‹ Essai sur les déformations artificielles du crâneChapitre 3 sur 11 · La tête mongole (déf. naso-pariétale · texte numérisé non relu

La tête mongole (déf. naso-pariétale

9* La tête prognathe (déf. naso-frontale).

10 q La tète aplatie sur les côtés (<iéf. temporp-pariétale).

H" La tète aplatie sur le côté et sur le front (iJéf. tempurofroutale).

12 ’ La tête sphérique (déf, circulaire).

1?» La tête annulaire (déf. occipito-pariéto-sincipitale).

14° La tête bilobée (déf. sincipitale).

15° La tête déprimée mr derrière (déf. occipitale).

16” La tète conique tronquée (déf. occipito-pariéto-frontale).

Dans cette forme de tête, la région frontale est plus ou moins aplatie et allongée en arrière ou en haut, en même temps que l’occiput est plus ou moins déprimé, ce qui fait que la coupe de la tête, vue de côté, représente une espèce de coin, tandis que vue de haut en bas, elle est assez étroite en devant et large en arrière et en haut. Les os propres du nez sont en général relevés, de sorte que la forme de cet organe est plutôt arquée et saillante. Par suite de la uature, de la direction, et du degré de force des moyens de compression, il y a déplacement de toute la voûte crânienne, tantôt en arrière, tantôt eu devant et déplacement des os de la face en sens opposé. — La règle que j'ai posée dans le chapitre premier sert à mesurer le degré de déviation.—Connue conséquence de ce déplacement de la voûte, le trou occipital, au lieu de se trouver immédiatement derrière le diamètre transversal du crâne, comme dans les tètes normales, est placé, tantôt au devant de ce même diamètre, tantôt, mais plus rarement, un peu en arrière.

La tète cuneifoi mepresenle donc deux variétés essentielles, qu’il importe de distinguer.

1" Variété. — Tète cunéiforme couchée. — Dans celte vanete, le iront est très fuyant, quelquefois il est presque aplati horizontalement, et la hase de l’occiput est seule comprimée. La face est saillante surtout eu bas; les orbites des

que la pression frontale fût plus largement appliquée, soit peut-être sous l’influence combinée de l’bérédité et de la près, sion artificielle ; carlesauteurs nous apprennent que dans celte nation les deux sexes y avaient été soumis pendant plusieurs générations.

Cequi frappe surtout, dans les déformations de la cête N.O.et des Caraïbes, est la disproportion considérable qui s’établit entre la largeur du crâne, au niveau des os temporaux et des os pariétaux. En effet, le crâne ne pouvant se dilater facilement dans les régions temporales et sous-occipitales, s’élargit en arrière et sur les côtés, en même temps qu’il s’al-. longe; de sorte que chez quelques sujets le diamètre pariétal va au delà de 6 pouces anglais (0",152) et le diamètre antéropostérieur jusqu’à 7 pouces 5 lignes (0“,188); tandis que le diamètre vertical descend à U pouces (0“,101) et que les os des pommettes ne sont point écartés comme dans les têtes de la race mongole.

Les Caraïbes des Antilles présentant à cet égard quelque différence, je joins ici les dimensions d’un de leurs crânes qui se trouvait à Paris.

Diamètre antéro-postérieur

intertemporal. .

— vertical ....

— mtermastoide .

Largeur du front ....

Arc occipilo-frontal. . .

Circonférence horizontale .

Cependant il est assez remarquable (du moins en admettant comme vraies les conclusions de Morton) (t) que malgré celte déformation, si l’on compare la capacité intérieure des crânes déformés de la côte N.-O., avec celle de ceux qui ne le (1) Physical type of ihe American Indian, p. 335.

Le docteur Scouler, après avoir décrit le premier et dessiné le même appareil (Mémoire cité, pl. XI, fig. 2) d’après les communications de M. David Douglas, insiste sur le volume do coussin ou renflement transversal correspondant à la nuque et ajoute : « Rarement on détache l’enfant du berceau, et la compression est continuée jusqu’à ce qu’il puisse marcher. Dn enfant de trois ans présente l’apparence la plus hideuse : la compression agissant sur le front et l’occiput, altère les proportions naturelles de la tête, et fait qu’elle prend la forme d’un coin. Le globe de l’œil fait une saillie considérable, et l’individu continue d’avoir les yeux tournés en haut. »

Townsend (ouvrage cité) dit que les modes de compression varient, mais qu’ils ont ceci de commun, que la tête est placée dans une cavité du berceau, de manière que la compression s’exerce sur le front et sur la base de l’occiput. Le berceau qui agit avec le plus de force est celui des Indiens Wallaumt. L’enfant, suivant lui, n’y reste attaché que de quatre à huit mois, jusqu’à ce que les sutures se soient soudées et que les os soient devenus solides.

Adair (ouvrage cité), en parlant des nations qui environnent la Caroline du Sud, et qui s’étendent jusqu’au nouveau Mexique, signale une pratique semblable, « en même temps, dit-il, qu on tient les pieds beaucoup plus élevés que le tronc, afin que le poids du corps contribue à augmenter la pression sur le sommet de la tête. »

Voici comment le père Labat (ouvrage cité) s’exprime au sujet des déformations du crâne chez les Caraïbes : « Les Caraïbes sont tous bien faits et bien proportionnés, les traits du visage assez agréables ; il n’y a que le front qui paraît un peu extraordinaire, parce qu’il est plat et comme enfoncé. Us ne naissent point comme cela, mais ils forcent la tête de l’enfant à prendre cette figure, en mettant sur le front de 1 enfant nouveau-né une petite planche liée fortement derrière la tête, qu’ils y laissent jusqu’à ce que le tront ait pris

tait en une petite planche garnie de coton, fixée fortement sur le front à l’aide d’un ruban étroit en avant, mais élargi par arrière, qui prenait son point d’appui sur le bas de l’occiput et se rattachait sur le front. Un second ruban étroit, passant sur la voûte du crâne, assujettissait le tout. Il en donne le dessin et la description détaillée.

Thibault de Chanvalon (ouvrage cité) mentionne la même coutume comme s’étant propagée parmi les nègres : « Les nègres introduits chez les Caraïbes en prirent les mœurs et les coutumes. Ils aplatirent comme eux la tête de leurs enfants par-devant, en la comprimant entre deux planches dès qu’ils sont nés, ce qui les rend difformes et monstrueux. »

Enfin, MM. de Humboldt et Bonpland (ouvrage cité) affirment que « ce que l’on donne pour des crânes de Caraïbes de de Saint-Vincent, presque dépourvus de front, sont des crânes façonnés entre des planches, et appartiennent à des Zambos (Caribes noirs) qui descendent des nègres et de véritables Caribes. L’habitude barbare d’aplatir le front se retrouve d’ailleurs chez plusieurs peuples qui ne sont pas de même race. »

2* Variété. —Tète cunéiforme relevée. — Cette variété a été confondue par les auteurs avec la précédente, et cependant elle en diffère notablement.

