Partie employée. — La racine seule est employée
Nous avons dit qu’elle était à peu près de la grosseur du pouce; sa couleur.donne sur le brun rougeâtre à l'extérieur; sa saveur est astringente et sans amertume.
Suoe
La partie centrale est plus dure, jaune rougeâtre, de saveur plus faible et de propriétés moins active.
Guibourt conseille en conséquence de choisir les plus petites
qui ont relativement plus de partie corticale. Sa teneur en tannin serait, d’après Stillé, de 43 pour 100.
Pharmacologie. — La racine de ratanhia s'emploie à l’extérieur et à l’intérieur.
a) À l'extérieur, sous forme de poudre, de décoction, de collyre, de lavement (10 grammes d'extrait pour 195 grammes d’eau), de suppositoire ({ gramme pour 4 grammes de beurre de cacao).
b) À l’intérieur on Ia donne aussi sous forme de poudre, aux doses de 0 gr. 50 à 4 grammes. C’est une mauvaise préparation, la racine contient un trop grand nombre de parties inertes.
D’infusion : 10, 20, 30 grammes pour 500 ou 1,000 d’eau ;
D'extrait : 2 à 4 grammes en pilules ou potion;
De teinture alcoolique : 5 à 20 grammes;
De sirop : 1 gramme d'extrait pour 40 de sirop de sucre.
CacHou. — Le cachou est une substance dont la provenance à été longtemps ignorée ; on la croyait d’origine minérale, ce qui lui a valu le nom de « terre du Japon. » Aujourd'hui on sait qu’elle est fournie par deux arbres, dont l’un,
: P'Acacia catéchu, est de la famille des Légumineuses, et
l'autre, l’'Areca catéchu, ou Palmier aréquier, est de la famille des Graminées.
Parties employées. — Le cachou est un extrait aqueux, obtenu par l’ébullition dans l’eau du bois de l'Acacia ou du fruit vert de l'Aréquier. Le produit est étalé sur des nattes et exposé au soleil. C’est une substance inodore, d’une saveur astringente particulière, sans amertume, et bientôt suivie
00e d’un goût sucré très agréable. La cassure est terne, ondulée, quelquefois marbrée.
Guibourt distingue plusieurs espèces de cachou :
1° Le cachou brun, orbiculaire et plat;
20 Le cachou terne, lamelleux comme du schiste ;
83° Le cachou brun, siliceux, résineux ;
4° Le cachou en masse.
D'après Davy, le cachou contient 51 pour 100 de tannin; il renferme en outre divers acides: cathéchutique, rubénique, japonique, etc.
Il est parfois sophistiqué par de l’amidon, de la terre argileuse et du grès, par des extraits d’autres plantes.
Pharmacologie. — a) On l’emploie à l'extérieur en gargarisme.
b). A l’intérieur, sous forme de poudre de Ogr. 30 à 5 grammes.
De tisane : 5 grammes pour 500 d’eau ;
De bols et pastilles : 100 grammes pour 400 de sucre et 45 de gomme; De
De teinture : 2? à 16 grammes dans une potion ;
De sirop : de 50 à 100 grammes ;
D'extrait : de 0 gr. 10 à ? grammes {il doit être préféré au cachou).
Le cachou de Bologne est une préparation spéciale aromatique employée par les fumeurs.
Le cachou se prescrit aux mêmes doses que le ratanhia, et à des doses 8 à 10 fois plus fortes que le tannin.
GoMuE-Kino. — Très vantée par Mialhe. Elle diffère du cachou par sa couleur plus rouge et plus vive et par l'absence d'arrière-oût sucré. ,
Elle est fournie par des arbres de diverses familles, le
En." es Pterocarpus erinaceus (Légumineuses) qui donne le kino des Indes {kino officinal).
Le Nauclea (Rubiacées).
Le Coccolaba (Polygonées), qui produit le kino de la Jamaïque,-etc., etc.
Le kino est friable, inodore; il se ramollit dans la bouche et colore la salive en rouge.
Suivant Stillé, sa teneur de tannin serait de 78 pour 100.
SANG-DRAGON. — Nous plaçons le sang-dragon immédiatement après le kino, mais pour n’en dire qu'un mot. C’est un médicament aujourd’hui fort peu employé. Il entre dans la composition de formules autrefois fort employées : emplâtre opodeldoch, pilules d'IHelvétius, etc. C’est un suc retiré de diverses plantes et entre autres du Calamus draco (Palmier des Indes occidentales.
Pharmacologie du kino et du sang-dragon :
1 Kixo. — Il s’administre : a) A l'extérieur, sous forme de lotions, de gargarisme ;
De lavement : ? grammes pour 500 d’eau;
D’injection : 50 pour 200.
b) À lintérieur, à la dose de 1 à 4 grammes, sous forme de poudre, de sirop, de teinture alcoolique.
2 Le SANG-DRrAGON, très peu employé, se donne à des doses doubles, ? à 8 grammes dans les mêmes conditions.
Nous ne ferons maintenant qu'énumérer les astringents suivants, en donnant les principales formes pharmaceutiques sous lesquelles ils sont employés. Tous agissent par le tannim qu'ils renferment.
En tête nous devons placer :
1° Le Noyer, de la famille des Juglandées, dont on utilise les feuilles vertes ou sèches, et le péricarpe ou brou de noix.
Le brou de noix entre dans la composition de la tisane antivénérienne de Pollini (Pharmacopée batave).
Broû dé nos EEE 500 grammes.
Racine de salsepareille et de squine . . àà 60 — Sulfure d’antimoine concassé . . . . . 60 — Pièrre ponce ei. RE rR, 60 — PAU RP ARR ee Cr D Pane Let US Ds SE —
2° La famille des Rosacées contient un grand nombre de plantes dont diverses parties sont astringentes : Tormentille, Potentille, Ronces, Coings, Roses rouges de Provins, etc.
Avec les pétales secs de la rose rouge de Provins, on fait le miel rosat, qui est d’an emploi si courant en médecine :
Pétales secs... Re MORE NORRIS NGC DIR RC en A Pr CS CO — Hat DoutAnte Rens ML RSR SR CIE) —
3 Nous citerons encore la Bistorte, de la famile des Polygonées, dont on utilise la racine ; la Monésia (Chrysophyllum glycophyllum; Sapotilliers), vantée pour les fissures du sein.
Le Paullinia ou Guarana(Paullinia sorbilis; Sapindacées), dont on cultive le fruit comme astringent; enfin l'Hamamelis virginica (Hamamélidées), dont l'usage est fort répandu en Amérique et dont on utilise les fruits, les feuilles et l’écorce, qui contiennent une grande quantité de tannin.
Les substances synergiques des astringents végétaux sont : les aromatiques (Gubler), les amers, les fébrifuges, les ferrugineux. Les astringents métalliques sont, cela va sans dire, les synergiques des astringents végétaux.
Les substances antagonistes sont les fluidifiants ou antiplastiques (mercuriaux, alcalins).
Les préparations ferrugineuses solubles qui forment de l'encre avec le tannin sont incompatibles. Les sels métalliques, la gélatine, les matières albuminoïdes le sont également.