacuanha, dans l’hémorrhagie utérine ; mais je crois qu’ils ne peuvent convenir dans tous les cas : ce n’est que lorsque la malade est tourmentée de vomituritions continuelles que , pour les faire cesser ,
ion peut y recourir; car les contractions des muscles abdominaux que le vomissement détermine ne pourraient qu’augmenter l’hémorrhagie.
Lorsque l’hémorrhagie passe à l’état chronique, on a conseillé la limonade sulfurique et les préparations martiales. Lorsqu’elle est jointe à une très-grande susceptibilité de la femme, on a préféré à la limonade sulfurique la teinture thébaïque. Soit qu’elle ait été active ou passive et très-abondante , on doit recourir aux applications d’eau très-froide, de glace pilée, aux injections d’eau trèstroide dans le vagin ; dans quelques cas , on a même placé dans ce canal un morceau de glace conique , de la charpie imbibée d’une solution très-froide d’alun.
L’hémorrhagie utérine succède-t-elle à l’accouchement, on ne doit pas se hâter de recourir aux topiques froids, dans la crainte de donner lieu à la suppression des lochies. Toutefois , si l’hémorrhagie devenait très - abondante , il ne faudrait pas redouter de supprimer cet écoulement ; dans ce cas , on doit se hâter d’y recourir.
6.° Des accidens qui surviennent chez la femme à V époque de la
cessation du flux menstruel .
Pour terminer l’histoire des accidens relatifs à la menstruation , il me reste à parler de ceux qui surviennent à l’époque où cette fonction cesse d’une manière définitive, époque à laquelle on donne communément le nom de temps critique.
Chez les femmes sages, laborieuses, qui ont vécu selon le vœu de la nature, et qui ont eu des enfans , la menstruation cesse sans aucun accident; ce phénomène n’appartient plus à la pathologie; mais il s’en faut bien qu’il soit toujours de même.
L’époque à laquelle survient la cessation des règles chez la femme n’est pas toujours la même. Dans notre climat, rarement
elle a lieu avant l’âge de'- trente-six à quarante ans, et après celui de cinquante à cinquante-cinq ; quelquefois la menstration cesse subitement; d’autres fois elle diminue graduellement, la quantité de sang qui s’écoule devient de moins en moins considérable, jusqu'à ce quelle cesse entièrement. Enfin , dans quelques cas , cette époque des règles s’accompagne d’hémorrhagies utérines, qui surviennent soit à l’époque de règles, soit dans les intervalles qui les séparent.
L’époque de la cessation des règles devient pour quelques femmes une époque favorable, et apporte dans leur constitution des changemens heureux; cela s’observe surtout chez celles d’une constitution faible et délicate. D’autres femmes , qui étaient habituellement bien portantes, deviennent malades â cette époque; enfin chez quelquesunes la cessation du flux menstruel ne produit aucun changement, ni dans la constitution ni dans la santé habituelle.
Accidens . Les accidens qui surviennent à l’époque de la cessation des règles sont particulièrement remarquables chez les femmes oisives et voluptueuses. Ces accidens sont locaux ou généraux. Chez la plupart d’entre elles on observe des feux au visage , qui reviennent plusieurs fois le jour. Quelques-unes présentent cette coloration habituelle de la face accompagnée d’une légère saillie, qu’on désigne sons le nom de couperose . Ailleurs, les accidens portent principalement sur les organes de la locomotion , fatigues au moindre exercice , palpitations et convulsions dans les muscles ; chez quelques-unes, sur les facultés intellectuelles, hystérie, hypochondrie : ce dernier état est surtout très-fréquent. Beaucoup de femmes consentent avec peine à se priver de plaisirs auxquels elles sont habituées , et alors elles tombent dans une bizarrerie inconcevable d’esprit et de goût, et souvent il existe une véritable manie . Sur les organes de la digestion , perversion de l’appétit, aigreurs , flatuosités, lenteur des fonctions digestives, coliques, dévoiement ou constipation. Sur la poitrine, gêne de la respiration , douleurs,
consirietion dans la région du thorax ; palpitationss , battemens insolites de quelques artères; quelquefois mouvement fébriles, irréguliers; dans quelques cas enfin on voit survenir d’autres symptômes , qui ne se rapportent à aucune maladie décrite.
J’ai dit qu’en quelques circonstances la constitution se fortifiait, à celte époque ; que des changements heureux s’y opéraient : ces phénomènes s’observent surtout chez celles qui sont faibles , et pour lesquelles ^écoulement menstruel est un sujet d^affaiblissement continuel. Line sécrétion plus abondante de graisse se fait alors dans les cellules du tissu adipeux ; il survient chez elles une sorte de rajeunissement ; leur peau devient plus blanche; les rides , qui commençaient à se former, s’effacent par suite de l’exhalation plus grande de la graisse , exhalation qui porte plus particulièrement sur le ventre , sur les épiploons , et en augmente beaucoup le volume. Enfin, chez quelques femmes, comme je l’ai énoncé, on n’observe aucun changement ni dans la santé ni dans la constitution.
