OEDÈME
Sœur Sainte-C , des environs de Limoges, d'un tempérament lymphatique, d'une constitution délicate, âgée de oo ans, avait déjà passé dix ans dans les cloîtres. Elle fut choisie pour donner ses soins à une autre sœur'depuis très
long-temps malade. Le défaut d'exercice , de bonne nourriture , l'effet des jeûnes ou la privation du sommeil déterminèrent chez elle une faiblesse extrême qui se fit sentir dans toute l'organisation. La jambe et la cuisse droite furent œdématisées. Quelques toniques, un bandage roulé sur le membre étaient les seuls remèdes employés depuis trois mois par la malade , lorsqu'elle nous fut présentée. Peu de temps après son arrivée à notre établissement, nous apprîmes que sœur Sainte-C... éprouvait fréquemment des coliques, qui diminuaient et disparaissaient même entièrement lorsqu'elle se mettait sur son lit. La cause de ces coliques devait être attribuée à une hernie inguinale; un bandage appliqué d'après nos avis les fit disparaître. Nous conseillâmes un exercice modéré, du vin pur et une nourriture succulente , des bains de ?»2 degrés et une douche de dix minutes à la suite de chaque b a i »-?~c n fi n -^ ><roT^-l>ote«^t»-dctwt-e« trois verres d'eau de la fontaine du petit cornet. L'appétit se déclara dès les premiers jours, et sur la fin du traitement, qui dura trois semaines, l'œdématic disparut entièrement. Nous conseillâmes néanmoins de maintenir le membre entouré d'une longue bande modérément serrée pendant plusieurs jours , surtout durant la route.
Tout en avouant que le changement de climat , de régime , de nourriture et d'habitudes a été un grand auxiliaire dans cette cure , nous n'hésitons pas a croire que les eaux d'Evaux ont produit un effet tonique, puissant et salutaire.
Dix-neuvième obsciration.
ANKYLOSE IXCOMPLBTE.
Chaque année nous sommes appelé à traiter un certain nombre de personnes affectées d'entorses ou d'ankyloses in-
complètes. Presque toujours les malades nous arrivent après avoir employé chez eux toute espèce de remèdes , les uns conseillés par les médecins de la localité, d'autres traités par des empiriques. Cette année 18,^7 nous avons donné nos soins à quatre personnes affectées d'ankylose incomplète fixée au genou. Chez trois de ces malades, habitons de la campagne , l'ankylose avait été produite par une affection rhumatismale, tous trois ont retrouvé par l'effet des bains et des douches l'ancienne mobilité de l'articulation ; il n'en a pas été de même du quatrième, et c'est de lui que nous allons nous occuper.
M. L. Du T... d'un tempérament sanguin et nerveux et d'une constitution robuste , était en garnison dans une ville du nord. Le s6 octobre 1800 il éprouva une forte douleur au genou. Bientôt, sans cause connue, une violente inflammation envahit Partïcôlatïon fémoro-tibinle. Peu de jours après, deux officiers du même régiment furent affectés de la même maladie , on eut recours à de nombreuses applications de sangsues , chaque application était de quinze à vingt. L'un d'eux en fit placer à deux reprises différentes quatre-vingts , c'est le seul des trois qui fut guéri. Quant à M. L. D. T. , une fois l'inflammation résolue , on eut à redouter une ankylose complète. Aussitôt que la saison le permit le malade fut dirigé sur Bourbonne-les-Bains. A la fin de la saison, l'articulation put opérer de légers mouvemens. L'année suivante, il alla h Néris et n'éprouva aucun soulagement. En 1806, il retourna à Bourbonne sans en obtenir un résultat satisfaisant; enfin cette année il a voulu user de nos
eaux.
Pendant quinze jours seulement qu'a duré le traitement , h l'aide de bains, de douches et des mouvemens que nous forcions l'articulation d'opérer, le malade a éprouvé uu
mieux sensible; l'articulation est devenue plus souple, et si nous n'eussions pas été arrêté dans ces moyens par une chute que fit le malade, nous aurions eu lieu de compter sur une guérison radicale, espérance que nous réaliserons probablement la saison prochaine.
Vingtième obsci-vation.