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PHARMACODYNAMIE ET EMPLOI THÉRAPEUTIQUE DES MÉDICAMENTS ASTRINGENTS

PHARMACODYNAMIE

Ici commence ia difficulté, et le dernier mot n’est pas encore dit sur l’action physiologique des astringents, pas plus que sur le mode de cette action.

Pour Pétudier, on pourrait successivement passer en revue celle des astringents végétaux, puis celle des astringents minéraux.

Les premiers diffèrent des seconds en ce qu'ils sont partiellement brûlés dans le sang, et qu’ils modifient ce milieu en lui imprimant un peu de cette modalité qu'il acquiert sous l'influence des acidules ou acides minéraux affaiblis, c’est-àdire en le rendant plus coagulé et plus plastique.

Les seconds diminuent comme les premiers l’alcalinité du sang, en faisant éliminer des azotates, des sulfates, dont les bases sont prises dans le liquide nourricier lui-même, et on pourrait admettre que les véritables astringents métalliques, sels de plomb, de fer, de zinc et d’alun, n’agissent qu'en échangeant dans le sang leur base minérale contre une base

alcaline qu’ils y prennent et qu'ils éliminent, diminuant ainsi la quantité des alcalis de ce liquide.

Les acides minéraux affaiblis, atténués, serviraient de transition entre ces deux classes.

Toutefois nous n'étudierons pas l’action des médicaments dans cet ordre, et comme, somme toute, leur action est commune par bien des côtés et ne diffère que parles détails, nous préférons l’envisager sous une vue d’ensemble, pour éviter les redites que nous serions forcé de faire.

Passons à cette étude et voyons successivement quelle est l’action primaire ou locale de ces médicaments ; quelle est leur action secondaire ou d'absorption ; quelle est enfin leur action tertiaire ou d'élimination ?

1° ACTION PRIMAIRE.— Appliqués sur la peau, sur une muqueuse ou sur une plaie, les astringents resserrent les solides, coagulent les liquides, sont antiseptiques. Ils crispent donc et vident les capillaires ; ils pâlissent les tissus, les dégonflent et combattent par là les mouvements fluxionnaires etcongestifs.

Coagulants, ils tamponnent et obstruent les vaisseaux divisés, arrêtent les hémorrhagies.

Par cette même propriété, ils sont antiseptiques et antiputrides ; ils forment avec le pus et la couche superficielle de la couche suppurante un composé insoluble, imputrescible, une couche protectrice favorable à la cicatrisation.

Cette action de crispation, de resserrement des capillaires, que nous venons de voir, n’est pas admise par tous, et deux auteurs allemands, Nothnagel et Rossbach, prétendent avoir vu les vaisseaux se dilater, sur le mésentère d'une grenouille, traité topiquement par une solution astringente.

Nous croyons pouvoir abandonner cette opinion et nous ran. ger à l’avis de Lewin, dont les expériences confirment l’ancienne théorie du resserrement des capillaires.

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Digestion. — Ingérés, même à faibles doses, de 0 gr. 50 à 1 gramme, les astrigents ont une saveur âpre et donnent une sensation de rétrécissement de la bouche et de l’œsophage qui peut aller jusqu’à donner l'illusion d’une oblitération compléte. Ils produisent du mâchonnement, de l’agacement dentaire, de l’'empâtement, avec difficulté de mouvoir la langue, A ces doses faibles, ils exciteraient la digestion. A des doses un peu plus élevées, 2 à 4 grammes, ils donnent lieu, sur un estomac vide, à une sensation de pincement, de picotements, de pesanteur et de chaleur au creux épigastrique. Ils produisent des éructations et de la constipation.

Enfin, à des doses plus élevées encore, 5 à 6 grammes, on voit apparaître des vomissements, des coliques, de ladiarrhée.

Le cachou présente la particularité d’être stomachique et non irritant. |

2° ACTION SECONDAIRE OÙ D'ABSORPTION. — Nous avons vu que les astringents coagulaient l’albumine ; redissous dans un excès d'albumine, leur absorption a lieu. Ils arrivent alors dans le sang, mais ne le coagulent pas, grâce à cet excès d’albumine ; toutefois, en circulant avec lui, ils le rendent visqueux, l’épaississent et amoindrissent et ralentissent ainsi la transsudation et la circulation.

Potain et Malassez ont vu du sérum contenant i pour 200 d’acétate de plomb circuler plus lentement dans des tubes «de verre.

Si l'on pousse les doses à l'excès, la circulation pourra être entravée complètement, et Gohier, vétérinaire de Lyon, ayant fait prendre jusqu’à 10 kilos de tan en un mois à un cheval, trouva à l’autopsie son sang visqueux et consistant.

Le ralentissement de la circulation pourrait encore s’expliquer par une augmentation de la pression vasculaire due à la tonification des vaisseaux.

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