‹ Essai sur les AstringentsChapitre 6 sur 22 · ARS · texte numérisé non relu

ARS

LL es

ACIDE GALLIQUE. — Préparation. — L'’ac. gallique C'H°O® s'obtient, comme nous l’avons vu, par l'hydratation de la solution de tannin. On le prépare en mouillant la poudre de galles et en l’étalant en couches minces, afin d'accroître la surface d’oxydation. On le prépare encore en traitant le tannin par lac. sulfurique étendu. Après un temps assez long, on traite par l’alcool qui dissout l’ac. callique.

Propriétés. — L'ac. gallique est blanc, cristallisé en lames rhomboïdales, légèrement soluble dans l’eau, soluble dans l'alcool. Il ne précipite ni la gélatine, ni l’albumine, ni les alcaloïdes, mais il précipite les sels métalliques.

Il est plus stable que le tannin et pourtant encore très oxydable, puisqu'il réduit les sels d'argent; il sera donc aussi brûlé dans le sang, mais plus lentement que le tannin.

Chauffé à 100°, il devient anhydre. À 200°, il perd CO? et forme l’ac. pyrogallique.

L’ac. gallique existe avec le tannin dans la noix de galle.

Pharmacologie du tannin et de l'acide gallique.

1° TANNIN. — Il s’administre à l’intérieur et à l'extérieur.

a) Extérieur. En poudre.

En solution, à 0 gr. 25 pour 30 grammes d’eau.

En injections, à 1 gramme pour 125 grammes de vin rouge.

En collyre, à ? grammes pour 100 grammes d'eau et 20 grammes d’eau de laurier cerise.

En pommade, à { gramme pour 30 d’axonge.

En gargarisme, à ? grammes pour 100 d’eau.

En lavements, à 15 et 18 grammes pour 300 d’eau.

En suppositoire, à 0 gr. 50 à 1 gramme pour 4 grammes de beurre de cacao.

b) A l’intérieur. On le prescrit depuis Ogr. 10 jusqu'à ! gr. sous forme de poudre, de potion, de pilules, d’électuaire, sous

Te forme de liqueur iodo-tannique (Socquet et Guillermont), de tannate de quinine (Bareswill), d’albuminate de tannin (Lewin).

2° ACIDE GALLIQUE. — Fort peu employé.

a) Se prescrit à l'intérieur à la dose de 0 gr. 30, 0 gr. 50 à { gramme, sous forme de poudre, pilules, capsules, potion.

b) A l'extérieur, on peut l'employer en solution aqueuse.

ECORGE DE CHÈNE. — [écorce de chêne qu'on utilise en médecine provient de plusieurs arbres de la famille des Cupulifères, qui font partie des Amentacées.

Parmi ces végétaux, les uns perdent leurs feuilles avant l'hiver; d'autres les gardent jusqu’au printemps ; d’autres enfin les gardent vertes jusqu’à la poussée des nouvelles.

Leur taille varie depuis le buisson rabougri jusuu’au roi de nos forèts.

Le senre Quercus comprend six espèces, dont deux surtout forment la base de nos forêts et fournissent l'écorce qu'on trouve généralement dans nos pharmacies.

1° La première de ces espèces est le Quercus robur ou chêne rouvre, qui croit abondamment dans toute l’Europe, à l'exception des régions les plus froides, et qui est remarquable par la dureté et la solidité de son bois.

Les branches sont tortueuses, les feuilles alternes, courtement pétiolées, les fruits sessiles.

2° La deuxième espèce est le Chéne blanc ou Quercus pedonculata, dont le tronc est plus étroit, plus élevé, le bois moins noueux et qui a ses glands portés par de longs pédoncules et disposés en grappe.

L’écorce de chêne des pharmacies provient donc du Quercus robur et du Quercus pedonculata. Lorsque l'arbre qui la fournit est vieux, elle estépaisse, noire et crevassée au dehors, rougeâtre en dedans.

Ni 7e

Lorsqu'il est jeune, elle est moins rude ou presque lisse, couverte d’un épiderme gris bleuâtre ou d’un vert pâle; elle est plus riche en principes astringents : tannin, ac. gallique, etc.

Séchée et réduite en poudre, elle constitue le tan, dont on fait un grand usage dans le commerce pour ie tannage des peaux. Teneur en tannin, de 5 à 20 pour 100.

Noix DE GALLE. — La noix de galle est une excroissance qui vient sur les feuilles du Quercus infectoria du Levant à la suite de la piqûre d’un insecte du genre Cynips ou Diplolepis gallæ tinctoriæ.

Elle se forme également sur toutes les espèces de chênes et sur un grand nombre de végétaux, à la suite de la piqüre d'insectes de différentes familles (Diptères, Hémiptères, Coléoptères).

Il existe plusieurs variétés de noix de galle, dont les principales sont :.

1° La noix de galle d’Alep, de la grosseur d'une petite noix, d’une teinte vert noirâtre et jaunâtre, compacte, pesante, non percée, d’une saveur amère et très astringente. C’est la plus estimée et la plus employée en médecine;

2° Nous ne ferons que citer les autres, qui sont fort peu employées : noix de galle de Smyrne, gallon de Hongrie, galle de Turquie ou du Levant, galle ronde de France, et enfin la galle de Chine, qui, elle, est assez employée.

Pharmacologie. — T’écorce de chêne est un astringent énergique employé surtout à l’extérieur, sous forme de poudre, de décoction, infusion, gargarisme et lotion.

Noix DE GALLE, — a) Intérieur. Se donne aux doses de Ogr. 50, 1 et ? grammes, sous forme de poudre, pilules, imfusion, teinture (2 à 4 grammes).

ARE et

b) A l'extérieur. Sous forme de :

Gargarisme à 5 grammes pour 500 d’eau et 50 de miel rosat, pommadeantihémorrhoïdale (Cullen), 1 partie pour 8 d’axonge.

RaTaANIA ou RaTaNHIA.— Le ratanhia est une racine fournie par le Krameria triandra, arbre qui se trouve en grande quantité, au Pérou et en Bolivie, et par le Krameria ixina, qu'on rencontre surtout aux Antilles. Tous deux sont de la famille des Polygalacées. Le plus employé est le Krameria du Pérou.

Ce sont des arbustes à racine rameuse, de la grosseur du pouce à peu près, rampant horizontalement sous terre.

Les tiges sont divisées en ramifications velues et blanches; les feuilles sont alternes, petites, oblongues, aiguës, très coriaces, et très rapprochées à la partie supérieure des jeunes rameaux.

Les fleurs sont à l’aisselle des feuilles supérieures ; chaque fleur à un pédoncule très court et est accompagnée de deux bractées, glabres en dedans et velues en dehors.

Calice à quatre divisions, ovales allongées, profondes, aiguës, également glabres en dedans et velues extérieurement.

Corolle à quatre pétales inégaux.

Etamines : trois entièrement libres et ascendantes, articulées au-dessous de l’anthère qui est à une seule loge, s’ouvrant par un trou au sommet.

Ovaire ovoïde, velu, uniloculaire à deux ovules.

Style long, recourbé, stigmate très petit, arrondi, bilobé.

Fruit globuleux, piriforme, hérissé de poils, indéhiscent, contenant ? ou seule graine à embryon sans endosperme.

Page 1