Le front et l’occiput sont, il est vrai, aplatis tous deux, mais beaucoup plus largement et dans une direction souvent presque perpendiculaire. Ce n’est plus la base seule de l’occiput qui est comprimée ; mais tout le derrière de la tête, et chez plusieurs surtout le sommet de l’occipital et la partie postérieure des pariétaux. Aussi, vu de côté, ce genre de crâne est plus ou moins large en bas et se rétrécit vers le haut en forme de coin, tandis que, vu de face, il présente un plan large et arrondi. La disproportion entre les diamètres intertemporal et interpariétal n’est pas toujours aussi grande que dans la première variété. La face est peu saillante ; elle descend parfois presque perpendiculairement,

son dos, dans un berceau d'environ 2 pieds et demi de long, 9 pouces de large et 6 pouces de profondeur, garni d’une espèce de matelas avec la plante nommée barbe espagnole. Il y était fixé par les épaules, les bras, les jambes, les cuisses et les hanches, et l’on plaçait au-dessus du front deux bandes de peau de daim qui tenaient la tête serrée contre le .coussin de manière à rendre cette partie plate. » Et il ajoute « que jamais ils ne mettaient leurs enfants sur pied qu’après un an.»

Garcilasso de la Vega ( Hist. de la Floride ) fait la remarque qu'ils avaient,la tête, incroyablement élevée et appointie vers le haut, ce qui provenait de l’habitude qu’ils avaient de comprimer, la, tête dès la naissance jusqu’à ce qu’ils eussent atteint neuf à dix aps (Morton pense qu’il faut lire neuf à dix mois).

L’auteur de, la relation insérée dans le Recueil des voyages au Mord ( loc. cit.) s’exprime de la sorte : « Les sauvages dp Mississipi sont communément grands, assez bien faits, d’up air fin, surtout les nations qui habitent les bords du fleuve Saint-Louis. Ils ont le teint olivâtre, les yeux petits, le front plat, la télé en pointe et presque.)* forme d’une mitre. Ne croyez pas qu’ils naissent ainsi ; c’est un agrément qu’on leur donne dans le bas âge. Ce qu’une mère fait sur la tête de son enfant, pour forcer ses os tendres.è ,reçe,voir cette figure, fait de la pqine à voir et parait presque incroyable. Elle couche l'enfant sur un berceau, qui n’est autre chose qu’un bout de planche, sur lequel est étendu un morceau de peau de bête. ,L’qxIrémité de cette planche a un trou où.la.tète se place, et est .plus,bas que le,reste. L’enfant étant couché tout nu, elle ,lpi renverse la tète dans ce trou, et lui applique sur le front et spus la tète une masse de terre grasse qu’elle lie dé toute sa force entre deux petites planches. L’enfant crie,.devient tout noir, qt les efforts qu’on lui fait souffrir vont si loin qu’ou lui voit sortir du nez et des oreilles une liqueur blanche et gluante dans le temps que la mère pèse sur le front. C’est ainsi qu’il dort toutes les nuits jusqu’à ce que le crâne ait reçu la forme

que l’usage veut qu'il prenne. Quelques sauvages voisins de la Mobile commencent à se désabuser, par notre exemple, d'un agrément qui coûte si cher, mais cette exception n’est rien à l’égard du général. »

Il est vraisemblable que les enfants mâles étaient ordinairement seuls soumis à cette déformation, car elle était réservée aux guerriers ; cependant les bas-reliefs de Palenque et les peintures de quelques manuscrits mexicains nous prouvent que les femmes n’en étaient pas exemptes dans certaines tribus.

Les Choctaws, au rapport de Bartram (ouvrage cité), déformaient la tête de leurs enfants mâles de la manière suivante : « Dès que l’enfant est ué, la nourrice se procure un berceau ou caisse de bois sur laquelle la tète repose, et qui est disposée comme un moule de briques. Le peüt garçon est fixé dans cette partie de la machine ; on place sur sou front un sac de sable qui. par sa pression douce et continuelle, donne au front une forme assez analogue à celle d’une brique depuis les tempes en haut ; de cette manière, ils ont un front haut et élevé qui fuit légèrement (doping o/fl eu arrière. »

Les Caraguas fixés au Pérou, dans la province de Manta, non loin de l’établissement espagnol de Porto Viejo, dit Pedro Cieza de Leon (1), g pétrissaient la tête d’un enfant dès sa naissance et la fixaient entre deux planches, de telle manière qu’à l'âge de quatre ou cinq ans, elle restait ou large et longue, ou privée de la saillie occipitale, a

Le passage suivant de Garcilasso de la Vega (2) prouve que cette mode était très répandue au Pérou, et qu'elle y es avant les Incas : « L’Ynca Huyna-Capac, poursuivant ses quêtes le long de la mer, au sud de Manta, trouva des na encore plus barbares et plus brutales. Les hommes t femmes se faisaient des incisions sur leurs joues avet pierres siliceuses aiguisées ; ils déforment aussi la tête de leurs

tÎÎ fl'

enfants nouveau-nés, en leur appliquant sur le front et sur la nuque des tablettes qu’on serre chaque jour davantage l'une contre l’autre jusqu’à l’âge de quatre ou cinq ans. De cette manière, la tête s’élargit d’un côté à l’autre, et s’amincit de devant en arrière. Non contents de cette déformation, ils se rasent les cheveux depuis le sommet de la tête jusqu’à la nuque, les laissant subsister sur les côtés sans jamais les peigner, ou les arrangeant de façon à augmenter la laideur hideuse de leur figure. » Il cite les noms de quelques-uns de ces peuples ; c’étaient les Apichtqui , les Pickunsi, les Pecllansimiqui, etc., etc.

Les PP. Manuel Sobreviella et Narcisso J. Barcelo s’expriment ainsi au sujet des Connivos ou Cossivos (1), qui habitaient le Pérou vers la fin du siècle dernier : « Lorsqu’il naît parmi eux un enfant mâle dont les membres sont mal conformés, ou qui a quelque autre défaut, on le prive aussitôt de vie. Leur complexion est plus belle que celle des créoles. Ils s’attachent surtout à bien asseoir toutes les parties de lenr corps, et rendre plats le front et le derrière de la tête, afin, disent-ils, qu’elle ressemble à la lune quand elle est dans son plein. Ils serrent avec des bandes de chanvre le corps et les jointures aux garçons dès leur plus tendre enfance. Ils enveloppent le front dans du coton, sur lequel ils appliquent une petite planchette carrée. Ils en font tout autant à l’occiput, et ils fixent le tout avec des cordes, jusqu’à ce que l’effet qu’ils attendent ait été produit. Ainsi la tête est allongée par le haut et aplatie derrière et devant. »

Le rédacteur du Mercurio Peruano, suivant M. Meyen (ouvrage cité), affirme que les Indiens de Pampa del Sacramento se déforment la tête de la même manière.

Le docteur Morton, d’après le témoignage d’Ulloa et de la

Condamine. croit reconnaître une colonie péruvienne dans les Omaguas (Têtes plates en péruvien) qui habitaient les rives du Maragnon et qui s’étaient étendus jusqu’à la mer Atlantique. Il s'appuie sur l’analogie du langage et sur la coutume de déformer la tête de leurs enfants comme les Connivos, de manière à lui communiquer une coupe élevée et en lune.

