SAGE
organes formés d'éléments pie-mériens et épendymaires très différenciés. Cet épithélium sécrète suivant le mode holocrine le liquide céphalo-rachidien. Wainmann Findlay (1)en a donné la démonstration histologique : il montre les cellules inférieures granuleuses remplies de nombreux et fins globules, les moyennes pleines de globules volumineux, et, parmi les plus superficielles, les unes distendues par une vacuole occupant tout le corps cellulaire, les autres flétries après avoir laissé échapper leur contenu.
b) Les granulations de Pacchioni sont de simples évaginations du tissu pie-mérien entouré de larachnoïde, de l’espace arachnoïdien et de la dure-mère dans l'intérieur des sinus veineux. Elles sont dépourvues de vaisseaux, présentent la même conformation que la piemère, Elles n’ont que l’apparence des formations glandulaires : elles n’en ont ni la vascularisation, ni les éléments cellulaires. Pour l’école allemande (2), elles
(1) in « Journalof Mental Science », 1898 : « Histologie normale et pathologique des plexus choroïdes ».
La structure de leur épithélium et leur évolution avait fait soupçonner leur rôle à Luschka : il décrivit le premier la stratification de leur épithélium, leur développement considérable chez le jeune, leur régression partielle par une sorte de dégénérescence kystique chez l’adulte. — Leur hypertrophie a été signalée dans les hydrocéphalies aiguës et chroniques (D’Astros) et dans les méningites séreuses (thèse d’Alamelle, Nancy, 1897).
Pour les modifications quantitatives et qualitatives du liquide Céphalo-rachidien, lire Mya : Rivista di Patologia nervose e mentale, 19o1.
(2) A. Key et Retzius ont réussi à faire passer des liquides colorés des diverticules pacchioniens dans les cavités veineuses ; ils ont peut-être forcé leurs injections. C’est ce qu’on pourrait leur faire observer surtout pour les communications de la méninge avec Pextérieur.
| DS PANNE joueraient un rôle important comme voies d'écoulement du liquide céphalo-rachidien. En France, on admet, en $e fondant sur leur apparition tardive, sur leur absence chez certains sujets, sur leur pénétration dans des cavités osseuses, que ce sont de simples dépressions dues à la tension du liquide céphalo-rachidien qui dépasse celle des veines.
c) Les gaines périvasculaires de Robin sont des infundibulums pie-mériens revêtus d’endothélium sur leurs deux faces {Eberth) : ils s’étendent le long des artérioles et des veinules jusqu’à une certaine distance, plus grande pour les premières que pour les secondes. . La gaine est séparée des vaisseaux par une mince couche de liquide céphalo-rachidien, et du cortex par l’espace virtuel de His. Elle se termine en se confondant avec l’'adventice du vaisseau : d’où le nom de gaine intraadventitielle donnée par Robin, qui la comprenait comme un dédoublement de ladventice. e
Chez le jeune, des cellules remplies de granulations graisseuses sont entassées dans ces gaines; elles disparaissent peu à peu et les granulations se transforment en myéline au fur et à mesure de la myélinisation des cylindraxes. — A l'état définitif les gaines ne contiennent plus que du liquide céphalo-rachidien et de loin en loin quelques Jleucocytes : elles sont devenues « des séreuses minuscules qui atténuent les pulsations des vaisseaux » (Renaut).
Nous venons d’exposer la conception classique des trois méninges et des deux espaces interméningés, le premier séreux et de glissement, le deuxième « occupé par le tissu conjonctif lâche et de la nutrition ». (Renaut).
LENQRRE
III. — Un troisième espace, qui n’est pas admis par tous, fut décrit par His en 1865, entre la pie-mère et le cerveau : il l’appela espace épi-cérébral et le montra se prolongeant le long des gaines adventitielles de Robinen formant la gaine périadventitielle.
Cet espace et ses prolongements sont limités du côté externe par l’endothélium de la pie-mère et du côté interne par la névroglie corticale.
De ces prolongements partent des fentes internévrogliques qui aboutissent à l’espace péricellulaire dit d’Obersteiner (1). Ces deux formations ne sont pas des lymphatiques avec parois ou des cavités réelles mais, dit Testut, « de simples interstices à peu près virtuels dans les conditions ordinaires, cependant susceptibles de s’élargir et d'acquérir ainsi une capacité réelle à la suite de piqûres suivies d'injections ou dans certaines conditions pathologiques », ou encore, ajouterons-nous, par le durcissement. C’est dans l’espace d'Obersteiner qu’arrivent les liquides nutritifs qui pénètrent d’abord la cellule nerveuse et sont ensuite répartis dans les prolongements. Sur le pourtour de la cellule viennent déboucher des canalicules qui font partie du système circulatoire intra-cellulaire, décrit en premier lieu par Holmgren.
