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ASTRINGENTS TIRES DU RÈGNE VÉGÉTAL

Nous commencerons l’étude de cette catégorie d’astringents par celui qui les résume tous, le tannin.

TaAxNIN. — Le tannin ou ac. tannique, ou encore ac. gallotannique, ou digallique, a pour formule C'*H'0?. Préparation. — On le prépare généralement par le procédé

de Pelouze, à l’aide de l'appareil Robiquet, qui consiste en une allonge longue et étroite, bouchée par en haut à l'émeri, et pouvant s'adapter sur une carafe ordinaire. On met un tampon de coton un peu serré dans le col de lallonge et on remplit celle-ci à moitié de fine poudre de galles, tassée légerement; ceci fait, on achève de remplir avec de l’éther du commerce, c’est-à-dire avec de l’éther aqueux, associé à un peu d’aicool. Le lendemain, on trouve dans la carafe deux couches distinctes, l’une supérieure, éthérée et très fluide; l’autre, plus lourde, sirupeuse et légèrement ambrée, renferme le tannin, qu’on obtient ensuite par évaporation dans l'étuve ou dans le vide. On lave le résidu à l’éther et on a ainsi le tannin pur qui conserve une légère odeur éthérée. Le procédé donne 45 à 50 pour 100 de tannin.

Propriétés. — Le tannin est une poudre d'un blanc jaunâtre, inodore ou d’une odeur légèrement éthérée, très soluble dans l’eau, soluble dans l'alcool et fort peu dans léther,

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insoluble dans les huiles grasses et volatiles. Sa saveur est excessivement astringente, styptique.

Le tannin rougit le tournesol, dissout l’iode en le dissolvant et lui enlevant toute action irritante, sans pourtant lui enlever ses autres propriétés.

Il précipite la gélatine et forme avec elle un composé Insoluble, d’où son emploi dans le tannage des peaux.

Il précipite également la caséine, la fibrine et l’albumine, d’où son action coagulante. Le précipité albumineux se redissout dans un grand excès d’albumine. Son action sur l’albumine et la gélatine explique les pincements d'estomac occasionnés par le tannin ingéré à jeun.

Il précipite la plupart des sels métalliques des quatre dernières sections, le zinc excepté. De cette action découlé son incompatibilité avec le plomb, le mercure, l’antimoine, le cuivre, etc. et par suite, son pouvoir antidotique envers les mêmes substances.

Il donne avec les persels de fer un précipité vert ou bleu noir, précipité qui sert à différencier entre eux les diverses espèces de tannin.

Il existe, en effet, plusieurs espèces de tannin différant entre eux, et ne donnant pas, comme le tannin de la noix de galle, de l’ac. gallique par hydratation. Tels sont les tannins du cachou, du ratanhia, du quinquina, de l'écorce de chêne, etc.

Il précipite enfin la plupart des alcaloïdes ; nouvelle source d'incompatibilité et d’antidotisme.

Abandonné à lair, il absorbe de l'oxygène et se transforme par hydratation en ac. gallique; la chaleur accélère cette transformation ainsi que les alcalis. Or, comme le sang est un milieu alcalin, il s’ensuit que le tannin est un agent à courte portée, devenant rapidement ac. gallique dans ce milieu, et on peut alors se demander s’il ne vaudrait pas mieux donner ce dernier.

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