Dne pratique analogue était adoptée à Taïti au commencement de ce siècle, pour les garçons destinés à devenir des guerriers (vov. Ellis William, ouvrage cité, pag. 261). « Les mères pressaient le front et le derrière de la tête, en remontant, de manière que la partie supérieure du crâne prit la for-

II ressort de ce que nous venons de dire sur les artifices employés pour obtenir les deux variétés de la tête cunéiforme, qu’elles peuvent être produites, chacune d'elles, par trois procédés différents. La première à l'aide d'une planchette étroite et d'un berceau garni soit d’un bourrelet transversal à la hauteur de la nuque, soit d'une cavité qui reçoit la tête et la maintient horizontale ; ou au moyen de deux planchettes étroites, l’une appliquée sur le front, l'autre à la base de l’occiput et serrées entre elles, et aussi avec une seule planchette frontale étroite et une bande large appliquée sur l’occiput ; ou bien enfin à l'aide des mains seules. La seconde, par le secours d’une compresse de sable ou d’une planchette frontale plus large et d’une planche entièrement plate, servant de berceau, contre laquelle est fixé le derrière de la tête, et qui la fait baisser en avant ; ou bien au moyen de deux planchettes plus larges, l’une appliquée sur le front, l’autre sur la bosse occipitale, et serrées entre elles ; et enfin à l’aide des mains seules. - Dans la description que donne du procédé 1 auteur anonyme des Voyages au Nord, on retrouve, il est vrai, la place de la tête indiquée par un trou pratiqué dans la planche du berceau, mais en même temps la mère y supplée par des planchettes

doubles garnies d’argile qui servent à comprimer la tête d’avant en arrière.

2° Tête symétrique allongée.

Il en existe également deux variétés.

1” variété. — Tête symétrique allongée en cylindre. — Cette forme remarquable ne s’est rencontrée qu’en Bolivie, sur les plateaux des Andes, dans des tombeaux que M. d'Orbigny a attribués à l’ancienne population des Aymaras et situés, les uns près du lac de Titicaca, les autres dans la province de Munacas, dans les parties les plus sauvages de la province de Carangas, ainsi que dans ies vallées de Tacna, ce qui annonce, suivant cet auteur, que le même fait s’est reproduit sur toute la surface habitée par cette nation. Des fouilles faites ailleurs ont cependant révélé l’existence de crânes analogues sur quelques points de la cèle, à Arica par exemple, et dans la baie d’Aldogon en Bolivie.

Comme dans la première variété de la tête cunéiforme, la partie antérieure du crâne est fortement déprimée, l’os frontal est étroit et allongé en arrière, sa surface est ou plane, ou ié gèrement concave au centre, ou bien enfin elle présente deux concavités superficielles latérales, correspondant aux bosses frontales et séparées par une légère saillie. La suture transverse du coronal s'accompagne d’un bourrelet transversal et derrière cette suture la voûte présente une dépression en forme de gouttière. En arrière de cette gouttière, les pariétaux se relèvent d abord un peu puis s’abaissent assez brusquemant pour se joindre à l'occipital . De la suture lambdoïde à la ligne supérieure semi-circulaire, ce dernier os s'incline obliquement en avant, puis jusqu’au trou occipital, sa direction devient encore plus oblique ou même presque horizontale. — Le diamètre vertical des orbites parait un peu plus considérable que leur diamètre transverse ; leur axe est dirigé obliquement en haut, par suite de la dépression postérieure du plancher orbitaire,

avec retrait du bord supérieur de l'orbite. Les os du nez, sans être aplatis, ne sont pas saillants, ce qui donne une apparence émoossée à l’arête nasale. La perpendiculaire abaissée depuis [ intersection des sutures transverse et longitudinale, tombe fort en arrière du conduit auditif. Le trou occipital est placé an-devant du diamètre transversal, et cela d'autant plus qu'on s’approche du jeune âge. L’angle facial descend aune,moyenne de 67 degrés 20 minutes, et la capacité intérieure du crâne n'est en moyenne que de 73 pouces cubiques anglais et 2 lignes (1136 c “ 1 "”- “ b -,2U5) (1). Le diamètre antéro-postérieur de ia tète est non moins considérable que dans le crâne cuuéiforme couché, car U va en moyenne à 6 pouces 8 lignes anglais (0”,469), mais le diamètre interpariétal est beaucoup moindre, puisqulil ne s’élève qu’à 5 pouces (0“,137).

11 résulte de la forme que prennent ces têtes que la différence de largeur entre le devantet le derrière du crâne est en général peu considérable, que l’allongement est plus symétrique et qu’il prend plutôt l’apparence d'uu cylindre que d’un coin (voy. pl. J, fig. 3 «).

A l'appui de ces données fournies par Morton, je crois devoir joindre ici les mesures de deux crânes d’Aymaras adultes rapportés de Bolivie par lé. d’Orbigny, et conservés au Musée anthropologique de Paris, mais dont les dimensions sont diffé-

Crdne de lit province de iluneca.

Diamètre antéro-postérieur. 0,178

interlemporal. 0,110

Arc intermastoïde. 0,250

Circonférence occipito-frontale de la base. 0, i80

La description que donne le professeur Retzius d'un crâne aymara envoyé en 1820 au roi de Suède par un consul de France à Lima, répond en somme assez bien à celle des crânes apportés en France par M. d’Orbigny. Le savant Suédois les place dans la classe des dolicho-céphaliques prognathes et semble les considérer comme ayant une forme normale, car il passe entièrement sous silence la question de déformation artificielle (1).

La forme qu’ont prise ces têtes tient probablement au procédé spécial employé par les anciens Aymaras pour obtenir la déformation, et dont on retrouve même des traces à la surface des crânes.

Voici comment s’exprime à cet égard le docteur Morton (2). « Il est évident que le front a été comprimé de haut en bas et d’avant en arrière, à l’aide d’une compresse (probablement composée de linge plissé) ou quelquefois par deux compresses, une de chaque côté de la suture frontale, ce qui explique l’arête qui remplace cette suture, depuis la racine du nez à la suture transverse du coronal. Pour tenir ces compresses en place, on les maintenait à l’aide d’une bande qui les croisait à

leur intervalle. En outre, le derrière du crâne est irrégulièrement dévié à gauche, de même qu’un des crânes de M. d’Or-

M. Bellamy, chirurgien à Plymouth, a aussi décrit une anohiàlie ostéologique observée sur deux très jeunes momies péruviennes, avec déformation symétrique allongée en cylindre. La partie de l’occipital, placée au-dessous de la suture lambdoïdeet au-dessus de la ligne semi-circulaire supérieure était séparée de la portion inférieure par une suture transversale, constituant ainsi un os isolé, connu sous le nom d’os epactal (fj.

Le crâne d’un Péruvien d’Arica, donné au Musée anthropologique par M. Lauroy, présente de même un os épactal très caractérisé et saillant en arrière.

M. d’Orbigny (ouvrage cité, t. I, p. 315), fait, au sujet des moyens employés, la remarque suivante :

« Nous voyons dans l’aplatissement du coronal, dans la saillie qu’il forme sur les pariétaux à sa partie supérieure, qu’évidemment il y a eu pression d’avant en arrière, ce qui a forcé la masse du cerveau à se porter en arrière, en déterminant une espèce de chevauchement du coronal sur les pariétaux. La tête d’un jeune sujet que nous possédons ( voy. Atlas, pl. IV, fig. 2), atteste plus positivement encore, par un pli longitudinal qui existe à la partie supérieure médiane du coronal ; par la forte saillie du coronal sur les pariétaux, par la saillie moins forte de la partie supérieure de l’occipital sur ces pariétaux, que la pression a dû être exercée circulairement au moyen d’une large ligature. Cette supposition parait d’autant plus admissible que, refoulée en arrière, nonseulement la masse du cerveau a donné une très grande largeur aux parties postérieures, au détriment des parties anté-

(t) A brief accouru of two Pe ruinai» Mummies in lhe Muséum of Uie Devon and Cornwall Nalural Ihstory Society (Armais and Magazine of Naturel History, t" série, vol. X,p.95,avec planches. London,18*2).

