‹ Essai sur les eaux minérales d'Evaux, leurs propriétés physiques, chimiques, thérapeutiques, et sur leur mode d'administrationChapitre 17 sur 17 · CONSTITUTION ATMOSPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION ATMOSPHÉRIQUE

Avant , pendant et après la saiso?i des eaux d'Evaux. Année i&'S~.

L'hiver de 1 856 à 1807, bien qu'assez rigoureux, a néanmoins été plutôt remarquable par sa prolongation que par l'intensité des froids qu'il nous a amenés. Des neiges eu couches plus ou moins épaisses ont constamment recouvert la terre. L'époque vers laquelle elles abandonnent nos contrées montagneuses ac les a point vues disparaître celle année comme à l'ordinaire. Des froids très vifs ont en effet reparu vers la fin d'avril et se sont maintenus pendant toute la durée de mai. Cet abaissement de température, abaissement assez rare dans nos pays dans cette saison , et assez prononcé puisqu'il a souvent dépassé le zéro du thermomètre, a surtout paru déterminé par des vents Nord-Est et Nord-Ouest qui ont régné le plus fréquemment. A cette même époque s'est montré parmi nos populations l'épidémie de grippe qui a parcouru l'Europe en général; assez simple à son début et surtout dans les premiers temps de son apparition , cette affection a quelquefois revêtu des formes plus graves et plus persistantes. C'est ainsi qu'on l'a vue plus tard présenter toutes les apparences de la fièvre typhoïde avec des symptômes différons, suivant que le mal portait plus spécialement sur l'appareil cérébro-spinal ou sur les organes digestifs; les chaleurs survenues dans le mois de juin ont

■i« ■■■■MwrMTTmnr-^nwnm— — * " ' " ■"»■"■■"

bientôt atténué et lait disparaître complètement tous les accidens de celte constitution médicale; alors s'est établie une température uniforme et douce qui s'est soutenue jusqu'au milieu de juillet. Des pluies amenées par le vent d'ouest ont interrompu quelque temps cette série de belles journées. Ls mois d'août a été généralement chaud et beau , traversé seulement de quelques ondées orageuses , qui n'ont jamais refroidi la température d'une manière bien sensible: le thermomètre n'est guère descendu au dessous de i3 + o, même durant les nuits. Cette température constante et douce est sans contredit une des conditions les plus favorables, un des auxiliaires les plus puissans du raitement fait aux eaux thermales. * cet égard pourtant, il est une observation que je ne dois pas passer sous silence : c'est qu'un temps humide et froid n'est pas aussi contraire qu'on l'a dit souvent et que bien des malades le pensent; la peau vivement excitée par l'action des eaux prises en boisson et surtout en bain se défend bien mieux contre les impressions du dehors qui tendraient a la refroidir. Une stimulation générale vive et puissante , un effort énergique d'expansion , déterminés par le traitement suivi, s'opposent alors d'une manière plus efficace à des refoulemens toujours nuisibles quand ils s'opèrent, mais qui , je le répèle , sont alors bien moins h craindre , d'autant plus que, vinssent-ils h se prononcer , il serait toujours facile , au moyen de quelques bains pris à une chaleur plus élevée, de rétablir l'équilibre un moment interrompu. A plus forte raison dois-je combattre ici cette opinion qu'un traitement aux eaux est absolument inutile par une saison pluvieuse; rien de plus erroné qu'une pareille assertion. Cette condition atmosphérique est fâcheuse sans contredit, en ce sens qu'elle retarde et comprime l'effet des eaux , mais toujours est-il qu'elle ne l'empêche pas de se produire.

Page 1