G. RÉSISTANCE DES CONDUCTEÜRS LIQUIDES
La résistance des conducteurs liquides d’une pile consiste nonseulement dans celle du liquide qui se trouve dans 1a cellule de décomposition, à laquelle aboutissent les électrodes, mais surtout encore dans celle du liquide excitateur qui se trouve dans les auges, entre les lames de cuivre et de zinc
Elle est bien plus considérable que celle de métaux, ainsi que le prouvent les expériences de Marianini , de Pfaff , de Forstemann , et surtout de M. Pouillet. Les résultats des trois premiers physiciens ne peuvent être considérés que comme des approximations, puisqu’ils ne se sont pas mis à l’abri des influences étrangères qui pouvaient les modifier; M. Pouillet, au contraire, en suivant l’une des méthodes indiquées par Fechner (c’est-à-dire de remplacer le liquide par U n fil de métal d’une longueur telle , que la force du courant ne fût pas changée), obtint des résultats très-exacts. Il trouva la conductibilité d’un fil de platine 2046680 fois plus grande que celle d’une colonne de solution saturée de sulfate cuivrique de même longueur et de même diamètre, et cette conductibilité elle-même 4oo fois plus grande que celle de l’eau pure.
Marianini trouva que si la conductibilité de l’eau in i, on a
L’alcool
Solution
d’ammoniaque
de soude caustique
d’émétique
de potasse caustique
de carbonate sodique
de sulfate sodique
de nitrate potassique
Solution
de sel marin =;
CO
d’acide acétique
de sel ammoniac
d’acide hydrochlorique =:
d’acide sulfurique
acide nitrique =
de chlorure de platine rr
Parce que la résistance des liquides peut être remplacée par celle des solides, elle doit être soumise aux mêmes lois; en effet, toutes les expériences démontrent :
r Que la résistance est proportionnelle à la longueur de la colonne de liquide, c’est-à-dire à l’écartement des deux plaques métalliques ;
En raison inverse de la section du liquide, en admettant toutefois que les surfaces métalliques qui forment les deux extrémités de la couche de liquide , augmentent et diminuent avec cette section.
Quant à la nature même de cette conductibilité, l’opinion des physiciens est très-diverse. Les partisans de la théorie électro-chimique admettent en principe qu’un liquide ne peut être conducteur à moins d’être un électrolyte, et il ne peut être électrolysé ou décomposable que lorsqu’il est un composé binaire, formé d’un radical (corps négatifs, tels que chlore, oxygène, sulfan SO^, nitran N’O*', etc.) et d’un basyle (corps analogues aux métaux, ammonium, etc.). Dans ces derniers temps, M. Faraday et quelques autres physiciens ont un peu restreint cette loi, en admettant que des courants trèsfaibles peuvent passer à travers un électrolyte liquide sans le décomposer. On sait d’ailleurs que l’état liquide est une condition indispensable pour que la décomposition par l’électricité puisse avoir lieu. Même les corps les plus facilement électrolysés à l’état liquide, tels que iodure potassique, chlorure argentique, ne le sont plus à l’état solide.
La règle générale, même restreinte, est soumise à de nombreuses
exceptions, dont la plupart ne sont qu’apparentes, mais dont quelques-unes sont aussi réelles.
Parmi ces dernières, nous citerons l’électrolysation des oxydes et sulfures d’antimoine, dont la composition Sb'‘0^et Sb“ devrait empêcher toute décomposition.
Parmi les exceptions apparentes, il faut ranger les décompositions des acides sulfurique, nitrique, chlorique, de l’ammoniaque , de beaucoup d’acides organiques par le courant voltaïque ; mais celles-ci sont le résultat de réactions secondaires.
La décomposition primaire était celle de l’eau que contiennent les substances citées, en hydrogène et oxygène. Mais ces deux éléments, mis ainsi en liberté à l’état naissant en présence de corps sur lesquels ils peuvent réagir, doivent donner naissance à des réactions chimiques, indépendantes du procès galvanique, et dont les résultats sont le soufre pour l’acide sulfurique, l’oxyde nitrique pour l’acide nitrique, etc., corps qui apparaissent aux électrodes contrairement à la loi de décomposition.
Il faut encore observer que la conductibilité des liquides ou leur électrolysation peut être rendue plus ou moins sensible, suivant que les pôles de la pile sont formés de métaux plus ou moins oxydables. Ainsi, par exemple, un liquide qui n’offre aucune trace de décomposilon par des fils de platine, en peut donner par l’emploi de fils de cuivre, d’argent, et surtout d’étain ou de zinc.
Les lois de l’électrolysation et leurs rapports avec les équivalents chimiques sont trop connus pour qu’il soit nécessaire de s’y arrêter.