‹ Essai sur les écoles du dimancheChapitre 1 sur 19 · ESSAI · texte numérisé non relu

ESSAI

> ■ " Laissez Tenir à moi les pettU «ufavdi»

tlUJésitt^Cbritt. J^vc XVUI, U. ...

Qaieottqoe reçoit ua tel enfiBtà c«u^ ' de flM>ii a«n» ii ne leçoU. »

Dans tous les temps ^ riustructiou religieuse de la jeunesse a été Tobjet d'une Yive soBicitnde au sein de TEglise chrétieuue. La religion de Jésm-Gbriist, par sa fi>Foe ditkie, de^it créer un monde nouyeaui et, pour y réussir, il fallait qu'elle exerçât son heureuse influence non-seulement sur rhomme arrivé à TÀge mûr, mais en^ core sur l'enfant. L'homme dans sa force, c'est le présent; ThcHnme à Fcmgine de k Tie, c'est l'avenir.

 mesure que l'Evangile se répandit dans le monde, on eut soin d'établir partout des écoles. Des inrtraetioiis rellgiéasès étaient données aux

païens qui manifestaient des dispositions fiiYorables, et, en outre» i^ux enfants de& chrétiens. Les catéchmnènes furent divisés d'abcHrd en deux classes, puis en trois ; renseignement fut soumis à une surveillance etacte. Clémçnt, d'Alexau- ^ drie; Chrysostome, Grégoire de Nazianze, Augustin et Jérôme, montrèrent un grand zèle pour assurer aux enfants de toutes les classes une eut ture reKgieuse suffisante. Les écoles d'Alexandrie furent célèbres entre toutes les autres. Clément y iustruisiit ceux qui désiraient devenir chrétieni(, ét composa, à cette occasion, son Pédagth gue. Origène lui succéda. Son enseignement eut une grande célébrité. Après le quatrième siècle, les couvents furent presque les seuls établissemrats d'instruction religieuse* . Charfemagne s'attacha 4 rév^Uisr aim ses sujets le besoin d'uae instruction solide, et son sèle ne fot pas saas sésultaU Le roi Alfred Grand imita son exemple en Angleterre. Mais ce réveil se perdit Ixîeat^ «a aeka .de la barbam du neuvièn^e et du dixième siècle ^ J«es moines s'abaadon&èc^nt de {dos en plus à une.vie ttoUe et oisive I et Jeurs écoles . tombèrent* L^m autres écoles, comme celles qu'on appelait eathéiruiee^ et qui dataient; de T époque du . grand eo^ereur, eurent le même sort. L'ignorance étant de^eaue g é i ié ra let l'jhdufiatwi religieuse du penpie futi

peu près nulle, et le fomalisme prévalut dans toute 1a cbrétieuté.

A l'époque de la Iléforme, une grande lumière se leva 9iar le rnoode, et Toa dei» premiim aoîiië de ceux gui furent les instruments de ce réveil béni,. Aït de dmaarnne iii0tracti<i& solide à k jeunesse. Lutber y travailla avec un zèle intati* §aUe. Sar sés instances, on établit de» écoles de campagne. d'abord eu Saxe, puis dans, la haute Allemagne. Dans les ^illes^ il y eut des étales inférieures et supérieures* « -On jsl laissé ^ran4ir> «:disait-il, les jeunes générations comme le bois « sauvage dans les foiéta^ Ge n'est que j)rottSr « <»illes stériles, Ijouucs seulement à être jetées

au feu. U. est donc absolument nécessaire " d'avoir des instituteurs publics pour les en- « lants. U convienjt que ks magistrats comasipeut «< leurs soins les plus actifs à la jeune génération. « La prospérité de TËtat ne dépend pas seulement « de 1 abondance des revenus, de la solidité des « renqMurts, de la beauté des édifices. Posséder f des citoyens polis» ii^struits^ bçnorabiest dune « raison éclairée, Yoilà son premier intérêt, son « salut et sa fqrce^ » « Je vous le déclare, disAitHd « encore aux magistrats des villes, un maître <^ d'école 2élé et pieux ne saurait étie ti:op estimé^ « et Ton ne peut le payer avec de l'argent. Et « pourtant, honte à nous ! on méprise le maître

