VII OBSERVATION
RÉSUMÉ. — Otite moyenne chronique, tuberculose pulmonaire: Dix jours avant la mort, délire confusionnel ; coma pendant deux jours, convulsions ultimes.
M... C..., employé de commerce, 30 ans, ne présente rien de notable dans ses antécédents familiaux et personnels. Parents, sœur en bonne santé.
[1 était de complexion délicate. Il ne fit pas de grave maladie. À 17 ans il eut une otite moyenne du côté droit, qui fut soignée par M. Lannois.
A 26 ans M...! s’installe à Lyon, où il se surmène physiquement et intellectuellement. Il contracte la tuberculose pulmonaire.
Au mois de janvier 1902 se sentant sérieusement atteint, il alla se reposer chez ses parents.
Son médecin constata que la suppuration de l’oreille avait eu une sorte de recrudescence, et que les lésions pulmonaires étaient avancées dans la partie supérieure du poumon gauche.
M..., était depuis une quinzaine de jours en traitement, il se plaignait uniquement d’une insomnie persistante, non douloureuse et d’une légère céphalée quand il essayait de faire un travail intellectuel ; l'appétit était médiocre, le moral excellent. Fièvre à oscillations. Urines : pas d’albumine.
Brusquement, il se mit à délirer ; ce délire consistait en propos incohérents, sans Île moindre lien entre eux, sans caractère mégalomaniaque, mélancolique ou autre, sans excitation. Les questions les plus pressantes ne parvenaient pas à le sortir de son délire.
Il ne présentait ni paralysies, ni contractures; pas d’attitude spéciale, pas de vomissements, ni aucun autre phénomène somatique.
M. Lannois le vitalors et décida son transfert à l'hôpital.
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Le trouble cérébral était-il une complication de la lésion auriculaire ou de la lésion pulmonaire ?
Pour M. Lannois, il était bien plus probable qu’il s ’agissait d’une propagation bacillaire à l’encéphale que d’un abcès d’origine otitique. Néanmoins M. Lannois pensait qu'un symptôme de localisation pourrait peut-être donner l’indication d'intervenir. Mais le lendemain de son entrée le malade tombait dans le coma et mourait après quelques convulsions.
Autopsie :
Poumon gauche : Une cavernule, lobe supérieur infiltré et ramolli dans sa moitié supérieure.
Poumon droit: Tubercules disséminés.
Rien aux plèvres ni aux autres viscères.
A l'ouverture du crâne, rien à la dure-mère. La dure-mère incisée, il s'écoule un liquide peu abondant. La pie-mère de la convexité est congestionnée à la partie antérieure des hémisphères.
Rien de remarquable à la base ni aux ventricules.
La dure-mère recouvrant le rocher et la pie-mère du lobe temporal sont normales.
La pie-mère se laisse facilement enlever, sauf à la région frontale, où il y a quelques adhérences.
Rien d’anormal à la coupe des hémisphères.
Ex. mic. : Frontale ascendante gauche (partie supérieure).
Méninge considérablement infiltrée. Quelques gaines périvasculaires venant du cortex forment des cônes à base périphérique gorgée de leucocytes qui font éruption au dehors et soulèvent la membrane en dôme. Il existe quelques globules sanguins dans les vaisseaux.
Tout le cortex est infiltré et altéré dans tous ses éléments. Les paroïs des vaisseaux seules paraissent peu touchées, mais elles sont entourées d’un manchon de leucocytes de plus en plus abondant quand on s’approche de la périphérie de la
PLance V. — Fic. 7. — M... Obs. VIT. — Méningite tuberculeuse. Frontale ascendante gauche. Éruption méningée à l'embouchure d'un vaisseeu du cortex. (Durc. Nissl. Col. Unna. Prép. de Jeanty-
Dessin de Taty).
. (Prép.et Dessin
M. Obs. VII. — Le cortex de la même préparation
Fic. 7 (bis). — de Jeanty).
Ty gaine. Les vaisseaux contiennent des globules sanguins en médiocre quantité.
La névroglie est en prolifération. Les noyaux névrogliques sont nombreux, le corps des cellules névrogliques apparaît coloré ainsi que les fibrilles. Ces cellules sont entourées de nombreux éléments ronds. |
Les cellules nerveuses sont très altérées. Les prolongements sont encore visibles, mais beaucoup sont torduset creusés de vacuoles ou déprimés par les éléments ronds. Le protoplasme est très réduit. Les noyaux sont apparents, se colorant un peu, mais sont déformés. Le nucléole persiste, se colorebien, mais est décentré en beaucoup d'endroits. Toute la cellule se colore également. Dans les cellules où le protoplasme persiste on observe des vacuoles. Dans d’autres la cellule n’est déjà plus représentée que par son noyau qui occupe un coin de l’espace d’Obersteiner et n’est plus relié à la périphérie que par quelques travées de substance colorée, d’où un aspect lacunaire, (Lacunes irrégulières à bords déchiquetés).
Il semble que les altérations des cellules nerveuses et surtout l’infiltration péricellulaire soient plus accentuées dans les couches profondes. Certains points de la couche superficielle sont indemnes d'infiltration. Il semble aussi que parmi les celluies d’une même couche ce sont les plus petites qui sont les plus entourées d’éléments ronds ; on en compte parfois jusqu’à 4 ou 5 autour d’une cellule dans un même plan optique. |
Au contraire, les altérations névrogliques sont plus marquées à la périphérie. Elles le sont beaucoup moins dans les couches profondes où le noyau seul apparaît comme à l'état normal, tandis que dans la couche superficielle on peut voir le corps et les fibrilles, avec la seule coloration d'Unna.
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