Heures; mats encore que, la pression ayant de beaucoup augmenté la convexité des lobes postérieurs du cerveau les pariétaux ont dû nécessairement suivre les mêmes contours eu se moulant sur ceux-ci ; aussi les pariétaux forment-ils toujours deux convexités latéro-postérieures légèrement séparées par une dépression évidente (1). Nous trouvons, enfin , une preuve de cette pression dans l’oblitération des sutures que nous avons remarquée sur tous les points pressés même sur les têtes des jeunes sujets. » ( Voy. fig. 1 et 2 de la pl. H de l'Atlas, représentant les crânes déformés d'Aymaras jeunes et adultes.)

Il semblerait ressortir de rapports de M. d'Orbigny que ce genre de déformations n’était appliqué chez les Aymaras de la Bolivie qu’aux seuls garçons. Voici du moins comment il s’exprime (p. 314) : « Ayant rencontré dans les mêmes tombeaux, avec les crânes déprimés, un plus grand nombre de

inférer que cet aplatissement n’était pas normal, qu’il ne caractérisait pas la nation, mais tenait évidemment à une opération mécanique. Cette première observation, que la coutume n’était pas générale pour tous les individus, nous a fait reconnaître que les têtes chez lesquelles l’aplatissement était le plus extraordinaire appartenaient toutesà des hommes, tandis quelescorps dont l’état de conservation permettait de reconnaître des corps de femmcsavaient la tête dans l’état normal. »

Cependant, Morton décrit le crâne d'une momie de femme trouvée dans le désert d’Atacama, dont les formes s’y ratta-

portés de Bolivie, par M. Pentland (1); en sorte qu’il est possible que dans certaines localités, cette déformation fût appliquée aux deux sexes.

Le Musée anthropologique de Paris, sous le titre de Représentant du nègre en Amérique , possède également un crâne, chez lequel la déformation symétrique allongée est portée au plus haut degré, et dont les dimensions sont plutôt celles d’une femme.

2' variété. — Tête symétrique allongée en cône. — Obtenue sans doute par des moyens analogues à ceux de la précédente , elle n’en diffère que parce que le derrière de la tête, au lieu de présenter l’apparence cylindrique, se termine en pointe conique. Elle se pratiquait en Chine parmi une classe de religieux mendiants, qui se tenaient à la porte des pagodes (2).

Virey a constaté aussi, à Paris, que des béguins trop serrés par des rubans avaient allongé la tête en pain de sucre chez quelques individus (3).

3° Tête irrégulièrement comprimée et dilatée.

Cette déformation, qui a ordinairement son siège dans les parties postérieures et latérales du crâne, et qui est caractérisée par un développement irrégulier de ces parties, tantôt d’un côté , tantôt de l'autre, a été signalée sur la côte nordouest de l'Amérique, par Morton, Scouler et Duflot de Mofras ; au Pérou, par Morton et Meyen ; à Siam , par Ruschenberg. Le Musée anthropologique et le Cabinet d’anatomie comparée de Paris ont des crânes de Papous et d’indigènes de Wallis, qui rentrent dans cette catégorie.

- w Re P° rls °f lhe meeting of I lie Brilish Association for lhe advancement of science, p. 624, qui ool élé reproduits dans le Journal des betteslettres de Waldies, 1834.

I (2, 2 2** WW ‘“ “ coulumes religieuses des peuples idolâtres, t. Il, pl. de

(3) Dictionnaire des sciences médicales, arlicle Ebfahce, t. XII, p. 230. Pans, 1815. ’

l’ayant observée chez les Indiens qui habitaient les rives du Maragnon. Ils avaient la tête carrée ou plutôt cubique ; en d’autres termes, aplatie sur le front, au sinciput, à l’occiput et sur les côtés, offrant ainsi le plus haut degré de l’extravagance humaine.

Insfeld (ouvrage cité) nous dit aussi desCalmouks, quadratam formant appetunt , et il paraît que quelques-unes des tribus des anciens Germains avaient une coutume semblable, d’où le sobriquet qu’on leur donnait de têtes carrées.

Je désigne ainsi une déformation des plus extraordinaires, qui offre l’apparence d’une toque s’élargissant vers le haut et couronnée par trois saillies.

Elle n’a été observée jusqu’à ce jour que dans l’île de los Sacrificios, auprès de la Vera-Cruz, dans le golfe du Mexique (1); mais un assez grand nombre de petits masques de terre cuite, recueillis dans les théocalis mexicains, semblent là représenter grossièrement.

Plusieurs crânes, tous du sexe masculin, appartenant peutêtre à des prêtres, en ont été rapportés par M. Reymond, officier de la marine française, et déposés dans le musée anthropologique de Paris. Le moule d’un de ces crânes, provenant de la collection de M. Guy aîné, existe dans le musée de Genève; il servira de base à ma.description, comme étant un des plus caractérisés.

Dans cette déformation, l’os occipital, au lieu de faire saillie en arrière, est déprimé au point de présenter une très large

(1) Le I

saillie comme dans les têtes prognathes, mais la mâchoire inférieure est perpendiculaire.

Dans les autres spécimens du musée anthropologique que M. le professeur Serres a eu l’extrême obligeance de me permettre d’examiner, la gouttière longitudinale postérieure est moins profonde, et elle ne dépasse pas en avant la suture transverse; en revanche, les gouttières latérales sont bien dessinées et longent la suture coronale. — Le front est plus étendu en surface, surtout en longueur, mais il est également aplati, et deux d’entre eux présentent même des dépressions latérales, superficielles, correspondant aux bosses frontales. La crête transversale qui le domine est beaucoup moins saillante, moins isolée et beaucoup plus étendue, de manière à se fondre avec les côtés. Le volume total des têtes est en général plus considérable ; l'une d’elles est surtout remarquable par ses dimensions dont voici les principales :

Diamètre antéro-postérieur .... 0,t63

— interpariétal. 0,168

— intertemporal. 0,1 i7

Largeur du front. 0,097

La symétrie de cette déformation, en nous prouvant son origine, nous indique aussi le procédé mis en usage dans ce cas; car il est évident que la tête de l'enfant a dû être pressée fortement d’arrière en avant, surtout vers la partie inférieure de 1 occipital, à l’aide d’une compresse ou d’un bandage allongé, épais et bombé, qui, arrivé à la hauteur de la suture transverse du coronal, se portait à gauche et à droite et se fixait dans la région des tempes, aune bande circulaire servant de base à tout 1 appareil. Cette même bande maintenait sur le devant du front les compresses ou la planchette destinée h 1 aplatir. Dès lors, le haut du front et les pariétaux se trouvaient seuls libres dans leur développement et devaient faire saillie.

Quoique celte déformation, qui n’atteint que la partie antérieure du crâne, aitjprésenté quelquefois une analogie avec la tête cunéiforme couchée, j'ai cru devoir l'en distinguer, en raison des caractères spéciaux qu’elle présente, sous l’influence d’un mode de compression plus borné.