ft /d'éoolc> comme s'il u'^était rien; el iions|tréteii-

« doiis être chrétiens ! Pour moi, si je pouvais et « deTai»^ cesser là prédication, je ne Verrais pas « de plus clière fouctiou que c^Ue de maitre <i école et d'institntéur d'enfants. » (Yoyez ii^. iBendu, de VEdmation populaire dans V Allemagne du Nord, et la Pédagogie, de Banmer. ) /' M. le pasteur Paumier» pour montrer avec

quelle sollicitude les Eglises dé la Béforme pourvoyaient tt rinstruction des enfants, cite ce passage duu ancien catéchisme : « Ce a esté une « chose que TEglise a eue en ^ngulière recom*- « niandation d instruire les petits enfants en la u doctrine chrétienne. Et pour ce faîrè, nonnseu- « lemeut on avoit anciennement les escholes et « eommandoit-4)n à chaemi de bien endôctriner sa « famille, mais aussi lordre puhlic estoit par les « temples d'examiner les petits enfants sur les « points qui doivent estre communs entre tous « chrétiens »

On connaît les divers livres ékmentafares corn* posés dans le sein des Eglises réformées [lour faciliter rinstructkm de la jeunesse. Le catéchisme de Heideiherg, celui de Calvin, le grand et le petit catéchisme de Luther, l'instruction fiunilière de Charles Dreliucourt, le catéchisme de

> Uapixift lin U avril 185&.

Superville, celui d Ostervald, ont eu uue grande popularité diana nos liglised.

Maliieureusemeut, dans les iustructions aux** quelles oes eatéchismes servaient de base, on s'adressa trop à la mémoire et pas assez à rintel- Ugence et an cœur. On semblait croire que des formules théologiques, exactement apprises et ' reproduites, devaient nécessairement former des chrétiens.

II est à remarquer, en outre, que si les jeunes enfants apprenaient le catéchisme, ils n'en recevaient pas rexplication de la bouche du pasteur. Les catéchumènes, c'est-à-dire les jeunes gens qui se préparaient pour la communion, suivaient en général seuls les instructions pastorales, et ainsi les enfants n'avaient, pour nourrir leur anie, que la récitation lourde d'un livre qu'ils ne comprenaient pas. Il y avait donc, dans cet état de choses, une grave lacune; bien des gens l'avaient remarquée avec chagiiu, et avaient proposé des mesures. Malheureusement, elles furent reconnues impraticables. On avait eu Tidée, par exem* pie, de charger exclusivement les pasteurs de rinstruction religieuse des enfants des écoles; niais comment aurait-on pu réunir tous ces enfants? Ou comment le pasteur aurait-il pu se ren^ dre dans toutes les écoles pour remplir cette mission ?

L établissemeut des écoles du dimanche a résolu le problème d'une mftiïière comfdète, et maintenant, avec de la piété et du zèle, on peut toujours donner à TAme des enfants la lumière destinée à Tédairer, 1 aUment qui doit la nourrir, savoir, la Parole de Dieu, qui vit étermllement ^ et qui wms eit anmtmeée par l'Eff^nufilê.

CHÀPITfiS I.

m qm c'est que les ÉcsotBS nu DiMAiicrtii.

n fsat entendre par école du dimanche une instruction bibliçpie donnée le dimanche^ et ayant pMr tut te eonverêkhi des enfants ' ei le déuéhppemeni religieux des membres de VEglise en général.

