‹ Essai...sur les danses des morts, Volume 1Chapitre 30 sur 32 · XXIV» ET DERNIER TABLEAU · texte numérisé non relu

XXIV» ET DERNIER TABLEAU

Le Jugement dernier.

Poème. Prosopopée de la Mort, en forme de moralité, sur la fin du monde et le Jugement dernier. — L'auteur s'éveille. Son poème se termine par huit

« L'auteur se trompe ; c'est Léon VIII qui succéda à Jean XII.

■ Jean XII rat assassiné par le mari de sa maîtresse; mais ie poète suit ici l'opinion vulgaire accréditée par Luitprand. C'est ce pape qu'on accusait d'avoir bu a la santé du Diable.

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C'est M. Champollion-Figeac qui la découvrit , en 1811, dans la bibliothèque de Grenoble , et qui en forma l'objet d'une notice également savante et curieuse , comme tout ce qu'il écrit. J'ai sous les yeux un exemplaire de cet opuscule , dont je suis redevable à sa généreuse obligeance. La Danse Macabre de Grenoble ne signifie donc pas un monument de sculpture ou de peinture particulier à cette ville , mais un exemplaire unique , plus ancien que tous les autres exemplaires connus de la même Danse.

Le Livre de Mois, au contraire, nous retrace un monument propre à la localité.

M. Peignot, à qui cette distinction a pu échapper, s'est borné à transcrire la note de M. Van Praet sur le livre en question , dont il établit ainsi le titre : La Dame Macabre et les trois Mors et les trois Vifs. ( Paris , pour Antoine Vérard , vers 1 500. ) [Sic. ] — On lit , dans cette note , que l'exemplaire sur peau de vélin , enluminé , de la bibliothèque du roi, vient de celle de Blois, dont l'inventaire, dressé en 1544, le désigne en ces termes : « Un autre grand livre en parchemin , » imprimé, intitulé : La Danse Macabrée , etc. » Comme rien ne fait connaître , d'ailleurs, l'origine de cette danse , M. Peignot a pu supposer^

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et beaucoup d'autres croiront après lui , que Je livre réputé sorti des presses de Paris vers 1 500 n'avait d'autre rapport avec Blois que d'avoir fait partie de l'ancienne bibliothèque du pays. Mais il y a quelque chose de plus , et ce quelque chose n'est pas sans importance dans l'histoire du Branle des Morts. C'est que le livre de Blois n'a pu être fait , sinon imprimé, que dans cette ville, et plus tard qu'on ne croit; c'est qu'il nous offre l'image d'une Danse particulière qui fut peinte par ordre de Louis XII , vers 1 502 , sur un mur de l'ancien château des comtes de Champagne, où se tinrent les états de 1588. Je pos* sède, je revois en ce moment, des copies gouachées des principaux personnages qui figuraient dans cette fresque , depuis longtemps détruite. C'est bien la Dan&t Macabre telle que nous la connaissons, mais avec des différences notables; et , quoiqu'on ne puisse voir dans l'ensemble de ce tableau qu'une reproduction de ce qui existait ailleurs, la Danse de Blois n'en doit pas inoins être comptée comme un fait spécial ' au

1 11 est inutile de vous rappeler celui de la Danse Macatyre de l'abbaye de la Chaise-Dieu , en Auvergne , dont MM. Nodier et faylor nous ont donné la description et une lithographie , dans

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nombre des monuments de ço genre qui appartiennent à l'ancienne France, Lea peintures de Bâle et du Charnier-des-Innocents <fe Paris ne pouvaient être non plus que des copias ou des imitations , puisqu'elles étaient primées par le monument deMinden ; cependant, voua avez vu quelle importance M. Peignot met à ne tes point confondre dans ses savantes recherches.

Au reste, Monsieur, gardons-nous bien de reprocher à ce docte et modeste bibliographe , qui écrit à cent lieues de Paris , d'avoir indiqué , page 93 de son ouvrage, un manuscrit in-4% de douze feuillets, du W siècle, vendu 2 livres 17 sols chez le duc de LaVallièrc, et, puisqu'il se bornait à un seul manuscrit, de n'avoir pas cité de préférence celui ( ou l'un de ceux ) de la bibliothèque du roi qui serait un sujet d'admiration , si la Mort ne glaçait tout ce qu'elle touche. Ce manuscrit , petit in-folio , sur peau de vélin, paraît remonter à la fin du règne de Louis XI, et conséquemment à une époque antérieure à la

leurs voyages pittoresques , qui vous sont bien connus. Ce monument a d'autant plus d 'intérêt aujourd'hui , qu'il est du très-petit nombre de ceux que le temps n'a pas entièrement détruits, et qu'il parait remonter à l'époque de la Danse du Charnier-des-lnnocents.

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première édition connue du même livre. Les miniatures en sont parfaitement belles et d'une rare fraîcheur. Elles représentent , non seulement la Danse des hommes en quarante sujets, mais encore celle des femmes, dont la suite n'est pas moins nombreuse. Cette dernière circonstance mérite surtout d'être remarquée. Les premières éditions ne contenant que les hommes, puis les hommes et quelques sujets de femmes , on pourrait en induire que la Danse des femmes, imitée de celle des hommes, n'a été exécutée que postérieurement aux premières gravures des hommes; et Ton se tromperait, suivant toute apparence , puisque le fait contraire résulterait de l'existence du manuscrit dont il s'agit *,

Voilà , Monsieur , à quoi se borne ce que nui mémoire et quelques heures de réflexion m'ont pu fournir sur l'histoire ignorée de la Danse des Morts. Si de ce rudis iiidxgeslaque moles il s'élève quelque lueur qui puisse vous aider à vous re-*

' Cette observation pourrait servir a l'éclaircissement de la quesUoD rappelée par M. Peignot ( p. 1 45-46 de ses Recherches ), et d'abord examinée par M. Raymond dans sa Notice sur des Heures, imprimées au xv« siècle , où se trouve une Danse de femmes.

connaître dans les voies ténébreuses et sauvages où l'ardeur du savoir vous entraine , je me féliciterai d'avoir pensé un instant au sujet de votre entreprise , et de m'y être associé par le désir de vous la voir porter à une heureuse fin. Vous n'en aurez pas moins , Monsieur, tout le mérite d'un succès qui ne peut être dû qu'à votre discernement, et sans doute aussi à vos propres découvertes dans un pays que je n'ai fait que traverser en poste , comme cette lettre vous le prouve assez.

Agréez , etc.

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