Dans ce genre de crânes, le front, sous une pressino de haut en bas et d’avant en arrière, est plus ou moins incliné. Chez quelques individus, l’os frontal parait seul aplati et se termine en haut par un bourrelet transversal ; chez d’autres, et c'est le plus grand nombre, la dépression antérieure s’étend aux angles antérieurs et supérieurs des pariétaux. La voûte crânienne étant repoussée en arrière, la perpendiculaire abaissée du sommet de la suture transverse tombe plus ou moins en arrière du conduit auditif externe. Le derrière de a tête est en général assez développé, surtout vers le bas, dans la région cérébelleuse. Dans les cas de dépression modérée, la di-

que l’angle facial devient plus aigu, ces parties éprouvent un changement de position qui se rapproche de celui des têtes cunéiforme, couchée ou symétrique, allongée. Les os du nez n’étant point écrasés, le nez est fréquemment saillant et

Il est vraisemblable que le mode de compression anciennement adopté consistait dans l’application d’une tplanchette étroite sur le front ; mais actuellement, après avoir pétri la tête avec les mains dans le sens voulu, on se contente d’employer des compresses de laine ou de toile, et des bandeaux (1)

rière et se terminent par des attaches qu’on croise sur la

nuque, à la naissance des muscles du cou, et qu’on fixe solidement sur le front.

Les relations américaines se taisent presque complètement sur cette espèce de déformation, dont on aperçoit cependant des traces évidentes sur plusieurs points.

Ainsi il est très probable que les acéphales de la Guyane ou Ewaipans. dont parle le chevatier Raleigh (1) sur des ouï-dire ridiculement travestis, pratiquaient la déformation cunéiforme couchée, ou du moins devaient leur renommée à la dépression extraordinaire de leur front. Ils étaient, disait-on, « les meilleurs soldats et les plus courageux. »

Je crois pouvoir y rattacher les crânes fossilisés découverts par ledocteurLund (ouvrage cité) dans les cavernes du Brésil, et dont le front était tellement déprimé qu’il était presque nul (2), puisque le rapporteur, après avoir dit « qu’ils ne paraissaient différer en aucune manière du type américain reconnu, » ajoute « en tenant compte de la dépression artificielle -du front » (proper allowance being mode of the artificial dépréssion of the forehead. )

Cette coutume parait avoir été plus particulièrement adoptée dans l’ancien continent, où l’usage des berceaux de planches était moins répandu.

tourentla tète et passent diagonalement de dessous la nuque sur le pavillon de l’oreille pour se croiser sur le front, à peu près à égale distance de la racine du nez et de la fontanelle antérieure, que l’on évite de comprimer. Chaque ruban fait ainsi une fois le tour de la tête. 2" Par-dessus on met un bandeau qui contourne la tête dans le même sens et qui porte aussi deux rubans. 3” Enfin, on recouvre le tout d’une coiffe maintenue par deux rubans. En tout, neuf liens qui agissent ensemble du front à la nuque et sont serrés très fortement.

Chez les garçons, l’usage de cette coiffure est abandonné quand on leur met des pantalons, c’est-à-dire vers la troisième ou quatrième année. — Les filles continuent de la porter toute leur vie. Aujourd’hui elles commencent à se coiffer différemment dans les villes, mais seulement vers leur quatorzième ou quinzième année.

Chez les petits garçons, la déformation persiste jusqu’à l'àge de 7 à 8 ans, dès lors elle tend à s’effacer et la tête devient plus normale.

Le degré de déformation varie beaucoup suivant les individus ; mais en général il est porté plus loin chez les femmes que chez les hommes, quoique ceux-ci en présentent quelques spécimens très caractérisés. — Chez les femmes, on remarque une dépression circulaire dans la direction des attaches, et qui peut avoir U centimètres de large sur 1 centimètre de profondeur. — Dans les têtes très déformées, la face est oblique en avant, les dents supérieures ne sont plus sur un plan horizontal et les molaires descendent plus que les incisives. Le front est plat et fuyant, à partir des sourcils dans les têtes très allongées, mais ordinairement il est d’abord assez droit, puis il se termine en haut par une sorte d’angle saillant, et le sommet de la tête est plat. La tête est étroite en avant; mais elle est plus largeet arrondie en arrière d’une perpendiculaire fictive élevee sur le trou auditif externe. Le crâne se trouve ainsi divisé en deux parties, l’une antérieure, l’autre posté-

dans l’enfance par la mère, le nez étant naturellement aquilin.» Et il ajoute : « Les pommettes sont hautes, la bouche grande, les dents fortes et bien plantées, et chez plusieurs le menton

Kolbe (ouvrage cité) avait fait la remarque que dans les environs du cap de Bonne-Espérance, cette pratique était poussée si loin que souvent les os propres du nez étaient luxés ou brisés. En effet, j’ai trouvé au cabinet d’anatomie comparée de Paris, des crânes de Boschiman et de Namaquois qui en fournissent des exemples.

Telle est surtout la tête d’une femme Namaquoise, dont les os propres du nez sont non-seulement déformés, mais enfoncés au-dessous des apophyses montantes des os maxillaires supé-

(1) Voyage dans austrat, .radui.de l'anglais, , U, p. 4M,

. vans, 1778 ; et autour du monde, de 1772-1775, écrit par Jacques

Cook, capitaine de ia Résolution.

(2) Pçlynesian researches, chap. x, p. 261

rieurs, et ces apophyses elles-mêmes sont aplaties (1). - Tel est aussi le cas de la femme Boschiman, connue à Paris sous le nom de Vénus hottentote. Chez elle, l’aplatissement des os du nez s’accompagne du brisement des bords des apophyses montantes, l’os maxillaire supérieur est très saillant, et les dents incisives supérieures et inférieures se rencontrent sous un angle très aigu. Le menton se trouve donc en retrait et l’apophyse coronoïde de l’os maxillaire inférieur est abaissée au-dessous de l'arcade zygomatique.

Quoique une mutilation aussi bornée ne puisse avoir d’influence sur la voûte du crâne, elle n'en détermine pas moins.

lorsqu elle est portée à l'extrême, de grands changements sur la position respective des os de la face, sur l'éloignement des orbites et l’écartement des pommettes, sur la direction prognathe de l’os maxillaire supérieur, etc., etc., sans agir aussi directement sur la mâchoire inférieure qui, par ce fait se trouve plutôt en retrait.

8° Tête mongole.

Si l’aplatissement du nez seul nous offre peu d’intérêt, il u en est pas de même de la déformation, qui reproduit le type delà race jaune ou mongole. Ici on ne se borne pasàdéprimer les os propres du nez, mais on y joint la dépression oblique, et de haut en bas, des pariétaux et de la portion supérieure de l’os frontal. Il en résulte une déviation en avant du maxillaire supérieur, l’écartement forcé des orbites et des os temporaux, et un élargissement de l’arcade zygomatique, en même temps que se développe davantage la partie inférieure et postérieure du crâne ; enfin, le mouvement imprimé à la

as du front ni changer la direction de la mâchoire inférieure, jf® ïeilï sont donc recouverts et comme enfoncésdans les ordes, et les paupières prennent une direction oblique.

tt) Us Nan

Telle est du moins la théorie probable de cette déformation qui nous est signalée chez les Huns, originaires des environs du Caucase, et faisant partie de l’armée d’Attila.