Les premières écoles du dimanche furent fon^

dées en Angleterre par Robert Kaikes vers la fin de Tannée 17&1. C'étaient de simptes écoles où les enfants apprenaient à lire, peut-être un peu à écrire, et où renseignement religieux ne pré^ tiominait que parce que, ces écoles se tenant le dimanche, il était naturel que Ton sY entretint surtout de sigets eu harmonie avec la destination du jour du repos. Ce ne fat que plus tanl que rélément étranger à la sanctification du di* manche en fut banni, et que T école devint purement religieuse * .

* On a cité des faits, qui semblent prouver que R. Raikes avait été devancé dans la fondation d'écoles du dimanche. Vers Tan 1680, un homme simple et pieux, nommé 4cto Brows>

Des écoles du dimanche ayant pour but Tin*

struction des eu&uts dans les diverses branches prfanaires aussi bien que dans la religion, ont existé longtemps dans d'autres pays. £u Suisse, oix tenait souvent, après le sermon dimanche, une école en faveur des en&nts qui ne pouyaient pas suivre régulièrementles écoles de la semaine. Celle du dimanche les remplaçait pour toutes cho* ses, et i on croyait faire ainsi une bonne œuvre. Cependant, plusieurs pasteurs animés d'une fo^ éclairée et vivante, s'étaient attachés à modifier cet état de choses, et à ramener Fécole du di* manche à être uniquement un exercice d instruction «religieuse et de oilte pour les enfants, et leurs efforts avaient généralement été couroimés de succès.

Sans certains quartiers^ de la franco, on réunit

les enfants, chaque dimanche, pour une école

réunissait quelques enfants pour les instruire dans la o^n naissance do la Bible. Il habitait ù PriesthiU ^ dans les uiontagnas

d'Ecosse.

Doux ans avant la premi' i'i^ t'cole do Raikos, une vieille femme de la Société méthodiste, habitant un des comtés de l'Angleterre , réunissait, tous les dimancli» s. les enfants du voisinage, pour leur raconter les récits de la Bible et les leur expliquer. Ibdf , obunme le remarque M. Cook^ si Raikes a été devancé, il n'a pas été supplanté, et malgré qqélqaes cas isoléa d'écoles du dimanche avant lui, nous pouvons le regarder comme étant le fondateur de ces utiles institutions; car, le premier, il \e9 a organisées et leur a donné une impulsion salutaire, qui les a répandues dans pMcpualoules les parties du monde. (Jf^

ordinaire. Ainsi, le préfet du Haut-Rhin, dans ime cirealaire aux maires et aax institateurg de sou département, recommande Tinstitutiou d'écoles du dimanche qui pourront se tenir, en été, de six à neuf lieures du matin, et, eu hiver, après la célébration de roffice divin. « L'enseignement « qui y sera donné, ajoute la circulaire, u'excé- « dera pas les limites élémentaires, sauf ra})pro- « batiou du couseil départemental. »

Ce ne sont pas là les écoles du dimanche que nous avons à cœur de propager.

L'idée de recueillir des enfants pendant la durée du dimanche, et de les préserver des dangers de l'oisiveté et du vagabondage dominait T école du dimanche à son origine^ mais il s'y joignait nécessairement celle d'une sauvegarde spirituelle à leur donner, c'est-à-dire Tidée d'une instruetiou religieuse. Maintenant, le désir de donner aux enfants des instructions religieuses solides, propres à amener leur conversion, est le mobile principal des chrétiens qui s'occupent de cette cetivre, et ils savent que Télève qui aura goûté renseignement de la Parole sainte sera par là même à Tabri des dangers auxquels son âge et sa mobilité pourraient l'exposer.

L'éducation religieuse domestique offre sans doute des avantages inappréciables sous le rapport de rintiinitë et de la tendresse qui y prési-

défit ; les énseignements de tout genre, et sur* tout oeus qui oui pour objet la piété» out quel-* que chose de bien pénétrant et de bien doux quand ils sont donnée par un père Ténérablo et une pière chérie. Les impressions qui en résultent pour reniant sont généralement ineffiiçar bles et se confondent avec vie elle-même.

