‹ Essai sur les déformations artificielles du crâneChapitre 10 sur 11 · OU CRANE · texte numérisé non relu

OU CRANE

. . „ seICS pendant plusieurs généra-

semblent tendre à devenir plus ou " oW nrrmauentes sous l'influence de 1 hérédité et de 1 acm0, ” S C^Tcauses extérieures générales et locales. “^Tl en résulterait que parmi les caractères distinctifs des humaines ceux qui sont basés sur la permanence de races ’ , , f „ ont peut-être moins de valeur

forme du crâne et de la lace, om pe qu'on ne l'a admis jusqu'à ce jour.

’ jp> Cette persistance héréditaire des deformations art,h- Cieiles du crâne, chez certains peuples, peut nous offrir un

raoven nouveau de suivre leurs traces dans leurs migrations

lointaines, et d'éclairer peut-être quelques points obscurs de l’histoire des temps passés.

12» Le développement anormal factice des région spostérieures de l'encéphale, paraissant favoriser la prédominance plusou moins permanente des passions irréfléchies, et pouvant donner lieu à des délits ou même peut-être des crimes, où la volonté se trouve parfois en défaut, il incombe à la médecine légale de distinguer les cas de ce genre, qui pourraient être soustraits à l'action de la pénalité ordinaire, et de

ments spéciaux pour les aliénés criminels incurables.

13* La prédominance des régions antérieures de l'encéphale étant. au contraire, intimement liée, suivaut moi, avec le perfectionnement de l’àme et les progrès de la civilisation.

les pratiques absurdes qui enraient le développement de ces parties ou qui nuisent à la santé, et de favoriser leur activité à l'aide d’une éducation privée et publique, judicieuse et persévérante, physique, intellectuelle et morale.

Post-scriptum. —Au moment de meure sous presse, on me communique le Bulletin de la Société ethnographique de Paris. séance du 22 octobre 1847, et dans cet ouvrage, je trouve relatce(t. I", p. 262 à 273) une discussion des plus intéressantes

déformations artificielles sur les déformations artificielles du crâne, à l’occasion d'na Mémoire de feu le docteur Morton, publié dans VAmerican journalofscience, vol. H, 2'série, 1846, sous le titre de: « Some observations, etc. » (« Quelques observations sur l’ethnographie et l’archéologie des peuples américains. ») L’importance da sujet m’engage à en donner un aperçu.

Le docteur Morton, après avoir décrit plusieurs crânes trouvés dans diverses contrées de l’Amérique, et déformés artificiellement, croit pouvoir les rattacher tous à ce qu’il nomme la race américaine, à laquelle il assigne les caractères suivants : Largeur de la mâchoire, orbites quadrangolaires, espacement des pommettes, rondeur de la tête, élévation du vertes, chute verticale de l’occiput, grandeur du diamètre interpariétal.— Parlant de l 'aplatissement vertical de l’occiput , avec irrégularité des côtés, chez les Incas péruviens ensevelis dans le cimetière royal de Pachacama, près de Lima, il ajoute : « Les têtes ne présentent pas d’autres déviations de la forme naturelle, et je crois même que cette irrégularité pourrait être expliquée par la manière peu soigneuse dont l’enfant est attaché à la planche qui, chez beaucoup de tribus du nord et du sud de l’Amérique, remplace habituellement le berceau. Il est probable cependant que même cette configuration était intentionnelle, et formait peut-être le signe particulier de quelque caste de ce singulier peuple, chez lequel un crâne, parfaitement naturel, était une rareté. »

Le docteur Morton fixe ensuite à quatre le nombre des formes de tête observées chez les anciens Péruviens, savoir : 1 La forme allongée horizontalement ou cylindrique. 2“ La forme conique ou en pain de sucre. 3“ Le simple aplatissement ou dépression du front. 4° Le simple aplatissement vertical de l'occiput, donnant à la tête une forme carrée, mais avec défaut de symétrie sur les côtés.