Les canalicules suivent dans le protoplasme un parcours ondulé, caractéristique, qui s'adapte aux mailles du réseau fibrillaire. — Ils s’anastomosent entre eux pour former un réseau continu et ils sont en communi-
(1) OBERSTEINER : « Centres nerveux. » Trad. franc., Paris, 1803, P. 181, et suivantes.
ous cation directe d’une part avec l’espace péricellulaire, d'autre part avec l’espace périnucléaire. En effet, le système canaliculaire est complété par un sinus périnucléaire, qui se montre sous forme d’un anneau clair. — Les canalicules ont une section ronde ou ovale. — Le sytème canaliculaire d’'Holmgren n’est autre chose que l’appareil réticulaire de Golgi (1). Il existe dans les cellules nerveuses de toutes les classes animales et dans toutes les parties du système nerveux.
IV. — Quant au parenchyme cérébral, il présente une disposition unique : les cellules qui le constituent ne se touchent pas ; elles ne touchent pas les capillaires (2),
(1) DonaGGio : « I canalicoli del citoplasma nervoso e il loro rapporto con uno spazio perinucleare ». — ÆRivista sperim. di freniatria e med. leg. d. al., avril 1900, fig.
Fraguito (Annali di névrol., 1899, p. 104). émet l’hypothèse que les canalicules représentent les interstices existant entre les neuroblastes qui contribuent à former la cellule nerveuse. Les corps de Nissl représentent condensés les réseaux chromatiques nucléaires des neuroblastes qui ont formé le protoplasme ; le noyau + est la résultante de la condensation du réticule chromatique du noyau du neuroblaste primaire. Dhorn, Apathy, Paladino, Capobianco affirment aussi la genèse pluricellulaire du cylindraxe et de la cellule nerveuse.
(2) Kronthal, puis Lapinsky (Archiv, fur Psych. 1894), ont décrit des capillicules sanguins dont le diamètre variant de 1m à 2 ne laisse passer que le sérum et quelques globules rouges étirés en minces bâtonnets. Certains capillicules APPArAMSSENE dans le voisinage presque immédiat des pyramidales.
Guillain, après Fr. Franck et d'Abundo, a étudié la circulation de la lymphe dans la moelle (Rev. neurol: 1899, p. 855). Voici la fin de son article :
« La fonction de voie lymphatique que nous supposons appartenir au canal central, semble exister aussi pour les ventricules du cerveau. Bruno (Ueber die injection von Gifte ins Gehirn. Deuts. med. Woch.. juin 1899), a vu que les injections cérébrales colorées
d’après les classiques. La névroglie forme autour des capillaires un manchon assez dense et autour des cellules nerveuses un treillis serré qui se continue en un étui de fibres névrogliques autour des premières ramifications de la cellule ; quant aux ramuscules, ils sont entourés d’une substance d’origine névroglique, le givre de Boll, qui apparaît sous forme de blocs irréguliers (1).
En résumé, l’encéphale est entouré de trois méninges et de trois espaces, dont deux virtuels, l’espace arachnoïdien et l’espace épicérébral. Les espaces pie-mérien et épicérébral envoient des prolongements dans l'intérieur du cerveau et rendent ainsi solidaires l’enveloppe nourricière et l'organe: leurs rapports, en effet, sont
étaient amenées vers les cavités ventriculaires. Nous pouvons en inférer que les injections de poisons ou de sérums antitoxiques dans le cerveau sont sans doute drainées par les voies lymphatiques.
« Conclusions: 1° La circulation des liquides nourriciers, la circulation de la lymphe suit dans la moelle épinière une voie ascendante.
« 20 La circulation de la lymphe dans le cordon postérieur est indépendante de la circulation de la lymphe dans le cordon antérolatéral.
« 30 Le canal de l’épendyme remplit les fonctions d’un canal lymphatique.
« 4° Les espaces lymphatiques de la moelle sont déterminés surtout par la disposition de la névroglie.
« On peut se demander si les microbes, si les corps toxiques ne peuventléser différents points de la moelle par l'intermédiaire du canal ependymaire, si la syringomyélie, véritable syndrome anatomique, ne reconnait pas dans certains cas une origine lymphatique. »
(x) Ce givre constitue, d’après Renaut, un obstacle infranchissable à la diffusion des colorants, les ramifications se terminent par une cassure nette; on ne peut observer les ramuscules ultimes. Aussi Renaut reste-t-il sur la réserve au sujet des rapports que ces ramuscules ont entre eux.
rire beaucoup plus intimes que les rapports ordinaires de séreuse à viscère : ce sont même là des formations qui ne sont pas comparables, ni comme physiologie, ni comme pathologie.
C’est sur leur solidarité en physiologie et en pathologie que M. le professeur Pierret rappelait l’attention des aliénistes et des neuro-pathologistes au Congrès de 1898 : C’est l’union intime en pathologie de la leptoméninge et de l’encéphale qu'il a voulu que nous mettions en lumière dans notre thèse.