Mais il faut couTenir que, dans la plupart des cas, cette instruction est assez imparfaite, qu'elle a besoin d'être édairée et fortifiée par celle que donnent des personnes plus capables, comme des insfrocfteurs, desmaitres et des pasteurs. Ce dernier moyen dlnstruction \ient au secours . de l'autre. A Tégard des écoles de la semaine, elles p'ont pas seulement pour but Tinstruation religieuse, elles sont destinées à donner en outre à Tenfant toutes l^es connaissanoes. dont il aura bo^ soin dans sa carrière terrestre; et, il faut le dire, au milieu des trayaux divers auxquels on se lim daus les écoles ordinaires, la religiou apparaît souvent comme un objet secondaire auquel on ne voudrait pas sacrifier un temps trop considérable. L'école de semaine a donc besoin d*étre complétée par celle du dimanche.

D'ailleurs , les écoles ordinaiires ne peuvent avoir que diiiiçilemei^t le caractère de recueillement que présentent celles du dUnandie» Les premières sont sous une ri^gie de discipline.plus

oa moins sévère, qui s'accorde peu avec un enseignement religieux adressé essentiellement au ccBor. Bisons enfin que Tinstituteur de F école ordinaire n'est pas toujours assez pieux pour qu'on poisse le diarger exdinlTeinent de ïiststructiou religieuse des enfants. C'est un fait bien malhetteux sans doute, mais tt n'est pas rare.

Les catéeldsnies ides pasienrs, e^esMHlire les

instructions religieuses destinées à, préparer à la cMmniiiion^ sont «ssentfellement véserrés aw jeunes, gens des deux sexes qui ont atteint TÀge de treize à quinze ou seize ans. Les enfants audessous de cet Age n^ assistent pas, et leur instruction religieuse est tout à fait négligée partout où il n'y a pas d^école du dimanche.

En revanche, F école du dimanche les prépare admirablement à receyoir rinstruetion des pasteurs dès que le montent sera venu pour eux d*y assister. Le témoignage des eodésiastiqnes qiU ont de bonnes écoles du dimanche dans leurs paroisses appuierait an besoin ee que j'a^anoe.

Le culte public est peu à la portée des jeunes enfants; Ds y reçoivent sans doute des impressions henveusés, mais peu d'instruotion et d'édiflealiîon proprement dites. Ils s*y montrent généralement assez distraits el parlais peu tranquilles. L'école du dimanche est* au contraire, le vrai culte des

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enfants. Ils y reçoivent une ijistructioa appropriée à leur Age, k leur situatiou, à leurs befloiiis; ils s'y trouvent à Taise et heureux ; (lulieud'étiîe pessife et immobiles, IIb y sont eo action : aussi y.prennent-iis un très vif intérêt. Xoutes leurs fiienités intdlectudles et morales y sout captiyées : Tesprit, la mémoire,, le cœur. L'on comprend que lorsqu'ils ont été instruits dans une telle école, le culte du temple, au lieu d*étre pour eux ennuyeux et obscur, devient une instruction Ayante et dont ib peuvent désormaîa sentir tout le prix. L'école du dimanche est la meilleure préparation au culte public.

. Un pasteur de campagne avait l'habitude de réunir de temps en tmps, dans sou presbytère, les enfante du village dans l'après-midi du dimanche, et de leur donna* quelques iustructions bibliques. C'était une véritable école du dimaache, quoiqu'elle ne portât pas ce nom. Les soins donnés par ce pasteur à l'ensable de ses paroissiens ne furent pas sans doute infructueux; mais sa petite école dépassa de beaucoup tout ce qu'il aurait pu en attendre. Ces chers enfants reçurent avec tant d'empressement et d'intérêt les ia^ structions du serviteur de Dieu, qu'ils devinrent dans la culte public les plus attentifs et les plus intelligents de ses auditeurs. Chaque parole qui desceudait de la chaire allait h l?ur tmm et

sait rayonner leur front. Souvent le reste de Faaditoire était froid et impassible ^ tandis qne le banc des en&nis donnant partout des signes

dlatelligence , de vie et de recueillement en Dieu.