Plusieurs des historiens latins de l’époque en font mention, et M. Amédée Thierry la rappelle dans le tableau fidèle etsaisissant qu’il nous offre de cette invasion des barbares (1).« Le portrait qu’on nous fait d’Attila est plutôt celui d’un Mongol que d’un Finnois ouralien. Nous savons, en outre, qu’une partie des Huns employaient des moyens artificiels pour donner aux enfants la physionomie mongole , en leur aplatissant le nez avec des bandes de linge fortement serrées et en leur pétrissant la tête de manière à développer les pommettes, v

Dans un second article sur Les fils et les successeurs d'Attila , publié en juillet 1854, dans la Revue aes Deux-Mondes, lesavant historien compare les Huns du v e siècle avec ceux du siècle précédent, et les retrouve identiques, soit au physique, soit au moral. Il insiste à ce sujet sur la double déformation crâniennequilescaractérisaii.etétaie son opinion dupassage suivant deSidoine Apollinaire, poète gaulois contemporain (2) :

M. Thierry ajoute : « Je suis heureux d leste précis qui réponde aux besoins des et non moins heureux que celles-ci viennent appuyer d'une démonstration sans réplique les probabilités de l’histoire. »

Cette citation remarquable nous fixe, en effet, sur deux points importants.

Le premier, c’est que la double déformation pratiquée chez lœ Huns blancs d’Attila et de ses successeurs est bien celle que nous désignons sous le titre de mongole , puisque la position profondedes yeux dans les orbites, et l'étroitesse des paupières, répond à l'aplatissement oblique des côtés supérieurs du crâne' à la saillie du bas du front, et à l’élargissement des poml mettes, tandis que les yeux sont au contraire saillants et ouverts, lorsqu’il s’y joint une dépression frontale, comme dans les déformations cunéiforme couchée , ou symétrique allongée.

Consurgit in arctum massa rotunda capul me paraît donc devoir être interprété avec plus d’exactitude par les mots

* <"•«'«. que par ceux de : la tète arrondie s'allonge en

En second lieu, il ressort de ce document que ies enfants

De cette manière, les guerriers des Huns blancs étaient assimilés aux Mongols ; et comme au rapport d’Ammien Marcellin, leur tête était démesurément grosse, ils avaient une apparence laide et monstrueuse, d'autau t plus qu'ils sillonnaient profondément avec le fer les joues de leurs enfants nouveau-nés, afin que les poils de la barbe fussent étouffés sous les cicatrices, œ qui les rendait imberbes jusque dans la vieillesse. La saillie du bas du front et l’aplatissement de l’arête sincipitale les forçaient aussi à porter des casques brusquement rejetés en errière et plats en dessus (galeris incurvis capita tegunt). k* Kirghis, qui, d’après M. Prichard (t), font partie (*) flétoire naturelle de fhomme. Paris, 1843,1.1, p. 284 « suiv.

saillant à sa partie inférieure, est fuyant vers sa partie supérieure, et se porte en arrière plus brusquement que chez les Européens ; leurs joues, larges et bouffies, semblent des morceaux de chair crue qu’on leur aurait colles sur les côtés du visage ; leur menton est recouvert d’une barbe qui, chez les individus dont la chevelure est la plus fournie, frise naturellement. Leur corps n’est pas musculeux. Leur teint est brun, moins par l’ardeur du soleil que parce qu’ils sont exposés à toutes les intempéries. »

Le même auteur ajoute: «Comme chez les Hazaras, les femmes sont beaucoup mieux que les hommes; leur physionomie est assez agréable et leur forme ne manque pas d’élégance. » Ce qui ferait présumer que si les déformations crâniennes sont usitées chez ce peuple, le sexe féminin n’y est pas toujours soumis, ou que du moins elles ne sont pas portées si loin que chez les hommes.

D’autre part, les missionnaires MM. Zwick et Schill assurent que la physionomie des Kirghis a une très grande ressemblance avec celle des Mongols, et, en effet, Blumenbach, dans ses Décades, donne le dessin d’un de leurs crânes, qui offre un exemple frappant de la forme mongole.

11 est vraisemblable que les habitants du royaume de Kacha, (i) Blumenbach, dans sa seconde Décade, nous donne la description et

dans la petite Bouckarie, dont parlait Hiouen-Tsang (ouvrage cité), pratiquaient la même déformation « à l'aide de planchettes V.

Enfin, les Caraïbes de l'Orénoque, dont la tête est normalement arrondie, mais aplatie en dessus, avaient adopté, longtemps avant l’arrivée des Européens, une déformation de tête semblable ; aussi leur trouvait-on une physionomie mongole.

Gomara, quoique peu explicite, semble arriver aux mêmes conclusions pour les Caraïbes de Cumana (ouvrage cité, ch. LXXIX). « Ils compriment, dit-il, les têtes de leurs enfants insensiblement et pendant longtemps entre deux petits coussins de coton, afin d'élargir la face, ce qu’ils regardent comme une beauté. »

11 est assez remarquable que des antiquités découvertes dans l’État de la Nouvelle-Grenade semblent également reproduire le type mongol. M. Jomard, membre de l’Institut, possède en particulier les dessins de statuettes d’or massif, trouvées dans les catacombes près de Bogota, dont la tête ronde, le front court et relevé, le sinciput en apparence horizontal, la direction du nez et des yeux, la saillie des lèvres, ainsi que l’écartement des pommettes, nous en fournissent une esquisse grossière.

Quanta la forme arrondie de la tête, qui est signalée chez les Huns anciens, tout aussi bien que chez les Calmouks modernes , elle dépend sans doute en grande partie, comme en Amérique, de la nature du berceau qui, chez ces peuples nomades du centre de l’Asie, consiste en une caisse de bois allongée (I) dans laquelle l’enfant est solidement fixé sur le fins, de jour et de nuit, jusqu’à ce qu’il puisse marcher. La bande circulaire qui devait servir à fixer les compresses nasales, chez les Huns, a pu aussi y contribuer.

(') babas, Samlungen hùtorischer Nachrichlm titre die Mongolischm Wimcharim, t . p 166 2 vol in . 4 Saint-Pétersbourg, 1776.

J’ai employé cette expression, adoptée par M. Prichard, pour indiquer le résultat le plus apparent et le plus probable de la dépression simultanée du nez et de l’os frontal, qui, sans faire saillir autant les pommettes en dehors que dans l'espèce précédente, doit les relever, en même temps qu’elle fait obliquer les ailes du sphénoïde, qu’elle pousse eu avant les mâchoires, et favorise le développement de la partie postérieure du crâne.

Le seul exemple authentique que je puisse en donner se retrouve dans Rochefort (ouvrage cité, p. 437) qui, parlant de certaines tribus de Caraïbes, dit « que leur front et leur nez sont aplatis, mais par artifice et non naturellement ; car leurs mères les leur pressent à la naissance et continuellement pendant le temps qu’elles allaitent. »

Il est vraisemblable néanmoins que lorsque l'attention des voyageurs sera portée sur les déformations artificielles, on retrouvera la déformation prognathe pratiquée sur d’autres points du globe, en particulier eu Afrique et dans la Polynésie.

qu’elle était populaire chez divers

offrir plusieurs variétés suivant que la pression était exercée sur toute la longueur du crâne, soit de bas en haut, soit obliquement de haut en bas, ou sur une partie seulement de la longueur, vers sa région antérieure ou postérieure.

