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Chapitre XX

Echanges avec les gouvememens étrangers.

Une propriété essentiellement utile pour les bibliothèques des grandes administrations centrales, c’est la collection des publications parlementaires et

administratives des nations étrangères. 11 y a dans ces documens de v astes et fertiles sujets d’études, de comparaisons et d’exemples pour le gouvernement et pour les fonctionnaires qui dirigent ses diverses services. La connaissance de ce qui se fait au dehors donne souvent la pensée d’établir, de réformer ou d’améliorer au dedans. On ne saurait donc mettre trop de soins à se procurer ces précieux documens.

Iæ meilleur moyen pour les obtenir des gouvernemens étrangers consiste dans un système régulier et continu d'échanges qui sera toujours accepté par eux avec empressement, à en juger d’après les essais partiels qui en ont été faits par les deux chambres, et en diverses circonstances, par quelques ministères. Ce système a toujours trouvé les ambassadeurs étrangers en France, disposés à le favoriser de tout leur pouvoir, et nos agens diplomatiques au dehors se sont en toute occasion prétés à le seconder avec la plus louable activité.

Il ne s'agit maintenant que de régulariser ce projet d'échanges, en lui imprimant le caractère officiel, et de demander par voie diplomatique, régulière et persistante, aux divers gouvernemens, ou au moins aux plus importans d’entr’eux, l’envoi de tous les documens administratifs et parlementaires qu’ils peuvent publier. Il faut leur offrir en échange les documens du même genre qui émanent de notre gouvernement, nos discussions

parlementaires, nos publications sur les travaux publics, sur le système pénitentiaire, sur les établissemens de bienfaisance et la charité légale, sur le régime électoral, sur les élections, sur la statistique générale agricole, commerciale et industrielle du pays, sur nos finances, sur les établissemens militaires et maritimes, sur le crédit, sur tous nos services administratifs qui intéressent au plus haut degré les nations étrangères, désireuses de connaître la France dans toutes ses forces et tous ses moyens d’action. Elles accéderont sans nul doute à une demande d'échange qui les leur assurera.

Un projet d’échanges internationaux a été conçu par un homme qui en poursuit l'exécution avec beaucoup de persistance. Ce projet n’a qu'un défaut, et il est radical, c’est do ne pas adopter les voies officielles pour son exécution et de vouloir sc borner à une certaine agence officieuse qui pourrait bien mettre quelqu'activité dans cette exécution pendant un temps donné, mais qui n’a pas ce caractère de grandeur, de régularité et de durée que réclame une semblable opération. Déjà cependant ce projet d’échanges généraux a été suivi d’un certain effet; son auteur a donné, au nom des États de l’Union, à quelques ministères et à la préfecture de la Seine plusieurs documens dont quelquesuns intéressans, et dont la remise aura toujours eu pour résultat de mettre, indirectement d’abord, pour l’étre plus tard directement, les villes

américaines en rapport intellectuel et administratif avec l’ administration française.

On peut prendre une idée de ce système d’échanges par un rapport présenté au conseil municipal de Paris et une délibération de ce conseil au sujet d’un envoi de documens fait au nom de diverses villes de l’Union. Ces deux pièces sont en date du 21 décembre ;1842.j(9j, ,

La demande et le mode de transmission des documens étrangers une fois régularisés, ils parviendraient au ministère des affaires étrangères par la voie des agens diplomatiques ou d’une manière directe, en nombre suffisant pour être remis aux bibliothèques administratives de tous les ministères ou au moins de ceux que la nature et le sujet du document intéresse plus spécialement, lis seraient distribués administrativement, et les documens français seraient expédiés par le même moyen.

Je n’ai pas besoin d’insister sur ce sujet, son importance et la facilité avec laquelle on peut mettre en pratique un bon système d’échanges administratifs se comprennent aisément. Ces échanges créeraient dans chaque bibliothèque une magnifique section dont l’utilité serait de plus en plus appréciée.

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