Dans la discussion que souleva ce mémoire, le docteur Fouille, après avoir réduit les déformations de Morton à deux

classes ou divisions, l’une, de têtes aplaties d’avant en arrière, l’autre, de crânes plus ou moins segmentés par l'effet d’une constriction circulaire, donne des mtormations sur les têtes toulousaines, et fait remarquer que les variétés de cette déformation sont nombreuses. — Il raconte le fait d'un enfant „é en Normandie, dont la tête fut déformée en longueur par la coiffure qu'on lui imposait ; malheureusement on déforma plus tard cette même tête, en sens inverse, par une autre coiffure; l’enfant est maintenant épileptique, à peu près idiot Au sujet de l'influence de ces déplorables pratiques sur les facultés intellectuelles, quoique n'ayant pas d’opinion précise à cet égard, il fait aussi remarquer, « qu’on trouve des ressemblances fréquentes entre les têtes déformées et celles des aliénés, et qu’il y a certainement plus de maladies mentales proportionnellement parmi les individus dont le crâne a subi des compressions; c’est ce qu'ont établi les relevés d’un médecin de Toulouse, et les mêmes observations faites dans les arrondissements du département de Haute- Garonne. Vainement s’élève-t-on dans cette partie de la France contre une manoeuvre aussi funeste et transmise.par tradition dans toutes les classes. — Le docteur Foville termine en reconnaissant qu’il pourrait citer les noms de personnes très distinguées par leur mérite ou leurs talents, chez lesquelles la

formation amène une grande quantité d’affections cérébrales et d'aliénations. Il pense que chez nous le procédé par la compression circulaire est beaucoup plus dangereux que chez les sauvages, où l’on se bornait à comprimer la tête d’avant en arrière. D’ailleurs, ajoute-t-il, si l’on n’a paspuapprécierd'une matière certaine, chez les tribus américaines, l’influence qu'exercent les pratiques en question sur le développement de 1a folie, c’est qu’on ne peut établir de proportion exacte à ' égard des aliénés, dans des pays où des asiles n’étaient pas ouverts. Il a entendu dire à M. Catlin qu’il y a des fous chez les

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Indiens, et lui-même a observé la folie chez des nègres avec les mêmes caractères que chez nous. Enfin, attachant peu

d’importance à l’aplatissement de l’occiput, il croit que cette dépression n'est bien souvent qu’apparente et qu’elle résulte du grand développement des muscles de la nuque. On voit des exemples frappants de ce fait chez les Auvergnats et les Alsaciens.

M. Dumautier décrit plusieurs des moyens de compression employés en Amérique. Il fait la remarque que les conslrictions sur la circonférence de la tête s’exercent encore aujourd'hui en Patagonie, et que les enfants sont attachés sur une planchette, comme cela a lieu dans quelques unes de nos campagnes. Chez les Patagons, on rencontre des adultes et même des vieillards qui portent encore ce lieu circulaire. Cependant beaucoup de têtes de Patagons ne présentent pas de déformation ; les crânes déformés sont même en assez petit nombre, tant la nature a de puissance pour ramener les organes à leur développement normal — Quant à l’influence de la compression de la tête, sur la santé et le développement de l’individu, M. Durooutier cite le P. Laffiteau, qui constate des accidents graves, cérébraux et autres, sur les malheureux soumis aux pratiques en question. Peut-être dans le même fait trouverait-on la raison de ce grand nombre de squelettes d’enfants qu’offrent les tombeaux d’Aymaras. D’un autre côte, il est constant, d’après le témoignage des voyageurs, de M. Catlin en particulier, que chez certaines populations, cher lesChinooks, par exemple, ha compression paraît être entièrement inoffensive. 11 croit pouvoir conclure que dans certaines limites, et surtout lorsqu’elle a lieu d’une manière progressive, la déformation n’amène pas de désordres notables; et il cite, à cette occasion, l’exemple de deux frères Chinooks, envoyés aux collèges de New-York et venus en Europe, chez lesquels l’intégrité de l’intelligence s’est maintenue, en dépit d’une déformation sensible du crâne.

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