Dans le premier cas, le crâne, en se rétrécissant en bas et de côté sur toute la longueur ou du moins vers le centre, devait s’allonger et se développer vers le sommet, surtout en avant et en arrière. Ainsi le front et la région postérieure des pariétaux ou supérieure de l’occipital devaient faire saillie. La face, en se rétrécissant, devait également se porter en bas

en suivant la perpendiculaire. Dans le second, au contraire, le voûte crânienne devait présenter une crête longitudinale sur le vertex, accompagnée de chaque cûté d'un plan incliné. Lorsque la pression agissait partiellement sur la région temporale, le front était encore relevé, mais plus rétréci, et le derrière de la tête se développait plus largement. Tandis que lorsque la pression de côté n’était que pariétale, le devant et la base du crâne prenaient surtout du développement.

L’expérience vient en partie confirmer ces prévisions.

Hippocrate (1), parlant des Macrocêphales, dit: « Aucune autre nation n’a la tête conformée comme eux. Dans l'origine, l’usage seul était la cause de l’allongement de la tête, mais aujourd'hui la nature vient en aide à l’usage. Dès que l’enfant vient de naître, et pendant que, dans ce corps si tendre, la tête conserve encore sa mollesse, on la façonne avec les mains, et on la forceà s’allonger à l’aide de bandages et de machines

Strahon (2), s’occupant du même sujet, fait la remarque suivante : « On prétend que quelques-uns cherchent à paraître avoir la tête la plus allongée possible et le front proéminent, de manière à le faire saillir au delà des joues. »

D’après Klaprolh. les Abases, qui habitent la région nordouest du Caucase, continuent d’avoir pour caractère distinctif une tête comprimée sur les côtés, un visage étroit, très court dans sa partie inférieure, et un nez proéminent Le docteur Furnari (ouvrage cité), ayant établi que le caractère de l’Arabe moderne est d’avoir la voûte du crâne fort élevée, et après avoir fait remarquer que plusieurs d’enlre eux présentent un aplatissement latéral, manifeste surtout

émise par quelques auteurs, et en particulier par Larrey, que

en parlant de la déformation latérale artificielle; mais jusqu’à quel point son idée était-elle juste en l’appliquant aux Génois en général ? C’est ce qu’il est difficile d’établir en la plaçant en regard de la forme ridicule de tête et d’esprit qu’il leur attribue. L'élite de cette petite république, noblesse et bourgeoisie, était éminemment intelligente et spirituelle ; la masse du bas peuple, composée d'un ramassis de matelots et d’aventuriers, était seule abrutie et sauvage. Il me paraît donc probable que Scaliger n’avait en vue que cette partie de la population en contact immédiat avec les tribus païennes berbères dn nord de l'Afrique, qui, quoique n’ayant aucun rapport national avec les Arabes mahométans, étaient néanmoins comprises au moyen âge sous le nom de Maures, et avaient fait partie des expéditions sarrasines qui envahirent et occupèrent les côtes de Gènes et de la Provence. Or ces tribus n’aplatissaient pas les côtés de la tête comme les Maures mahométans, ainsi que le fait observer le docteur Furnari.

Nous avons vu que les Belges affectionnaient la tête allongée. Voici ce qu’en dit Oporin (1) : a Belgis Mongiora cœteris propemodum referentw permanentve capita, quod maires suas puerulos /asciis irmolutos in latere et potissimum temporibus

Andry (ouvrage cité) fait la remarque que la plupart des Flamands et même des Parisiens de son temps avaient la tête longue, à cause de la coutume observée parmi eux de laisser dormir les enfants sur les tempes, ou de les brider avec certains bonnets nommés béguins qui leur pressent les deux

Laurenberg (2) est plus explicite en parlant de cette coutume à Hambourg : « Hamburgenses feminœ caput fasciis itwolvendo et comprimendo Mongol calmriœ formam quam maximam olim studuisse dicuntur. » (On dit que les femmes de Hambourg

W Sœmmerriog (ouvrage cité).

s’efforçaient anciennement de donner au crâne la forme la pins allongée possible, en comprimant la tête et en l’enveloppaut dans des bandes.)

Aucun des auteurs ne stipule si cette pratique, évidemment nationale dans certains pays, s’appliquait aux deux sexes ou à un seul ; mais il est à présumer que les garçons seuls y étaient soumis chez les Macrocéphales et chez les Arabes, car la noblesse ou la distinction des familles n’était transmise chez eux que par le sexe masculin.

Parmi les déformations partielles des côtés de la tête, une des plus remarquables est celle que M. Mulil mpford a découverte dans un tombeau de l'antique Mitla, la métropole religieuse des Zapotèques au Mexique (I). C’est un crâne fort petit et assez épais, dont la partie antérieure est symétriquement comprimée de bas en haut sur les côtés, tandis que les bosses pariétales sont brusquement proéminentes. Le front est élevé et les bosses des sinus frontaux manquent. La face courte est comparativement large; les pommettes sont larges

nullement aux Macrocéphales d'Hippocrate et de Strabon : c’est une tête tartare dont on ignore la patrie.

J'ajouterai de plus que, sans prétendre appliquer à toutes las variétés de ce genre de déformation le critère de la perpendiculaire abaissée du sommet de la suture transverse du coronal, j’ai eu l’occasion d’en vérifier l’opportunité sur deux urines authentiques. L’un, déposé sous le n” 90 au musée anatomique de l’École de médecine de Paris, est celui d'une femme dite Kabyle, dont le diamètre pariétal est fort court, et qui présente les caractères d’une dépression exercée surlescôtés dans toute la longueur ; la perpendiculaire tombe en arrière du conduit auditif. L’autre appartient au musée anthropologique de M. Serres et e6t celui d’un Hottentot. Le front est relevé, et dans le trajet de la suture sagittale on remarque une crête émoussée dont les côtés pariétaux sont aplatis et fuient obliquement en dehors. La suture sagittale elle-même est oblitérée, tandis que les sutures transverse et occipitale persistent Dans cette déformation latérale, partielle, supérieure et moyenne, la perpendiculaire tombe à environ un pouce français (0-,027) en arrière du trou auditif. Dans le crâne zapotèque, la perpendiculaire correspond, au contraire, au-devant de ce même conduit.

11* Tête déprimée sur les côtés et sur le front.

Je n'ai trouvé qu'un seul exemple de ce genre de déformation [page 6 de la Relation des Ues Philippines faite par un religieux qui y a demeuré dix-huit ans (1). Voici comment s’exprime le narrateur en parlant des habitants : « Ils avoient accoustumé, dans quelques-unes de ces isles, de mettre entre deux ais la teste de leurs enfants quand ils venoient au moude, ri la pressoient ainsi, afin qu’elle ne demeure pas ronde, mais qu’elle s’estendit en long; ils lui aplatissoient aussi le front.

