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Essai...sur les danses des morts, Volume 1

En mettant enfin au jour cette publication posthume de leur compatriote E.-H. Langlois, les éditeurs, qui ont entrepris la tâche délicate d'ajouter à son œuvre les compléments dont elle était demeurée privée , se fussent estimés heureux sans doute que leur faible contingent réussît tellement à se confondre .avec le fonds principal , qu'il n'en pût être désormais distingué. Ils eussent, dans cet espoir, fait de grand cœur abnégation de tout amour-propre; mais ils ont pleinement la conscience qu'il n'en saurait être ainsi : la pensée de Langlois , partout où elle se produit , se montre revêtue d'un tel cachet d'autorité et d'énergie, dont le style garde fidèlement l'empreinte, qu'il est impossible de la méconnaître , et que ce serait présomption de chercher à l'imiter. Le lecteur

n'eût pas manqué de faire facilement la distinction, sans qu'il fût besoinde l'éclairer à cet égard. Si les éditeurs se laissent donc entraîner à parler ici de leur participation , c'est uniquement pour revendiquer leur part de responsabilité à l'égard des erreurs qu'ils ont pu commettre.

Il ne paraîtra pas hors de propos de rappeler en quelles conditions l'ouvrage fut laissé par son savant auteur.

Une première rédaction parut en 1832 dans les Bulletins de la Société d'Emulation de Rouen , sous forme de mémoire sur la Danse des Morts de l'Aitre de Saint-Maclou de cette ville et accessoirement sur ce genre de représentations en général. C'est à peu près en cet état , sauf beaucoup de notes éparses et non reliées entre elles, qu'il fut recueilli par les éditeurs.

Etendre et développer considérablement ce travail, tout en conservant sa disposition et ses bases , eût présenté de grandes difficultés. C'est, en effet, bien moins une collection de faits qu'une exposition de théories et d'idées ; et la forme toute personnelle des appréciations de l'auteur, l'enchaînement étroit de ses discussions n'étaient guère susceptibles d'admettre, par intercalation , des accompagnements étrangers.

La tâche des éditeurs devait donc , pour cette partie, se borner à rassembler les observations détachées , les recherches éparses de l'auteur, et à les coordonner, soit en les introduisant dans les chapitres déjà préparés, soit en les disposant pour en

former des chapitres nouveaux ou des appendices accessoires.

Toute la partie de l'ouvrage dont il s'agit ici est renfermée dans les huit premiers chapitres , y compris leurs appendices; c'est à proprement parler l'œuvre personnelle de Langlois, et les éditeurs n'y ont guère contribué que pour en ménager la disposition et l'arrangement.

Là peut-être eût dû se borner leur mission ; mais , quelque intéressante au fond que fût cette partie , soit par l'originalité des aperçus de l'auteur, soit par l'ingénieux à-propos des rapprochements, elle ne pouvait cependant passer pour un ouvrage un peu complet sur le sujet traité. Si la partie théorique et conjecturale s'y trouvait discutée avec autant d'étendue que d'érudition et d'habileté , la partie positive, c'està-dire la description des planches nombreuses gravées d'avance pour l'illustration du volume ; l'indicacatîon des monuments anciens peints ou sculptés , caractérisés par quelque Danse funèbre ; la mention bibliographique de tous les ouvrages ayant les figurations macabres pour sujet principal ou pour ornement accessoire , tous ces compléments indispensables d'un traité un peu étendu , n'était pas même abordée. Il est vrai que l'auteur, dans sa préface, semblait annoncer l'intention de laisser de côté toute énumération bibliographique, estimant que MM.Peignot et Douce avaient suffisamment élaboré ce genre de recherches ; mais si de son vivant cette opinion pouvait passer pour fondée , elle avait plus tard cessé d'être exacte, de nouveaux et nombreux ouvrages,

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parus en France, en Allemagne et jusqu'en Hollande , ayant considérablement augmenté la somme des renseignements bibliographiques et des autres documents de toute espèce. Qu'il suffise de citer à cet égard les noms de leurs auteurs, tels que MM. Alfred Maury, Jacob Grimm, Massmann, Fortoul, Ellissen, Naumanu, Kist, etc. Les éditeurs ont doncpensé que, en s'aidant de tous ces importants travaux , il était possible d'abord d'ajouter à l'ouvrage primitif quelques chapitres supplémentaires , et ensuite de donner aux divers catalogues bibliographiques une étendue , des développements et surtout une exactitude qui mit cette nouvelle publication au rang des plus complètes. Puisse ce résultat de leurs efforts n'être point jugé indigne de l'œuvre qu'ils étaient chargés de compléter !

On ne réussit point à produire des œuvres de ce genre , formées d'éléments empruntés à tant de sources , sans contracter de nombreuses obligations envers les savants , les artistes qui ont bien voulu vous aider de leurs communications érudites ou de leurs travaux artistiques. C'est à Langlois lui-même qu'il eût appartenu de remercier dignement M. Leber, dont il avait reçu une savante dissertation inédite qui ne sera pas l'un des moindres ornements de cet ouvrage, et M. Depping, qui avait également traité quelques points curieux dans une note écrite à son intention, et qu'on trouvera jointe à la précédente.

Quant aux éditeurs , c'est surtout à M. Brevière qu'ils doivent le tribut de leur reconnaissance pour l'obligeance qu'il a mise à graver, d'après un des-

sin de Laiiglois, le beau frontispice qui décore le deuxième volume , et en outre à M. Tudot , qui , sur leur désir et en témoignage de pieux souvenir pour son ami Langlois, a également lithographie trois' sujets qui ont pris place dans la série des planches de l'ouvrage exécutées par l'auteur.

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