CHAPlTfiE IL

IMPOBTAKGE HES ÉGOXiES DU DIMAKCHfi.

Ce qfue nous venons de dire fait déjà pressentir rimportance des écoles du dimanche et rinflnence qui leur est réservée. Poui^ montrer mieux encore ce que Ton peut attendre d'une teUe institution, nous la considérerons dans ses rapports avec les enfants, les pasteurs^ les fonctimnaires de l'Eglise, les laïques et la popxilatim en général.

L'école du dimanche est un des moyens les pins efficaces de développer Tintelligence des enfants. Les écoles ordinaires, si elles sont bien dirigées, leur assurent wis doute à un certain degré cet avantage. Mais T école du dimanche leur estpeut4tre plus utile sous ce rapport, parce qu'elle traite des questions d'un ordre plus relevé et qu'elle s^adressé à tout ce qu*il y a de plus noble dans la nature humaine. Qu est-ce^ en effet,

qu'on peut imaginer de plus grémd etplus intéFôs saut à la fois que les sujets dont nous entretiennsnt les saintes Ecritures? L'origine de rhomme^ sa chute, T économie qui a préparé son rdèvement, ce relèvement lui-même , le caractère de Jésus-Christ, sa perfection, le sacrifice accomph sur Golgotha, la fondation de TEglise, ses progrès, raccomplissement des prophéties, la sanctification de rhomme, ses divers devoirs, la prière, moyen continuel de conununication avec Dieu, la lin de toutes choses, Timmortalité de Tame, la résurrection des corps, les suites éterneUes du . péché, la viet bienheureuse, Dieu tout en tous! Quel programme magnifique I domme il est propre 4 ébranler Vàme dans ses profondeurs I Ët cependiint, avec qudle simplicité il est traité dans li^ BiblCj, et ayec quel charme on peut 1^ faire parcourir aux enfants dans une école du dimanche I Les plus communes intelligences do^r vent se ressentir avantageusement de leçons données si|r de semblables questions et dans le langage si populaire et parfois si enfantin du livrç de Bien. Grégoire le Grand disait, avec raûoOr que » la Bible est sembjlable à un fleuve dont les <t eaux sont si basses, en certains endroits, qu'un « enfant pourrait les passer à gué, t^dis qu'ail- « leurs elles sont si profondes qu*iin élépbant j « nagerait. »

Ott a reconnu que rien n'ouvre davantage l'esprit, et ne lui diuitte pIuB de force fjue Tétode des graudts questions de la philosophie; or, voici une pbUcmphie à 1» portée des plus aimples, une philosophie divine et vivante, qui, comme uu rayon irenn d'^ hmtf. iUiimine TAme des jeunes Cillants.

L^expérienoe confime pleinement cette prén-

sion. De^ enfants qui ont suivi un certain temps des leçons bftliques se distinguent généralement par une inteUigençe, une finesse et une sûreté de Tue bien supérieures à celles qu'on remarque ches ceux qui n'ont pas joui des mêmes secours.

Mais le développemeut intellectuel est peu de ehofe comparatîTement h un antre effet que pro^ duisent fréquemment les éçoles du dimanche, je

veux djre Tamélioration morale et la conversion

des enfants.