60 DÉÏOKMATIOKS ARïmCUBIAKS

croyant que c’estoit un trait de beauté de l’avoir ainsi. » Il avait fait remarquer plus haut (p. 4) que « ces peuples sont bien faits de leurs personnes, ont le visage beau, sont blancs... Autrefois, dans quelques-unes de ces isles, les hommes se marquoient des figures sur tout le corps, d’où vient le nom espagnol Pintados... Les femmes ne portent les marques de cet ornement que sur toute une main et sur quelque partie de l’autre. Pour ce qui est des dents, elles imitent en tout les hommes. Ils se les liment dès leur plus tendre jeunesse : les uns les rendent par là esgales ; les autres les affilent en pointes en leur donnant la figure d’une scie, et les couvrent d’un vernis noir et lustré ou de couleur de feu, et ainsi leurs dents deviennent noires ou rouges comme du vermillon, et, dans le rang d’en haut, ils font une petite ouverture qu'ils remplissent d’or, qui brille davantage sur le fond noir ou rouge de ce vernis. »

On ne peut mettre en doute l’existence de cette déformation qui nous est signalée chez les Turcs, quelques Arabes anciens et certains sauvages.

Blumenbach en donne la description suivante, d’après plusieurs crânes qu’il possédait (I): « Le crâne est presque globuleux; l’occiput ne présente presque aucune saillie, et la protubérance occipitale manque entièrement. Le trou occipital est placé presque à l’extrémité de la base du crâne. Le front est large, l’espace intersourcilier proéminent, les fosses malaires légèrement déprimées, l’ouverture des narines étroite en bas et arrondie en hémicycle, la partie alvéolaire du maxillaire supérieur à peine de la largeur du petit doigt. Les condyles occipitaux sont très grands et très arqués, et la suture corooale, du côté des tempes, est accompagnée d’un grand

(1) Decas 1 collecl. suœ craniorum. Goeuingæ, 1826, p. 14, in-4.

Le père Lafitau (1), de son côté, nous apprend que « tes sauvages qu’on nomme en Canada les Gens de terre (Garha-gouronnou), ont un goût tout différent des Têtes plates, car ils font considérer leur beauté à l’avoir fort ronde ; c’est pour cela qu’on les nomme Tètes de boule. » Or ces sauvages paraissent avoir appartenu à la nation des Athapascas qui occupait toute la lisière du pays comprise entre la baie Hudsou et la mer Pacifique; la tradition les faisait venir d'Asie.

Jusqu’à quel point les mêmes causes artificielles, indépendamment du berceau, ont-elles pu agir sur la rondeur de la tête qui a été observée chez d’autres peuples voisins et considérée jusqu’à ce jour comme leur état normal, c’estceque l’observation ultérieure plus attentive viendra peut-être nous dévoiler.

C’est au docteur Foville (ouvrage cité) que nous devons la description de cette espèce de déformation, qui, comme il l’a dit, se pratique non-seulement à Rouen et dans le département de la Seine-Inférieure, mais dansd’autres parties de laFrance.

Elle consiste en une dépression circulaire qui commence en haut du front, où elle offre sa plus grande largeur, dp là elle se dirige en bas et en arrière, passe au-déssus de la conque de l’oreille, et va gagner cette partie de la nuque où les masses charnues du cou se fixent à l’occiput. C’est dans ce point qu’elle présente le plus d’étroitesse. Ainsi elle porte sur toute la circonférence du crâne dont elle dessine obliquement le contour (pl. II, fig. 6).

Dans tous les cas, avec cette dépression, coïncide la déformation générale de la boîte osseuse, et, comme conséquence inévitable, la déformation partielle de tous les os qui concourent à former ce qu’on appelle la voûte du crâne.

DO CBAHE. (|

Le devant du front n'est pas déprimé comme dans la tête jplatie sur le front, dans la tête cunéiforme , ou dans celle symétrique allongée ; mais il est interrompu dans sa hauteur et est brusquement coudé. Le crâne, aplati dans la région sincipitale, se relève ensuite un peu, et se prolonge en arrière sous la forme d’un segment de cône ou de cylindre à diamètre variable suivant les sujets; une saune anguleuse termine en bas son prolongement supérieur.

Quant à l'altération partielle de chacun des os qui entrent dans la composition de la voûte, elle est facile à déterminer.

sente par une ligne assez régulièrement courbe, depuis le nez jusqu'à l’eztrémité supérieure de l’os frontal. Dans les crânes déformés, au contraire, cette courbure augmente subitement, forme un angle prononcé, au-dessus duquel l’os du front se trouve abaissé et son extrémité supérieure reportée d’autant en arrière. Par suite, les pariétaux qui, par leur articulation avec cette partie du frontal, constituent la voûte du crâne, se trouvent abaissés et reculés sur l’occipital, avec lequel ils s’engrènent en arrière comme avec le frontal en avant. Ils repoussent donc en arrière et en bas l’occipital. Celui-ci, pressé dans l’intervalle des pariétaux et de son articulation avec la colonne vertébrale, cède dans le sens de la courbure, qui se trouve exagérée et oflre ainsi à l’extrémité postérieure du crâne une flexion anguleuse proportionnelle à celle qu’a subie le frontal en avant. C’est cette courbure forcée de l’oecipital qui se prononce à la partie postérieure des erânes déformés sous la forme d'une saillie anguleuse. Ce bord inférieur de cet angle va jusqu'à présenter une surface concave dans quelques cas de déformation extrême. 11 U est pas rare qu’entre le frontal et l’occipital, les pariétaux

qui se dessine par une saillie anguleusean sommetde la tête.»

“Chez quelques têtes, cette saillie se dessine également à la

flexion du frontal, à celle des pariétaux et à celle de l’occipital. En même temps, les intervalles de ces angles sont mesurés par des lignes droites. Il en résulte, dans le profil général du crâne, un aspect anguleux et rectiligne, que les formes normales n’ont pas coutume de présenter. »

« Dans les cas extrêmes, l’allongement du crâne estexcessif un étranglement circulaire semble le partager en deux cavités distinctes placées l’une devant, l’autre derrière, et abouchées sur la ligne oblique de l’étranglement. »

« Toutes présentent cet allongement postérieur dont on a parlé précédemment. Dans toutes, la face étant placée suivant un plan vertical, une ligne verticale abaissée sur le conduit auditif laisse un volume du crâne beaucoup plus considérable en arrière qu’en avant. Dans toute sa longueur, la ligne conduite du trou auditif externe à la protubérance de l’occipital est de beaucoup augmentée. Cette augmentation est telle chez plusieurs, que la distance du trou auditif à la protubérance occipitale est devenue plus considérable que celle du trou auditif aux bosses frontales, et dans une conformation régulière, c’est toujours l’inverse qui a lieu. »

Le docteur Foville démontre que cette déformation est due à l’habitude populaire de fixer une espèce de bandeau, large en devant comme en arrière, sur la tête de l'enfant nouveauné, bandeau qui, partant de la fontanelle antérieure, descend obliquement et vient se croiser fortement derrière l’occiput, puis se rattache sur le devant de la tête. Ce bandeau ou serre-tête continue d’être porté par l’enfant dans la première annee, et son application se prolonge pendant plusieurs années chez les filles, tandis que les garçons en sont plus promptement affranchis, aussi la déformation reste-t-elle beaucoup plus apparente chez les femmes que chez les hommes.

De son côté, le docteur Lunier avait observé le même genre de déformation dans le département des Deux-Sèvres (mémoire cité). Vingt-trois cas, dont dix très caractérisés, s’étaient

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