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Chapitre VIBI

Quelle doit être la composition des Uibliolheques administratives.

Le cadre des bibliothèques administratives, c’està-dire ta nature des livres dont elles doivent se composer, est facile à déterminer, en examinant la bibliographie de l’administration et de la jurisprudence, et en appliquant ses diverses branches aux attributions de chaque établissement. La base générale de ces collections consiste dans les publications officielles émanées du gouvernement, les procès-verbaux des assemblées législatives, les collections de lois, les recueils, ouvrages et traités de législation, jurisprudence, droit public, civil et administratif, les arrêts du Conseil d’Éiat, les recueils de circulaires, instructions et renseignemens d’administration, les meilleurs traités et commentaires sur ces questions, les principaux ouvrages

d'économie politique, et enfin les documons administratifs publiés par les gouvernemens étrangers, documens souvent utiles à l’administration française par les lumières qu’ils peuvent lui fournir et les exemples qu’ils peuvent lui apporter.

Toute bibliothèque administrative doit posséder ■ces premiers élémens dans les proportions de l’importance de l’établissement auquel elle appartient.

Il est ensuite une nature de livres spéciaux qui doivent être placés dans ces bibliothèques, selon les attributions spéciales de chacun de ces établissemens. Ces livres sont ceux qui traitent d’une branche particulière du droit, de l’administration, des sciences et des arts.

Ainsi il est évident, sans entrer dans de plus grands détails, qu’une administration financière doit avoir tous les livres, ou au moins les meilleurs, qui traitent des finances, du crédit, des banques, des monnaies et les publications qui s’y rattachent tant sous le rapport administratif que sous eelui de la science; une administration, ayant dans ses attributions la guerre ou la marine, tout ce qui concerne la guerre de terre et de mer, son histoire, les arts et les sciences qui concourent au perfectionnement des études militaires et maritimes. Un ministère, chargé de l’enseignement, doit posséder ce qui traite des méthodes d’enseigner, de la littérature, des sciences et de la religion considérées au point de vue. Une administration, préposée à la

direction des communes et de leurs nombreux intérêts , des affaires départementales presqu’aussi importantes que celles de l’ensemble du pays, doit avoir à sa disposition une collection aussi complète qu'il est possible de la faire, des ouvrages, traités, recueils anciens et modernes relatifs au régime administratif et financier des communes, à la voirie urbaine et à la grande voirie, aux travaux publics, aux cours d’eau, aux routes et ponts, au régime forestier, aux établissemens de bienfaisance publique, aux élections départementales et municipales, au pouvoir municipal, aux conseils de préfecture, à la police, etc. 11 doit en être de même pour les administrations de la justice, de la diplomatie, des travaux publics, de l’agriculture, du commerce. Les livres français et étrangers qui doivent les aider, les éclairer, les diriger dans leurs travaux, forment la seconde partie, la partie spéciale de leurs bibliothèques.

Quant aux administrations secondaires, moins importantes, ayant un ressort et des attributions moins étendus, mais qui, telles que les préfectures touchent à presque toutes les branches do la gestion des affaires du pays, leurs bibliothèques doivent présenter un abrégé, un diminutif, un compendium de tout ce que contiennent celles que je viens d’énumérer, le cadre doit être le même, mais plus rétréci. Les mairies, les autorités militaires et financières, les corps judiciaires peuvent se renfer-

mer dans les limites tracées par les attributions qui leur sont dévolues.

En un mot, toute bibliothèque administrative se compose nécessairement de deux parties, la première générale, qui est commune à toutes, la seconde spéciale , qui doit être formée d’après les attributions de l’établissement qu’elle est appelée à desservir.

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