Assurément le vent wirfflê oà il veutj et le Saint- I^sprit atteint lipuvent ames qui ne recherchent ni son action ni ses bienfaits; mm nous devons cependant reconnaître que Dieu agit gér néralement sur. les âmes par certains moyens, c'est-à-dire qu'il emploie des instruments terrestres pour les réveiller de leur sommeil. D a Touln que son fils vint la terre en revêtant la nature ]iumaine; n'a point choisi le$ §n§e$^ pour cette emvre^ tMjÀs postérité d'Abro^tm. Il a envoyé

des apôtres et des mifiistres tirés du milieu des hraimes pour convertir ie monde. U a ordonné qu'il y eut des assemblées religieuses régulières, et qu^nne éducation chrétienne fut donnée aux enfants. En uu mot il fait agir sou Esprit au travers de certains moyens extérieurs. Or, parmi ces moj ens, nous estimons que les écoles du dimanche sont particulièrement utiles; qu'dles Tont déjà été et qu'elles le seront encore à ravenii*. La \ie humaine y est saisie presque à son origine, on s*at* tache à en diriger saintement le cours ; avant que les habitudes soient complètement formées et affermies, on les soumet au joug de la religion et de la loi de Dieu. Après l'influence primitive et prolongée de la fomiUe, c'est à Técole du dimanche qu'appartient l'action la plus puissante. L'enfiint y est placé dans une atmoi^hère de sainteté qui ne peut manquer de produire les pluii excellente effets. La natture corrompue résiste, sans doute; mais dans une telle école la lutte s'engage presque sans retard, et se termine souvent de la manière la plus heureuse poui* le salut de l'enfant.

On a demandé si la conversion était possible dans un âge si tendre.

Nous demandons à notre tour siTEsprit de Dieu est lié dans son action, et s'il ne peut trouver le chemin des cœurs que dans un âge déjà avancé? Les impression^ ne soiit-eltos pas très vives chez

Jes enfants, dans Tordre des sentimeuts et des afecUoas teiwstres? Pirarquoi donc km» Anes resteraient-elles fermées à des impressions d'un ordre plus élevé? JNoob savonft e»m dmite que les espérances que donne la jeunesse ne se réalisent pas toujours, et que bien des ieurs qui se montraient ù cet âge sont arrachées par T ennemi, eoBune un tonrbiUon euIèreJes roses aaissantes; mais .nous savons aussi, pturce que Texpérience nous Ta appris, que la semence sainte eontinue fréquemment à se développer de Tenfanee à TAge miir, et que daus Lieu des cas elle se retrouve, alors qu'où la eroyait eutièremeut perdue.

Agissons seulement avec fidélité, semons en regardant en haut, et nous Terrons la gloire de Dieu.

Mais eottuaent oserak-on éoutenu^ que les en« fants ne peuvent être convertis, tandis que TË^ eriture nous cite bien des hommes qui, dès leur en&nce,. ont eu une piété réelle et solide? Le cœur

de Joseph ne se tourna-t-il pus vers Dieu dès les jours de sa. jeunesse, et ne &ut-il pas ehercber dans ce fait une des raisons principales qui lui attirèroit la persécution de ses frères? Le ^uue Samuel ne se dqpna-t-il pas au Seigneur dans le temps ^e son enfance s'écoulait à Tombre du sanctuaire, et cette piété précoce ne fut-elle pas une des eaoses qui amenèrent les révélations di*

reotes dont il fat ftTorisë plus tiard? David ne €oaiiDença*t-il pas à chanter de cœur les louanges de TEtet^nd, lorsque bien jeune eneore fl paissait les troupeaux de son père dans les campagnes de BetUéhem? Josias ne chercha-t-il pas le Dieu de ses pères dès Tâge de^ ans, et quand il eut atteint celui de 16 ne prouva-t-il pas son zèle religieux en ôtantlesidoles dupayset en travaillant àiréformer le culte?La jeune fille Israélite qui servait la femme de Naaman le Syiien, étaH pieuse et fut comme nne lumière dans la maison de ce général étranger.

