‹ Essai sur les causes de variations de l'intensité des courants galvaniquesChapitre 3 sur 18 · RELATIONS ENTRE LE COURANT GALVANIQUE ET LES EFFETS QUTL PRODUIT · texte numérisé non relu

RELATIONS ENTRE LE COURANT GALVANIQUE ET LES EFFETS QUTL PRODUIT

Les effets d’un courant peuvent se ranger en quatre classes principales :

Effets chimiques.

— magnétiques.

— thermiques.

— physiologiques.

Les deux premières dépendent de l’intensité du courant , les deux dernières de sa densité.

L’intensité du courant est exprimée par la quantité d’électri-

cité qui passe dans l’unité de temps par chaque section, soit de la pile, soit des conducteurs.

Les effets chimiques et magnétiques , tels que la décomposition des électrolytes, la déviation de l’aiguille aimantée et l’aimantation du fer doux, sont (d’après les expériences de Faraday, de Jacobi, de Fechner , de LENzet de Poüillet), proportionnels à l’intensité du courant.

Quant aux effets thermiques et physiologiques, ils sont également proportionnels à l’intensité , mais en même temps aussi en raison inverse de la surface de la section et de la conductibilité des conducteurs.

L’ensemble de ces fonctions constitue la densité du courant.

Il en résulte que les deux premières classes d’effets dépendent de la quantité d’électricité qui passe dans l’unité de temps , par toute la surface d’une section ; car tous les éléments de cette section concourent simultanément au résultat final.

Pour les deux dernières classes l’effet dépend de la quantité d’électricité qui se trouve dans chaque élément de la section, puisque Faction se manifeste dans ces éléments mêmes.

Ces considérations ne s’appliquent pas seulement aux courants continus, mais encore aux courants interrompus ou instantanés, tels que ceux produits par induction ou provenant de la décharge d’une bouteille de Leyde; mais alors il faut encore avoir égard à leur durée.

M. Poüillet, en opérant avec une roue, composée de plaques alternativement conductrices et isolantes et avec une vitesse telle qu’il s’écoulait 1/7000 de seconde entre le passage de deux plaques consécutives, trouva que la déviation de l’aiguille aimantée (le courant ne passant que dans la moitié du temps) , était la moitié de celle qu’on obtenait par le même courant agissant d’une manière continue.

Dans le premier cas il y a 35oo courants, agissant chacun pen-

dant 1/7000 de seconde ; dans le second cas il y en a 7000 , agissant également chacun pendant 1/7000 de seconde; il en résulte évidemment que l’intensité du courant (c’est-à-dire la quantité d’électricité divisée par le temps pendant lequel le contact des plaques conductrices a lieu), reste la même, que celui-ci soit interrompu ou continu.

Donc la somme des effets, qui ont lieu dans un temps donné, doit être mesurée par la quantité d’électricité qui parcourt pendant ce temps le conducteur, tandis que l’effet qu’on observe dans un instant quelconque est proportionnel à l’intensité du courant, en supposant toutefois que sa durée soit assez longue pour que l’effet puisse atteindre son maximum.

L’électricité d’une batterie, quoique très-intense, ne peut pas produire des effets chimiques ou magnétiques considérables, parce que la quantité d’électricité , qui peut s’accumuler dans les conducteurs, est, à cause de la rapidité même de ce courant, infiniment moindre que celle produite par une pile galvanique.

11 faudrait pouvoir ralentir ce courant; mais dans ce cas son intensité diminue également avec une telle rapidité, qu’elle n’est plus assez grande pour produire les effets désirés ou du moins ils sont excessivement faibles.

Ainsi , par exemple , on ne produit aucune décomposition d’un électrolyte en chargeant fortement cinq bouteilles de Leyde, tandis qu’en partageant la même électricité dans vingt -cinq bouteilles, il y a décomposition (quoique très - faible ) , le passage du courant se trouvant alors ralenti. (Riess, Ann. de Poggendorf^

Il n’en est pas de même pour les effets thermiques ou physiologiques, qui ne dépendent que de l’intensité du courant, quelle que soit d’ailleurs sa rapidité.

M. PouiLEET ayant fait observer [Traité de physique), que ni la quantité , ni l’intensité d’un courant ne pouvaient caractériser ou définir les différentes sources électriques , a proposé à cet effet d’envisager la tension des sources électriques.

Il appelle sources électriques de même tension celles qui, dans le même circuit , donnent des courants de même intensité. Il s’ensuit donc que , dans le cas de circuits égaux , les sources électriques sont dans le rapport direct des intensités de courants, qu’elles peuvent produire , et par conséquent aussi dans le rapport des fonctions qui constituent cette intensité.

Pour les piles thermo-électriques , l’intensité augmentant en raison directe des différences de température de deux soudures, la tension de cette même source thermo-électrique sera proportionnelle à cette différence.

Pour les piles hydro-électriques les lois ne peuvent pas être aussi simples, comme le montre la formule qui exprime l’intensité d’un courant.

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