‹ Essai sur les eaux minérales d'Evaux, leurs propriétés physiques, chimiques, thérapeutiques, et sur leur mode d'administrationChapitre 16 sur 17 · ENTORSE · texte numérisé non relu

ENTORSE

Madame D. B., des environs de Pontarion , par suite de chute, eut une entorse nu pied. Depuis huit mois environ, elle avait eu recours h nombre de remèdes et médicamens , et avait suivi un traitement rationnel sans éprouver de soulagement; elle ne pouvait Caire un pas, a la descente surtout, sans souffrir très vivement. Les premiers bains produisirent de l'amélioratio n 5 j e & > placep-Ww»4t?»-<U»ux joupsunc ventouse scarifiée sur le pied , et après quelques jours, madame J). B. put supporter les douches du plus gros diamètre. J'ordonnai un repos absolu , et, à la fin du traitement, deux douches par jour. Le seizième jour, la malade, qui avait obtenu une guérison complète , put retourner chez elle.

V in gt- unième observation.

NÉVRALGIB.

Mademoiselle D. B., de Saint-Léonard (Haute-Vienne), âgée de dix ans , d'un tempérament lymphatique et d'une constitution délicate, d'après l'avis des médecins de Limoges, devait prendre les bains d'Evaux pour combattre deux abcès scrofuleux, l'un situé h la clavicule, et l'autre h la partie supérieure externe du fémur. Quinze jours après la consultation de ces médecins, cette enfant fut conduite à nos

sources; mois il était survenu , pendant cet intervalle, un mal de dénis qui , chaque fois qu'il apparaissait , lui arrachait des cris aigus. Madame D. B. , sa mère , nous exprima le désir que la dent qui paraissait être le siège du mal (une des incisives) fût extraite , supposant que cette extraction ferait disparaître la douleur qui diminuait en effet quand on comprimait la gencive.

Reconnaissant tous les caractères d'une prosopalgie , nous nous opposâmes à toute espèce d'opération. La douleur «Hait périodique, et paraissait à cinq heures du soir par accès de quinze à vingt minutes qui se répétaient par intervalles jusqu'à minuit. La jeune malade ayant passé deux nuils en voilure, j'espérais que le repos et quelques bains diminueraient les accès; mais ils furent seulement déplacés , el la période, qui reparut deux heures plus tard, fut un peu moins longue ; les souffrances furent toujours aussi vives.

Le cinquième jour nous changeâmes l'heure des repas ; a six heures vingt minutes nous fîmes placer l'enfant pendant un quart d'heure sous la douche en arrosoir dirigée sur la face; rapportée dans son lit bien chauffé , notre jeune malade était, quelques minutes plus tard, paisiblement endormie. Le sommeil fui Irès-calme pendant les trois premières heures, et agité pendant la quatrième. A minuit elle se réveilla en criant et accusa les mêmes douleurs sur la même partie ; l'accès fut de courte durée : le lendemain nous eûmes recours aux moyens déjà employés, et d'après le rapport de la mère il y eut peu d'agitation la nuit suivante , seulement mademoiselle D. B. se plaignit de douleurs vagues dans toute la région occipitale. Le surlendemain troisième douche en arrosoir qui dissipa complètement toutes les douleurs névralgiques.

Ce ne fut que le dixième jour que nous commençâmes un

traitement pour combattre le vice strumeux qui peut-être était la cause de cette prosopalgie. Après un traitement méthodique et régulièrement suivi , tous les accidens cédèrent à l'effet des eaux, secondées par l'emploi de l'iode, soit à l'intérieur, soit en dissolution dans les bains; quant au régime , il fut le même que celui indiqué aux observations 9 e et io r .

La jeune malade quitta nos sources après vingt -six jours de traitement , pleine de santé et de cette gaîtô vive , naturelle a son âge.

Dernière observation.

TVÉY'RALGIE.

Quoique la présente observation puisse paraître hors de propos dans__une jlissertat ion s u jl. l'efficacité des eaux minérales , nous ne pouvons cependant résister au désir de la consigner comme un cas extrêmement rare, et le seul que nous ayons rencontré dans la pratique.

J'ai été hors de la saison des bains appelé h donner mes soins à une jeune dame de vingt-deux ans, qui avait ressenti une douleur vive et spontanée h l'oreille. Après avoir employé infructueusement les sangsues et divers topiques opiacés, je fis appeler deux de mes confrères, et nous eûmes recours à de nouveaux moyens qui demeurèrent également sans résultats. Depuis cinquante-deux heures une continuité d'accès arrachait des cris aigus à la malade. Ne trouvant aucun moyen de soulagement, il me vint à l'esprit d'examiner l'état des dents qui toutes me paraissaient saines , h l'exception de la deuxième molaire dont je fis à onze heures du soir l'extraction. Bientôt la malade s'endormit et ne se réveilla qu'après dix-sept heures de sommeil , et n'ayant plus que le souvenir

des souffrances <le la veille. Cette malade a passé deux ans sans ressentir aucune douleur névralgique , mais depuis quelque temps la face est très sensible au plus léger froid; madame L. T. P., pour éviter ce sentiment douloureux, n'emploie pas d'autres précautions que de couvrir chaudement et avec soin la partie souffrante.

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