Jean-Baptiste fut rempli du Saint-Esprit dès le ventre de sa mère. L'évangéliste saint Marc parait avoir été lunené & la foi lorsqu'il était fort jeunci ïimothée, sous les soins d'Eunice sa mère et de Loïs son aïeule, se montra croyant de très bonne heure. Saint Jean, dans sa première épitre, rend un témoignage bien décisif à Tenfance et à la jeunessie chrétienne des Eglises de son temps^ dans ces belles paroles : Jeunes gens, je vous écris parée que wm itee forte etquèvous weM vetêneu le malin. Jeunes enfants, je vous écris parce que vêUe Mé» eomti le Père (1 Jean II, 13, 14).

L'histoire des premiers siècles de TEglise nous fournit de nonAreux exemples de piété déddée dans le jeune âge. Poly carpe, évèque de Smyrne, était très jeune lorsqu'il émbrassale ebristianisme; car, lorsqu il fut appelé au martyre, il dit qu'il

avait servi Jésus-Christ, sou Maître, pendant 86 . $m. «r- Le génie de Cfarysostôme MUa de bonne heure dans T étude des diverses branches de la littérature, mais son principal soin fut de s'instruire à Técole de Jésus-CIirist et de se pénétrer de son Esprit. Dès sa jeunesse il se consacra à lui sans réserve. Bien des enfants figurent au nombre des martj rs. Le père du célèbre Origène se relevait parfoia la nnit pour aller contempler son enfant, chez lequel les dons de Dieu se manifestaient déjà d'nne ntanière étonnante ; ei plein d'un tendre respect pour ce liis chéri, il lui baisait la pmtrine en s^écriant : « G^est iei le temple du Saint-Esprit. »

L'époque de la Béfomuition présente des ftits égal^ent favorables à la thèse que nous défendons, et qui prouvent avec évidence qu'une piété précoce n'est point rare dans, les temps où TEglise est \ivante. Le n** 2 des Traités de la Société des éeokê du dimanche cite un trait que nous ne pouvons nous empêcher de transcrire. « En 1525, à « une épo^e difficile ponrlaSéforme, comme des « théologiens protestants étaient réunis pour dé- « libérer et prier, Hélanditon, qui était sorti nn « moment de la cliambre du conseil, y rentra n bientôt en disant avec joie à Luther : « Laissons là tout découragement ; je viens de voir nos « nobles protecteurs ; ce sont les petite enfants

« dçnosparoissieiisdontj'aieiiteitdalesardeiites

« prières pour notre cause. Dieu les exaucera. « M'a-t41 pas dit que c'est dê la bouche des enfants^ « de ceux îiiéme qui sont à la tmimlle qu*U /ait m sortir sa hmanqe et une forée qui dompte les K fureurs de renuemi ' ?

L'excellent BaxLei' dit (luc ses plus grands succès ataient été obtenus parmi les enfants« et ie& jeunes gens; (p'il avait remarqué que lorsque Dieu avait touché les jeunes, en lenr donnant l'amour de lu v érité, leurs parents et leurs amis deyenaient pieux eux-mêmes, en voyant les effets admir(idblcs produits par 1 Kvangile sur leurs enfants.

De nos jours, H u'est pas rare de voir des enfanta donner lenr cœur à Dieu, et M consacrer les prémices de laur force. Xes écoles du diman*che ont été sous ce rapport des moyens de bénédictions signalées. Ou sait qu'un grand nombre d'hommes pieux des Eglises de l'Angleterre et de l'Amérique ont reconnu que c'était ix l'école du dimanche qu'ils devaient les premiers rajons de lumière qui avttent pénétré dans lenr cœmr et amené leur conversion.

Dans les pays dont nous venons de parler, on connaît si bien les heureux eilets des écoles du

& But des écoles da dimanche. Traduit f\c l'anglais do r^uisa naviclR,p«f H. P.

dimanche, qa*oii regarde eoùime une excellentë recommandation, le fait qu'on en a suivi réguUè-* rement les leçons. PTous citerons à Tappui une petite histoire qui noud a beaucoup touché.

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