Traitement . Lorsque la femme est arrivée les rècles doivent cesser , on doit chercher à
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à l’époque à laquelle prévenir les accidens
qui peuvent accompagner cette cessation.
Chez les femmes habituellement sobres, sages , on n’a rien à prévenir. Quant a celles qui ont l’habitude de veiller, devoir la poitrine et les bras découverts, on doit leur recommander de quitter cette habitude. Il en est Je même des lits et des sièges trop mous, qui peuvent favoriser les hémorrhagies a cette époque. On doit prescrire aux femmes pléthoriques de diminuer la quantité habituelle des alimens , de se nourrir particulièrement de légumes herbacés, d’éviter tout ce qui pourrait augmenter cet état ou le déterminer artificiellement, tel que les alimens de haut goût, le café, les liqueurs. Les boissons acidulés, les eaux légèrement purgatives et gazeuses , sont au contraire avantageuses alors. Quant aux femmes molles , au contraire , on doit chercher à leur donner la force
qui leur manque par les médicamens amers et un régime tonique.
li est aussi très-important à cette époque d’éloigner de la femme toutes les affections vives , de lui procurer de la distraction ; car souvent un voile sombre se répand sur son âme , vient rembrunir ses idées : or rien n’est plus favorable que cet état au développement des maladies organiques auxquelles elle est alors si exposée.
Il n’est pas moins important encore , au retour de l’âge , que la femme diminue peu à peu ses plaisirs; le coït, trop fréquemment répété , peut déterminer des pertes fâcheuses.
Le plus souvent on peut ne pas" recourir aux médicamens pour prévenir ces accidens, l’emploi de simples moyens hygiéniques suffit. On a cependant préconisé la saignée : il s’établit en effet à cette époque un état de pléthore, et les évacuations de sang semblent être un moyen de la faire cesser. Mais la saignée n’est pas toujours indiquée , quoique quelques médecins en aient fait un précepte général. D’autres praticiens pensent que ces émissions de sang contre nature ne font qu’entretenii le flux menstruel qui doit cesser naturellement. Si j’osais, je me permettrais d’observer que ces préceptes exclusifs me paraissent également dangereux; je crois qu’on ne doit point prescrire ni proscrire la saignée dans tous les cas ; mais on doit avoir égard, dans l’emploi de ce moyen , à la constitution de la femme, aux accidens qui surviennent , circonstance que la pratique d’hommes d’une rare prudence m’a mis â même d’observer. En effet , s’il ne se montre aucun accident, on doit toujours s’abstenir de la saignée; mais s’il existait un état de pléthore qui ne cédât pas même à une diète sévère, on doit recourir à des évacuations de sang, qu’on a d’ailleurs soin d’écarter de plus en plus, à mesure que les accidens disparaissent.
Les purgatifs, conseillés vulgairement à l’époque de la cessation
des règles, sont généralement nuisibles; oe n’est que dans un petit nombre de cas qu’ils peuvent convenir.
Les exutoires sont loin d’être toujours nécessaires. Ce n’est que lorsqu’il survient des açcidens, tantôt ve»s un organe, tantôt vers un autre , et que ces accidens ne cèdent pas aux moyens hygiéniques, ou qu’il survient quelques maladies qui en exigent l’emploi, qu’on peut y recourir. Mais alors on doit les entretenir pendant quelque temps , et les supprimer ensuite.
On a observé que les maladies aiguës et chroniques, et notamment ces dernières, présentaient généralement plus de gravité à l’époque de la cessation des règles. Cette circonstance ne présente point d’autres indications particulières que de combattre ces maladies par des moyens plus actifs.
H1PPOCRATIS APHORISM1
( edente Pabiset ) .
Jncipientibus tnorbis si quid inovendum videatur move , vigentibus vero, quiescere melius est. Sect . 2 , aph. 29.
In morbis rninùs periclitantur ii quorum naturæ et ætati , et habitui , et tempori magis similis morbus, quàm ii quibus horum nulli fuerit similis. Ibid. , aph. 34-
Duobus doloribus sirnul obortis , non in eodem loco, vehementior obscurat alterum. Ibid. , aph. 46.
Mutationes anni temporum maximè pariunt morbos; et in ipsis temporibus magnæ mutationes tùm frigoris , tùm caloris , et cætera pro ratione eodem modo. Seat . 3, aph. 1.
Non febricitanti appetitus dejectus , et oris veniriculi morsus et tenebrieosâ vertigo, et os amarescens, sursùrn purgante opus esse , indicat. Sect. 4? aph. 1 7.
Non febricitantibus si fiat tormen , et genuurn gravitas , et lum^ borum dolor, deorsùm purgante opus esse indicat. Ibid. 9 aph. 20.
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